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AFFAIRES DE CORRUPTION LIéES AUX USINES DE MONTAGE AUTOMOBILE : Jour de vérité au tribunal de Sidi M’hamed

Tous les regards seront braqués, aujourd’hui, au tribunal de Sidi M’hamed où s’ouvrira le très attendu procès de corruption relatif aux dossiers de l’automobile, dans lesquel sont impliqués les deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que plusieurs ex-ministres, walis et hommes d’affaires.

Ce procès promet d’apporter son lot de surprises, sur la manière avec laquelle était dépensé l’argent de l’état. D’ailleurs, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, avait, lors de l’annonce de l’ouverture de ce procès, affirmé que l’opinion publique « va être surprise » du travail accompli par les magistrats.  Cinq grands dossiers seront traités par cette juridiction, liés aux affaires de corruption, de surfacturation, de transfert illicite, de blanchiment d’argent, de trafic d’influence et de délits d’initié. En tout, les dossiers concernent cinq P-DG de groupes, concessionnaires automobiles en Algérie. Il s’agit de Mahieddine Tahkout (CIMA Motors), Mourad Oulmi (Sovac), Hacène Arbaoui (Kia), Mazouz Ahmed (Groupe Mazouz) et Mohamed Baïri (IVAL).
Pour rappel, la liste des prévenus dans ce premier dossier de corruption, consacré aux avantages présumés indus accordés aux concessionnaires automobiles, comprend, dans le détail : deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, les ex-ministres de l’Industrie : Mahdjoub Bedda, Youcef Yousfi, Abdeslam Bouchouareb (qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international), l’ex-ministre des Travaux publics et des Transports : Abdelghani Zaâlane, les ex-ministre des Transports : Amar Ghoul et Boudjemâa Talaï, l’ex-ministre du Commerce : Amara Benyounès.
Ces derniers ont été placés en détention provisoire. Ils sont poursuivis pour octroi d’indus avantages à autrui lors de passations de marchés en violation des dispositions législatives et règlementaires, abus de fonction, conflit d’intérêts, corruption lors de passation de marchés publics et dilapidation de deniers publics. Par ailleurs, plusieurs autres responsables ont été mis en liberté. Il s’agit du ministre du Tourisme et de l’Artisanat, et ex-wali de Tissemsilt : Abdelkader Benmessaoud, poursuivi pour des faits à caractère pénal.
L’actuel et l’ancien wali d’El-Bayadh, respectivement : Khanfar Mohamed Djamel et Benmansour Abdellah, ainsi que l’actuel et  l’ex-wali de Saïda : Seïf El-Islam Louh et Djeloul Boukarabila, ont été également mis en liberté dans le cadre d’affaires de corruption liées au secteur de l’automobile. Le directeur général de la Banque nationale d’Algérie (BNA), Achour Aboud et un ex-président-directeur général du Crédit populaire d’Algérie (CPA) sont également en détention provisoire dans le cadre de ces affaires qui défrayent la chronique depuis avril dernier et dont l’instruction a été récemment terminée, cette Justice qui a permis la programmation de ce procès qui promet d’être « riche » en révélations au regard du nombre important de responsables poursuivis.
Lamia Boufassa

AFFAIRE DES CONSERVATEURS FONCIERS DE KAMEL EL-BOUCHER
Le procès en appel reporté au 22 décembre
La Cour d’Alger a décidé, hier, le report du procès en appel de l’homme d’affaires Kamel Chikhi dit « El-Boucher », principal accusé dans l’affaire des conservateurs fonciers, au 22 décembre prochain. Dans cette première affaire, dans laquelle sont poursuivis 12 cadres de l’Urbanisme et de la Conservation foncière d’Alger , pour «corruption», «abus de fonction» et «perception d’indus cadeaux», Kamel Chikhi a été condamné à une peine de dix ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de DA. Cinq autres accusés ont été condamnés à une peine de 8 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de DA, alors que quatre autres ont écopé d’une peine de 5 ans de prison ferme , deux accusés à 4 ans de prison ferme et un accusé condamné à 6 ans de prison ferme. Le tribunal a décidé également la saisie des biens immobiliers de sept accusés. Le tribunal de Sidi M’hamed (Alger) avait requis une peine de dix ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende d’un million de DA à l’encontre de Kamel Chikhi, avec l’interdiction, pendant cinq ans, de conclure des marchés publics, outre le versement de dix millions de DA au Trésor public en tant que partie civile. Par ailleurs, le tribunal a requis la saisie des biens immobiliers de certains accusés et des membres de leurs familles et des amendes de 500 000 DA. Le procureur de la République près du même tribunal avait requis une peine de dix années d’emprisonnement assortie d’une amende d’un million de DA à l’encontre du principal accusé, Kamel Chikhi, pour «incitation à l’abus de pouvoir et octroi de pots-de-vin à des fonctionnaires des services de l’urbanisme d’Alger en contrepartie d’indus services». En outre, le ministère public avait requis la saisie de tous les avoirs issus du crime avec des peines allant de deux à dix ans de prison et des amendes allant de 50 000 DA à
100 000 DA à l’encontre des 12 autres détenus poursuivis pour «abus de pouvoir et de fonction et acceptation de pots-de-vin et de cadeaux de l’accusé principal «El-Boucher» en contrepartie de facilitations administratives pour la réalisation de ses projets immobiliers».
Lamia B.