Accueil ACTUALITÉ GHAZA : Des funérailles collectives pour 112 martyrs

GHAZA : Des funérailles collectives pour 112 martyrs

0

Le ministère palestinien de la Santé a annoncé, mardi, une nouvelle hausse du bilan des victimes de l’agression de l’occupant sioniste contre la bande de Ghaza, selon son rapport statistique quotidien recensant les pertes humaines enregistrées au cours des dernières 24 heures.
Dans son communiqué, le ministère a indiqué que les dépouilles de deux martyrs avaient été transférées vers les hôpitaux de l’enclave, tandis que dix nouveaux blessés ont été admis à la suite de la poursuite des bombardements visant les zones résidentielles. Il a également précisé que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres ou gisent dans les rues, les équipes de secours et de la Défense civile étant toujours incapables d’y accéder en raison de l’intensité des frappes et de la destruction des infrastructures. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre, les autorités sanitaires palestiniennes recensent 1 252 martyrs, 4 120 blessés ainsi que 804 corps extraits des décombres, illustrant la poursuite des attaques malgré les engagements annoncés. Le bilan cumulé depuis le début de l’offensive, le 7 octobre 2023, s’élève désormais à 73 377 martyrs et 174 230 blessés, dans un contexte de crise humanitaire sans précédent qui met le système de santé de Ghaza au bord de l’effondrement.

Une preuve de plus d’un génocide
La ville de Ghaza a vécu, hier, une cérémonie funéraire exceptionnelle avec l’inhumation collective de 112 martyrs appartenant à deux familles, dont les dépouilles ont été retrouvées sous les ruines de leurs habitations détruites lors des bombardements de l’occupant sioniste dans le quartier d’Al-Sabra, au sud de la ville. Par son ampleur, cette cérémonie a constitué un témoignage saisissant de l’une des plus importantes tueries ayant frappé des familles palestiniennes durant la guerre d’extermination. Des dizaines de corps, enveloppés dans des linceuls blancs et le drapeau palestinien, ont été alignés dans un vaste espace ouvert, tandis que des centaines de proches sont venus rendre un dernier hommage à des victimes privées de sépulture pendant de longs mois. Les pleurs, les prières et les invocations ont accompagné cette cérémonie marquée par une profonde émotion, les familles retrouvant enfin les dépouilles de leurs proches restées ensevelies sous les gravats depuis la fin de l’année 2023. Ces funérailles ont été organisées après que les équipes de la Défense civile et les secouristes ont réussi à extraire les corps au terme de plusieurs jours d’opérations menées dans des conditions extrêmement difficiles, aggravées par le manque de matériel. Samedi, la Défense civile avait annoncé l’achèvement des recherches dans un îlot résidentiel d’Al-Sabra, après 136 heures de travail ininterrompu, permettant de retrouver les restes des victimes. Selon les données publiées, les martyrs comprennent 40 enfants, 38 femmes et 7 personnes en situation de handicap, soulignant le caractère essentiellement civil des victimes et renforçant les accusations faisant état d’un massacre de grande ampleur ayant visé des familles entières dans leurs habitations. Le massacre remonte au 23 novembre 2023, lorsque l’armée de l’occupant sioniste a bombardé un pâté de maisons abritant les familles Al-Hassayna et Abou Charia, quelques heures seulement avant l’entrée en vigueur de la première trêve humanitaire, ensevelissant sous les décombres des dizaines de civils. Les corps sont restés sous les ruines durant plusieurs mois, les opérations de secours étant rendues impossibles par la poursuite des hostilités et la dangerosité de la zone. Ce n’est qu’après l’accès récent au secteur que les équipes de secours ont pu récupérer les dépouilles afin de leur offrir une sépulture digne.

Plus de 4 000 violations du cessez-le-feu
Le directeur général du Bureau gouvernemental des médias à Ghaza, Ismaïl Al-Thawabta, a affirmé que l’armée de l’occupant sioniste poursuit « délibérément » des violations systématiques et graves de l’accord de cessez-le-feu, en défiant ouvertement le droit international humanitaire ainsi que les résolutions des Nations unies. Dans une déclaration à la presse, il a indiqué que les autorités compétentes avaient documenté, dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, une succession ininterrompue d’attaques terrestres, aériennes et maritimes, ainsi que des bombardements directs contre des quartiers résidentiels et des centres d’hébergement. Selon lui, plus de 4 000 violations ont été officiellement enregistrées depuis le début du cessez-le-feu. Ces attaques auraient entraîné la mort de plus de 1 252 Palestiniens, en majorité des enfants, des femmes et des civils, tandis que plus de
4 120 personnes ont été blessées, accentuant la pression sur un système de santé déjà gravement affaibli. Le responsable palestinien a estimé que ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui s’ajoutent au bilan de la guerre d’extermination menée contre le peuple palestinien dans la bande de Ghaza. Il a appelé la communauté internationale, le Conseil de sécurité et les organisations de défense des droits humains à dépasser le stade des condamnations verbales pour adopter des mesures concrètes et contraignantes afin de mettre fin à l’agression et de traduire les responsables devant les juridictions internationales. En conclusion, Al-Thawabta a imputé à l’occupant sioniste et à l’administration américaine l’entière responsabilité des conséquences de l’effondrement du cessez-le-feu et de la poursuite des violences contre la population palestinienne.

Alerte sur un blocus médical
Le Centre de Ghaza pour les droits de l’Homme a, de son côté, dénoncé la poursuite des restrictions imposées par les autorités de l’occupation sioniste à l’entrée des équipements et fournitures médicales dans la bande de Ghaza, estimant que cette politique aggrave une crise sanitaire aux conséquences dramatiques pour des dizaines de milliers de patients. Dans un communiqué, l’organisation affirme que les malades souffrant de pathologies cardiaques et les patients nécessitant des soins dentaires figurent parmi les principales victimes de ces restrictions, leur prise en charge se détériorant de jour en jour. Le Centre accuse les autorités de l’occupation de mener une politique systématique visant à paralyser le système de santé en classant de nombreux équipements exclusivement médicaux parmi les biens à « double usage », ce qui empêche quasiment leur entrée dans l’enclave. L’organisation considère que le maintien de ces interdictions constitue une violation continue du droit à la santé et du droit à la vie, conduisant progressivement à l’effondrement complet du système sanitaire. Elle souligne que, tandis que l’attention médiatique se concentre sur l’entrée limitée de certains produits de consommation, les équipements médicaux indispensables – notamment ceux destinés aux soins dentaires, aux chirurgies cardiaques, aux cathétérismes, à la pose de stents et à de nombreuses interventions spécialisées – demeurent interdits d’accès.
M. Seghilani

Article précédentLA DIPLOMATIE PALESTINIENNE INTERPELLE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE : « Les Palestiniens ont le droit à la santé »
Article suivantPOUR PROTÉGER L’ÉCONOMIE NATIONALE : La DGD traque les fraudeurs