La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a demandé au gouvernement français de fournir « des clarifications et des excuses », après des critiques virulentes de responsables français qui avaient précédemment réclamé sa démission.
Ces déclarations font suite au revirement de Paris, qui a renoncé à demander le départ de la rapporteuse. Mercredi, Céline Jurgensen, représentante française auprès du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, avait critiqué ce qu’elle qualifiait de « déclarations extrêmement problématiques » de la part d’Albanese, mais n’a pas renouvelé son appel à la démission comme elle l’avait fait auparavant.
Dans des propos tenus jeudi, Albanese a déclaré qu’elle « prenait acte du changement de position de la diplomatie française », ajoutant qu’elle attendait « un mot de clarification et d’excuses ».
Elle a jugé que les attaques, dont elle avait été l’objet, étaient « humiliantes et inacceptables ». Le différend trouve ses origines dans des propos attribués à Albanese, interprétés comme qualifiant Israël « d’ennemi commun de l’humanité». Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait utilisé ces déclarations pour critiquer la rapporteuse, estimant qu’elles constituaient des « provocations répétées » justifiant qu’elle fasse preuve de « dignité et de démissionner ». Il avait également mis en doute son indépendance, la qualifiant d’« activiste politique promouvant un discours de haine ». Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, est également intervenu dans le débat, affirmant qu’Albanese « affaiblit la crédibilité du discours international » en participant à des événements aux côtés de représentants du Hamas et de l’Iran. Albanese a nié avoir qualifié Israël d’« ennemi commun de l’humanité », précisant que l’expression utilisée lors d’une conférence le 7 février faisait référence « au système qui permet le génocide en Palestine », incluant, selon elle, « le capital financier qui le finance, les algorithmes qui le cachent et les armes qui le rendent possible ».
Le 9 février, elle a réitéré cette clarification sur ses comptes de réseaux sociaux, affirmant que ses propos avaient été « sortis de leur contexte et déformés ». La rapporteuse a appelé à ouvrir un débat sur les sources de « fausses informations et d’accusations » et a estimé que ce qu’elle a subi relevait de la « diffamation ».
M. Seghilani










































