AU MENU D’UN CONSEIL DES MINISTRES SPÉCIAL : Les grands chantiers agricoles sur la table
Lors du Conseil des ministres qu’il a présidé dimanche, le président Abdelmadjid Tebboune a demandé au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche et au Secrétaire général du Gouvernement de consacrer un Conseil des ministres au secteur de l’agriculture. Ce Conseil des ministres « spécial agriculture » intervient après les instructions données par le président Tebboune, lors du Conseil des ministres du 20 septembre dernier, concernant la préparation d’une loi d’orientation agricole « plus efficace », prévoyant des mécanismes permettant d’affecter les superficies cultivées aux cultures annuelles en fonction des besoins, dans le but de réduire les importations et de s’orienter davantage vers l’autosuffisance dans le secteur. À la même occasion, le président Tebboune avait ordonné au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche d' »élaborer un bulletin mensuel » et de « charger les walis d’assurer un suivi rigoureux, afin de déterminer les niveaux et volumes de production des différentes variétés de céréales, notamment le blé tendre et le blé dur ». Le président de la République avait souligné, dans ce sens, l’importance de procéder à « la numérisation immédiate du système de paiement des récoltes agricoles au niveau des agences régionales de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) » et de « travailler en étroite collaboration avec l’Office national des statistiques (ONS) ». Il avait instruit, en outre, de « revoir le rôle de l’OAIC et des instituts spécialisés du secteur de l’agriculture pour améliorer leurs performances et les moderniser et lutter contre toutes les formes de dérives dans le secteur de l’agriculture, du développement rural et de la pêche ». Lors de la même réunion, le président de la République avait également ordonné de « lancer un programme national de cartographie et d’étude des sols, en coordination avec les laboratoires, pour déterminer et classifier la nature des terres agricoles dans toutes les zones cultivées et de s’orienter vers l’utilisation des eaux usées dans l’irrigation pour en finir avec la mentalité de la dépendance totale aux précipitations, avec l’impératif de labourer et de préparer la terre en toutes circonstances, sachant que le secteur de l’irrigation vise à récupérer 60% des eaux usées ». Il s’agit, selon les experts, d’une démarche de refondation de la politique agricole en tenant compte des données actuelles marquées par des transformations dans les domaines liés à ce secteur, en rapport notamment avec le changement climatique. Les spécialistes s’attendent à la réintroduction de la planification dans les activités de production agricole pour répondre aux besoins de la population algérienne, éviter les fluctuations qui ont un impact sur les prix à la consommation et réduire les importations. La modernisation sera favorisée par la numérisation et les applications de la recherche scientifique et de l’intelligence artificielle, accompagnées par l’électrification, l’utilisation des nouvelles technologies, des drones, … L’Algérie mise sur l’accélération de la mécanisation agricole pour optimiser les opérations de récolte et réduire les pertes post-récolte, notamment à travers l’introduction de nouvelles technologies et le développement de l’agriculture de précision. La création de coopératives agricoles de mécanisation et la mise en service de capacités de stockage supplémentaires vont dans ce sens. Le but visé : accroître la productivité dans le secteur agricole en optimisant les ressources mises en œuvre, en particulier l’eau. En aval, les industries agro-alimentaires devraient connaître un essor plus grand. Plus globalement, l’enjeu est la sécurité alimentaire du pays. À la base de tout ce processus, il est indispensable de disposer de données précises et fiables, actualisées. La campagne moisson-battage et l’élaboration d’un bulletin mensuel indiquant les quantités produites et récupérées et les rendements par région et par wilaya, permettront de mesurer la capacité à relever ce défi.
M. R.

















































