ASSIMI GOÏTA APPELLE À UN DIALOGUE INTER-MALIEN : Retour à l’Accord d’Alger ?
Le chef de l’État malien, Assimi Goïta, a appelé lundi, dans un discours prononcé à l’occasion du 66e anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, au dialogue et à la réconciliation entre frères maliens.
Cette main tendue du président de la Transition malienne qui a ouvert la voie vers un dialogue inter-malien reste pour le moment au stade d’une déclaration politique aux contours et à la finalité encore inconnus. Assimi Goïta n’a pas précisé s’il s’agit d’un dialogue inclusif qui concernerait l’ensemble des forces politiques du pays, les différentes composantes ethniques et s’il serait une voie vers la reprise de l’accord de paix de 2015, dit accord d’Alger, qui a été dénoncé par Bamako au lendemain du coup d’État qui avait déposé le président Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020, et l’accession de militaires au pouvoir. Dans son discours, le général Assimi Goïta a appelé au dialogue et à la « réconciliation entre frères maliens », tout en annonçant un renforcement de la lutte contre les groupes armés djihadistes. C’est la volonté exprimée par les dirigeants de Bamako qui assure que le dialogue sera assorti d’une lutte sans merci contre les groupes armés qui ont plongé le nord du pays dans un climat d’insécurité. « Mes chers compatriotes, tout en demeurant ouvert au dialogue et à la réconciliation entre frères maliens, notre volonté ferme de défendre l’intégrité de notre territoire et l’unité nationale reste intacte. Dans ce contexte, la lutte contre l’insécurité et les groupes armés terroristes va se renforcer davantage », a-t-il souligné. Dans son discours, il a salué la mémoire du président Modibo Keïta et de ses compagnons, avant d’affirmer que le pouvoir en place est en train de tenir ses promesses puisqu’il est « en pleine phase de rectification de la Transition, marquée par des séances de restitution des actions gouvernementales aux civils devant les forces vives de la nation ». Plus explicite, Goïta a précisé que le pouvoir malien a adopté une ligne sans ambiguïté tout en restant ouvert au dialogue et à la réconciliation entre Maliens. « L’État maintient une volonté ferme de défendre l’intégrité du territoire et l’unité nationale, avec un renforcement annoncé de la lutte contre l’insécurité et les groupes armés terroristes. Cette stratégie repose sur trois piliers : la proactivité des opérations militaires sur le terrain, des réformes institutionnelles et structurelles profondes, et la coopération avec les partenaires stratégiques régionaux et internationaux ».
Dans ce cadre, il a insisté sur les efforts continus déployés pour améliorer les conditions de vie et de travail des militaires, moderniser les équipements et les infrastructures, et renforcer la formation du personnel, présentant les Forces armées maliennes (FAMa) comme une armée désormais professionnelle, moderne et moralement forte. Goïta a également tenu à rendre hommage aux soldats tombés au champ d’honneur, exprimant sa compassion aux victimes du terrorisme et à leurs familles, ainsi que ses vœux de prompt rétablissement aux blessés, assurant que leur sacrifice restera gravé dans la mémoire de la nation. Sur le plan diplomatique, le chef de l’État malien a affirmé que l’outil diplomatique malien continuait de faire respecter, auprès de tous les partenaires internationaux, les principes de souveraineté du pays, les choix souverains du peuple malien et la défense de ses intérêts. Il a réaffirmé l’engagement du Mali dans le renforcement de la Confédération des États du Sahel (AES), qu’il présente comme la traduction de la vision panafricaniste des pères fondateurs de la nation, poursuivant sa marche vers la réaffirmation de la souveraineté de ses États membres au sein d’une coopération refondée avec les organisations régionales. Selon de nombreux observateurs, ce discours marque une nouvelle orientation du pouvoir en place à Bamako qui aspire à trouver une issue à la violence qui sévit dans le pays, notamment dans ses régions nord, à reprendre langue et développer la coopération avec les partenaires stratégiques, dont ses pairs de l’AES et surtout l’Algérie avec laquelle il veut donner tous les gages de sa bonne volonté de reprendre la coopération bilatérale, devenue un impératif depuis l’installation des groupes terroristes et de réseaux de criminalité transfrontalière dans la région du Sahel.
Slimane B.



















































