L’INDUSTRIE NATIONALE, L’INNOVATION ET L’OUVERTURE SUR LES MARCHÉS EXTÉRIEURS : Les maîtres-mots de la 57e FIA
La 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA), qui s’est achevée hier au Palais des Expositions des Pins Maritimes, a confirmé son statut de vitrine majeure de la relance industrielle et de la stratégie d’ouverture économique de l’Algérie.
Placée sous le thème « Confiance et stabilité pour une croissance durable », la manifestation a rassemblé 781 exposants issus de 36 pays, dont 579 entreprises algériennes et 202 exposants étrangers, avec l’Espagne comme invitée d’honneur. Pendant cinq jours, institutions publiques, grands groupes et PME ont présenté leurs innovations, leurs projets d’investissement et leurs ambitions à l’export, dessinant une trajectoire claire : de la substitution d’importations vers la construction de filières exportatrices compétitives. La FIA 2026 a mis en lumière la transformation de l’appareil industriel algérien, marquée par une montée en capacité des grandes entreprises et des initiatives visant l’intégration verticale. La Société nationale du fer et de l’acier (SNS) a exposé les réalisations de ses 19 filiales, démontrant un ancrage industriel allant de la sidérurgie aux constructions métalliques, en passant par l’ingénierie et l’industrie automobile. Fait notable : la production locale de câbles en acier, auparavant importés, désormais utilisés dans des chantiers stratégiques tels que la mine de Gara Djebilet et l’autoroute Est-Ouest, illustre une logique de souveraineté industrielle. Dans le secteur de l’agrochimie, Asmidal a réaffirmé son rôle stratégique pour la sécurité alimentaire nationale, tout en affichant une feuille de route visant à accroitre les capacités d’exportation d’ammoniac vers l’Europe. Ces signaux montrent que l’effort national ne se contente plus d’assurer l’autosuffisance ; il vise à créer des chaines de valeur aptes à concurrencer à l’international.
Innovation et montée en gamme
L’innovation a été omniprésente sur le salon. ENICAB (Entreprise nationale des industries du câble) a mis en avant une capacité annuelle de production de 20 000 tonnes et annoncé un partenariat pour faire de Dakar une plateforme de distribution vers l’Afrique de l’Ouest. Ce type d’orientation stratégique illustre un modèle récurrent : développer la production locale, puis s’appuyer sur des hubs régionaux pour pénétrer des marchés voisins. La présence de démonstrations et de productions liées au secteur de la défense — drones conçus en Algérie, armes légères fabriquées localement, projet de navire d’intervention maritime et une clinique mobile dentaire fabriquée intégralement en Algérie — confirme que certaines entités publiques jouent un rôle moteur dans le développement de compétences technologiques avancées. Le président Abdelmadjid Tebboune a d’ailleurs salué l’Armée nationale populaire comme « locomotive de l’industrie mécanique du pays », soulignant l’importance du réservoir industriel lié au ministère de la Défense.
GS1 Algérie fonce vers la traçabilité intelligente
À la 57e FIA 2026, GS1 Algérie s’est imposée comme l’un des acteurs de la transformation numérique des échanges commerciaux. Seule organisation habilitée en Algérie à attribuer les codes à barres conformes aux standards internationaux, l’association a présenté les nouvelles solutions de traçabilité qui accompagneront les entreprises dans leur transition vers les technologies d’identification de nouvelle génération. Au cœur de cette évolution figure le GS1 QR Code, appelé à remplacer progressivement les codes-barres traditionnels dans le cadre de l’initiative mondiale GS1 Sunrise 2027. Cette transition marque une étape importante dans la modernisation des chaînes logistiques et commerciales. Contrairement aux codes linéaires classiques, les QR Codes GS1 peuvent contenir un volume d’informations bien plus important, telles que les numéros de lot, les dates de fabrication et de péremption, les numéros de série ou encore des informations réglementaires accessibles en un simple scan. Pour les responsables de GS1 Algérie, cette technologie répond aux nouveaux défis auxquels sont confrontées les entreprises, notamment en matière de traçabilité, de sécurité des produits et de digitalisation des échanges. « Notre mission est d’accompagner les entreprises dans l’identification unique de leurs produits, la standardisation des échanges commerciaux et l’amélioration de la traçabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement », expliquent-ils. L’association ne se limite pas à l’attribution des codes à barres. Elle propose également un accompagnement complet à travers des formations, une assistance technique, des solutions de codification et des outils numériques destinés à améliorer la gestion des flux logistiques. L’objectif est d’aider les entreprises à renforcer leur compétitivité tout en répondant aux exigences des marchés nationaux et internationaux. À l’occasion de la FIA 2026, GS1 Algérie a également mis en avant le GS1 QR Code augmenté, un support capable d’être lu aussi bien par les systèmes d’encaissement que par les smartphones. Cette double fonctionnalité permet non seulement d’optimiser les opérations commerciales, mais aussi d’offrir aux consommateurs un accès direct à des informations fiables et détaillées sur les produits. Parmi les innovations présentées figure également GS1 Scany, une application permettant de scanner les produits afin de consulter instantanément leurs caractéristiques, leurs informations réglementaires ou encore leur origine. Une solution qui répond aux attentes croissantes des consommateurs en matière de transparence et de fiabilité. Dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement deviennent de plus en plus complexes, les standards GS1 constituent aujourd’hui un véritable langage universel facilitant les échanges commerciaux à l’échelle mondiale. Ils permettent d’identifier chaque produit de manière unique, de sécuriser son parcours logistique, de réduire les erreurs de gestion et de simplifier les opérations de rappel de lots en cas d’incident. Pour les entreprises algériennes, l’adoption de ces standards représente également un levier stratégique pour accéder aux marchés internationaux. Les nouvelles solutions développées autour du GS1 QR Code favorisent la lutte contre la contrefaçon, renforcent la confiance des consommateurs et ouvrent la voie à une meilleure intégration entre le produit physique et les services numériques grâce à la technologie GS1 Digital Link. À travers sa participation à la FIA 2026, GS1 Algérie a ainsi démontré que la traçabilité est devenue un facteur clé de compétitivité. En accompagnant les entreprises dans leur transition vers les standards internationaux de nouvelle génération, l’association entend contribuer à la modernisation du tissu économique national et à son intégration dans les nouvelles exigences du commerce mondial.
ORLA mise sur la qualité, l’innovation et l’image
Présente à la 57è édition de la Foire internationale d’Alger (FIA 2026), la marque algérienne ORLA, spécialisée dans la production et la commercialisation de produits agroalimentaires, a profité de cet important rendez-vous économique pour dévoiler une nouvelle identité visuelle ainsi qu’un packaging entièrement repensé. Cette modernisation concerne l’ensemble de ses principales gammes de produits, notamment la farine, la semoule, les pâtes alimentaires et le miel, avec l’ambition d’offrir une image plus moderne, plus attractive et en adéquation avec les exigences du marché. À travers cette nouvelle présentation, ORLA souhaite renforcer son positionnement en tant que marque nationale misant sur la qualité, la fiabilité et la valorisation du savoir-faire algérien. L’entreprise affirme placer la satisfaction du consommateur au cœur de sa stratégie en proposant des produits répondant aux normes de qualité les plus élevées, tout en investissant dans une amélioration continue de ses procédés de fabrication. Pour ORLA, la participation à la FIA représente bien plus qu’une simple présence commerciale. Cet événement constitue une véritable plateforme de développement permettant d’accroître la notoriété de la marque, de se rapprocher des consommateurs et de consolider son réseau de distribution à l’échelle nationale. La foire offre également l’opportunité de rencontrer des partenaires économiques, des distributeurs et des investisseurs potentiels, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles collaborations commerciales, aussi bien en Algérie qu’à l’international. L’entreprise entend poursuivre sa dynamique d’innovation en diversifiant progressivement son offre afin de répondre à l’évolution des attentes des consommateurs. Cette stratégie s’accompagne d’une volonté constante d’améliorer la qualité des produits, d’optimiser les processus de production et de renforcer la compétitivité de la marque sur des marchés de plus en plus exigeants. Au-delà du renouvellement de son image, la démarche d’ORLA illustre une évolution majeure du secteur agroalimentaire algérien, où le branding et le design des emballages deviennent des leviers stratégiques de compétitivité. Une identité visuelle moderne constitue désormais un facteur déterminant pour intégrer les circuits modernes de distribution, séduire les consommateurs et rassurer les partenaires commerciaux, notamment à l’export. Toutefois, la conquête des marchés internationaux ne repose pas uniquement sur l’esthétique des produits. Elle exige également le respect des normes internationales, l’obtention de certifications reconnues, une traçabilité rigoureuse ainsi qu’une logistique performante capable de préserver la qualité des produits tout au long de leur acheminement. En combinant innovation, qualité et investissements dans ces domaines, ORLA ambitionne de s’imposer comme l’un des ambassadeurs du produit agroalimentaire algérien et de contribuer au développement des exportations nationales.
Ruée vers l’export
Au-delà des stands et des produits, la FIA 2026 a confirmé une volonté nationale : accompagner les entreprises vers l’exportation. Plusieurs accords conclus durant le salon visent prioritairement les marchés africains, ce qui est cohérent avec une stratégie graduelle — consolider la présence régionale avant de viser l’Europe et les marchés lointains. Des partenariats évoqués avec la Tunisie, la Mauritanie et le Sénégal traduisent une stratégie pragmatique d’implantation par proximité géographique et affinités commerciales. Pour convertir cette dynamique en parts de marché durables, les entreprises devront satisfaire quatre conditions : conformité et qualité, traçabilité, compétitivité logistique (fret et délais) et marketing international. L’écosystème public-privé est donc sollicité : modernisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires, facilitation des procédures douanières, et accès au financement pour l’industrialisation et la certification.
M.Seghilani





















































