Normalisation

UN NOUVEAU RAPPORT DE FORCES DÉFAVORABLE À ISRAËL : La « normalisation » en voie de dépérissement

Les accords dits d’Abraham, de normalisation entre quelques pays arabes et l’entité sioniste, traversent une crise qui pourrait conduire à leur échec, du fait d’un certain nombre de facteurs que les promoteurs de cette démarche- les Etats-Unis appuyés par leurs alliés de l’OTAN- n’ont, tout simplement, pas prévus.

La vague d’actions menées par les résistants palestiniens et le comportement offensif de la population, en particulier les jeunes, face aux agressions des forces  sionistes d’occupation à El Qods, Jenine, Al-Khalil, Naplouse et d’autres villes palestiniennes, ont bouleversé les données et établi un nouveau rapport de forces plus favorable à la lutte contre l’occupation sioniste. Conséquence directe, parmi d’autres, de cette situation : le ministre de la Coopération régionale de l’entité sioniste, Issawi Freij, a annoncé l’annulation d’une conférence qui devait se tenir en Israël en septembre pour célébrer le deuxième anniversaire des accords dits d’Abraham. D’après les sources médiatiques qui ont donné cette information, le ministre israélien a prétendu que « la conférence a été annulée en raison du refus des représentants des pays arabes d’y participer car elle coïncidait avec la campagne électorale de la Knesset ». Selon les mêmes sources, « les délégués des pays arabes qui ont été invités à la conférence ont transmis des messages à Israël, dans lesquels ils ont dit qu’ils craignaient que leur participation à une telle conférence ne soit considérée comme une ingérence dans la bataille électorale, et par conséquent, Israël a décidé d’annuler la conférence. » Qui pourrait avaler une telle couleuvre? Il serait plus juste de reconnaître que les dirigeants des Emirats arabes unis, de Bahreïn et du Soudan, ont adopté une attitude raisonnable et ont préféré éviter les réactions de leurs populations hostiles à la normalisation avec l’entité sioniste. L’agressivité des forces d’occupation sionistes contre les Palestiniens enracine dans les peuples des pays arabes le sentiment de rejet de toute compromission avec Israël et renforce le mouvement de solidarité avec la Résistance palestinienne. Hier, les forces d’occupation ont assassiné d’une balle dans la tête, un jeune palestinien, Muhammad Shaham, après avoir pris d’assaut sa maison à Kafr Aqab, et lancer une campagne d’arrestations dans plusieurs villes palestiniennes. Dans un tel contexte marqué, en plus, d’une part, par l’essor de la résistance palestinienne, et, d’autre part, par la déprime dans la population israélienne devant l’incapacité du système de sécurité à la protéger, ni contre la riposte des organisations de résistance de Ghaza, ni contre les actions individuelles des fidayîn, on comprend que les dirigeants des pays qui ont «normalisé» avec Israël soient réticents à fêter le deuxième anniversaire  d’Accords  qualifiés de «honteux » dans l’opinion arabe. Seul le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, persiste dans sa  fuite en avant en maintenant sa visite en Israël en septembre afin de discuter de l’ouverture de l’ambassade du Maroc à Tel-Aviv. Un tel entêtement ne peut s’expliquer que par la panique qui s’est emparée du Makhzen  confronté à une contestation politique et sociale de grande ampleur qui ébranle le régime monarchiste sur fond de détérioration de la situation économique. La presse locale prévoit que le Maroc sera confronté à une grave crise alimentaire dans les prochains mois, en raison d’une récolte céréalière jugée catastrophique et des difficultés d’approvisionnement sur le marché international, ce qui s’ajoute aux problèmes soulevés par les organisations syndicales et la société civile du pays. La production céréalière globale du Maroc a chuté en dessous de la moyenne quinquennale de 7,9%, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), prévoyant dans un rapport récent que la production céréalière du Maroc en 2022 devrait s’établir à 3,3 millions de tonnes en moyenne, en baisse de 68,4 % par rapport à 2021.
M’hamed Rebah