Au stade NelsonMandela de Baraki, là où le sport rejoint l’histoire et la mémoire des luttes des peuples, le football s’apprête, une nouvelle fois, à parler le langage universel de la solidarité. Demain, la création officielle de la Fédération de football de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), sera ponctuée par un match de gala, qui s’inscrira dans une continuité politique, humaine et symbolique, fidèle à l’engagement constant de l’Algérie en faveur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La Fédération de football de la République arabe sahraouie démocratique verra officiellement le jour cette semaine, en présence de grandes personnalités sportives et de responsables institutionnels. L’événement culminera vendredi, à partir de 16h30, par un match de gala au stade Nelson-Mandela de Baraki, opposant une sélection d’anciens internationaux algériens, emmenée notamment par le champion d’Afrique Djamel Belamri, à l’équipe nationale sahraouie, composée de joueurs évoluant majoritairement dans les divisions inférieures du football espagnol. Une affiche à forte portée symbolique, bien audelà de l’enjeu purement sportif. Cette initiative, expliquent les organisateurs, s’inscrit dans « le cadre des actions de solidarité et de soutien constants de l’Algérie envers les autorités et le peuple du Sahara occidental, engagés depuis plus d’un demi-siècle dans leur lutte pour l’indépendance ». En prélude à ce rendez-vous, une conférence de presse est programmée, aujourd’hui, à l’hôtel Mazafran de Zéralda, afin de présenter les objectifs de la nouvelle fédération et les contours de cette rencontre amicale, appelée à marquer une nouvelle étape dans la structuration du sport sahraoui. Dans un communiqué officiel, le ministère de la Jeunesse et des Sports Sahraoui a précisé que la Fédération sahraouie de football aura pour mission d’organiser, de développer et de promouvoir la discipline à travers la supervision des clubs, des ligues et des structures affiliées. Elle s’emploiera également à soutenir les jeunes talents, à former les cadres techniques et à diffuser les valeurs de fairplay, de discipline et d’esprit sportif. Au-delà de ces objectifs internes, la Fédération entend défendre le droit des sportifs sahraouis à une représentation équitable dans les compétitions régionales, continentales et internationales, tout en développant des partenariats avec les instances africaines et mondiales.
UNE CONTINUITÉ HISTORIQUE
Ce rendez-vous de Baraki fait écho à un précédent tout aussi marquant, organisé en 2023 dans la même enceinte. Ce jour-là, l’équipe nationale du Sahara occidental avait disputé son tout premier match officiel face au MC Alger, dans un contexte chargé de symboles. Cinquante huit ans après la glorieuse épopée de l’équipe du FLN, la naissance de la sélection sahraouie avait été annoncée comme un acte politique fort, s’inspirant directement de l’expérience algérienne de lutte par le sport. L’ambassadeur de la RASD en Algérie, Abdelkader Taleb Omar, avait alors souligné la portée historique de cet événement, affirmant que cette équipe serait « l’ambassadrice de la cause sahraouie à travers le monde ». Ce parallèle avec l’équipe du FLN, créée en 1958 pour porter la voix de la Révolution algérienne sur les terrains internationaux, n’a rien d’anodin. Il traduit une volonté assumée d’inscrire le football sahraoui dans une dynamique de combat pacifique, fondée sur la visibilité, la reconnaissance et la légitimité. À travers ce projet, les dirigeants sahraouis revendiquent, à terme, une intégration pleine et entière au sein des structures sportives africaines, notamment la Confédération africaine de football (CAF), afin de faire entendre leur cause dans les arènes institutionnelles. Le choix du stade Nelson Mandela pour abriter ces événements n’est pas non plus fortuit. Symbole universel de la lutte contre l’oppression et l’injustice, le nom de Mandela résonne comme un écho naturel aux aspirations du peuple sahraoui. En ce sens, chaque rencontre disputée sur cette pelouse prend des allures de message politique, rappelant que le sport peut être un formidable vecteur de mobilisation et de sensibilisation. La création de la Fédération sahraouie de football vient ainsi consolider un édifice patiemment construit, malgré les contraintes et les obstacles. Elle ouvre la voie à une structuration plus rigoureuse du football sahraoui, à l’émergence de nouvelles générations de joueurs et à une meilleure visibilité internationale. Pour les Sahraouis, il ne s’agit pas seulement de disputer des matches, mais d’exister, de s’affirmer et de revendiquer une place légitime dans le concert des nations sportives. Quand le ballon devient porteur d’espoir et de dignité, le football cesse d’être un simple jeu pour se transformer en acte de résistance pacifique.
Mohamed Amine Toumiat













































