SCRUTIN DU 12 DÉCEMBRE : Le MSP ne soutiendra aucun candidat

Le président du Mouvement pour la société de la paix (MSP), Abderrazak Makri, a annoncé hier, que son parti ne soutiendra aucun candidat lors de l’élection présidentielle de ce jeudi, selon un communiqué de la formation politique islamiste. « Se basant sur la décision du conseil consultatif national tenu le 29 septembre 2019, et dans le cadre de son mandat pour le Bureau national pour prendre les mesures exécutives y afférentes, et également suite à de vastes consultations au niveau des organes consultatifs et exécutifs des wilayas, le Bureau national confirme que le MSP ne soutiendra et n’émettra de consignes de vote pour aucun des cinq candidats », a expliqué le MSP dans son communiqué. Le MSP emboîte le pas ainsi au Front pour la Justice et le Développement (FJD) d’Abdallah Djaballah, qui avait annoncé sa position la veille, à savoir que son parti ne soutiendra aucun candidat, alors qu’il avait laissé récemment cette option ouverte. « Le FJD est et restera loyale à ses principes et convictions et son soutien politique aux aspirations du peuple qui revendique le boycott des élections du 12 décembre. Il [le FJD] appelle à mettre fin à la politique de feindre ignorer la révolution pacifique du peuple et ses revendications légitimes et d’œuvrer pour la mise en place d’un système de gouvernance légitime et juste de sorte de garantir les intérêts, droits et libertés de chacun et d’aller graduellement vers le progrès et le développement », a souligné le FJD dans un communiqué. « Le FJD se dit prêt à travailler avec toutes les forces de l’opposition sérieuses et ayant un poids dans la société – personnalités, partis politiques et jeunes du Hirak – pour adopter un projet de société commun pour la prochaine période avec ses objectifs, programmes et exécuteurs. Et ce pour réunir les garanties et les conditions nécessaires pour bâtir une réelle démocratie permettant un réel partage du pouvoir et la réalisation des aspirations légitimes », a ajouté le même communiqué. Les deux formations islamistes, MSP et FJD, avaient annoncé, dès l’annonce de la date de la prochaine présidentielle qu’ils ne sont pas concernés par ce scrutin. Une position qui laisse entendre que les dirigeants des deux partis donnent la liberté aux militants de base de voter ou pas pour le candidat de leur choix. Mais les deux dirigeants sont revenus pour interdire à leurs militants tous soutiens ou participation dans les campagnes de l’un des cinq candidats en course.
Hamid Mecheri