Palais du gouvernement

RAJEUNISSEMENT DU STAFF GOUVERNEMENTAL : L’autre chantier de Abdelmadjid Tebboune

Au lendemain de l’annonce des résultats officiels des élections présidentielles du 12 décembre dernier ayant confirmé la victoire du candidat Abdelmadjid Tebboune à la tête de la magistrature suprême du pays, le nouveau locataire du palais d’El Mouradia a promis d’œuvrer avec toutes les parties pour aller vers une nouvelle République avec un nouvel esprit et une nouvelle approche. L’un des principaux chantiers auxquels compte s’attaquer le huitième président de la République, et qui n’est pas des moindres d’ailleurs ; car lui-même a reconnu la difficulté de la tâche, est celui de la formation d’un nouveau gouvernement. En effet, Abdelmadjid Tebboune a déclaré, lors de sa première conférence de presse après sa victoire à la présidentielle du 12 décembre dernier, que « le peuple algérien sera surpris par la nomination de jeunes ministres ne dépassant pas les 26 et 27 ans» dans le futur gouvernement.
Certes, cet engagement pourrait apporter un nouveau souffle sur le fonctionnement des différents secteurs notamment stratégiques qui baignent depuis de longues années dans des problèmes interminables. Mais le fait qu’un ministre soit jeune suffira-t-il à régler la situation de tel ou tel secteur ? La réponse est bien évidement non, car ce qui compte surtout au-delà de l’image c’est les compétences, les capacités, et le bagage intellectuel de ces futurs membres du gouvernement qui fera certainement la différence, sachant que le constat fait après ces 20 dernières années était catastrophique à tous les niveaux. La plupart des ministres, qui se sont succédé à la tête des différents secteurs, n’ont pu apporter le plus et répondre aux aspirations du peuple.
Il n’est pas possible, par ailleurs, d’évoquer les gouvernements algériens sans parler du dernier ayant été mis en place après le mouvement populaire pacifique du 22 février. Pour tenter de calmer la contestation, le président déchu avait installé un gouvernement avec de nouvelles têtes, un gouvernement qui s’est révélé le plus désastreux, sachant qu’il est le plus contesté et rejeté par le peuple dans toute l’histoire du pays. En effet, il ne s’est pas passé une seule marche de vendredi et de mardi organisées depuis la date du 22 févier 2019, sans que le peuple ne revendique dans ses slogans le départ de ce gouvernement, symbole de l’ancien système. Les sorties sur le terrain ainsi que les conférences de presse, se font tellement rares, depuis, en raison en effet de ce rejet populaire.
Reste à savoir maintenant si Abdelmadjid Tebboune réussira à satisfaire le mouvement populaire sur ce volet, et arrivera-t-il réellement à constituer une équipe de ministres, jeunes qui puissent relever les grands défis auxquels est confronté le pays, notamment sur le plan socio-économique, la tâche n’est pas aisée certes, compte tenu de la situation économique du pays et des conséquences d’une gestion catastrophique marquée par des affaires de corruptions et de détournements des deniers publics. Autrement, le futur gouvernement que compte former le président de la République réussira -t-il à effacer l’image souillée de l’Exécutif au cours du règne du Président déchu ?
Ania Nait Chalal