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SORTIE PUBLIQUE DE TEBBOUNE ET SON OFFRE DE DIALOGUE : L’opposition ne s’emballe pas

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en première sortie publique vendredi soir devant la presse nationale, a invité les acteurs du Mouvement populaire à un «dialogue sérieux» pour l’intérêt de l’Algérie, tout en s’engageant à opérer une «profonde réforme» de la Constitution en associant les différents acteurs de la société civile. Connus pour leur opposition au discours du pouvoir, des partis politiques et personnalités de la société civile de l’opposition restent de «marbre».

Certaines parties par contre tergiversent et d’autres disent oui pour le dialogue sous des conditions.

Sofiane Djilali, président de Jil Jadid
« Nous avons entendu ces déclarations à l’instar de toute la classe politique nationale. Au niveau de Jil Jadid, nous allons lancer une réflexion générale pour prendre les décisions adéquates. Pour l’instant, nous ne pouvons se prononcer sur les déclarations de Tebboune. Nous sommes en concertation au niveau des instances organiques du parti. Nous allons publier un communiqué de notre résolution dès ce mardi», a indiqué hier, Sofiane Djilali, contacté par nos soins.

Fetta Sadat, membre du secrétariat national du RCD
Membre du secrétariat national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), l’avocate Fetta Sadat n’a pas souhaité faire de commentaires sur la sortie publique du président Tebboune, préférant rester sur la dynamique du Mouvement populaire et citoyen pour évoquer «les incidents de répression des manifestations», le jour du vote, par les forces de sécurité. Interrogée sur la déclaration de Tebboune, elle nous a renvoyé au dernier communiqué de son parti, rendu public le lendemain du scrutin de la présidentielle du 12 décembre. « En symbiose avec le peuple pour exiger le changement et construire l’alternative démocratique, le RCD n’a pas pour préoccupation un positionnement post-révolution dans la future carte politique du pays. Il met toute son énergie pour la victoire de la révolution qui permettrait à notre peuple d’imposer une transition démocratique qui défait la substance, les codes, les symboles et les pratiques du système politique actuel en jetant les bases de l’Algérie nouvelle. Une Algérie de paix, de liberté, de progrès, d’égalité en droits et de solidarité», lit-on dans le communiqué du parti dirigé par Mohcine Belabbas.

Lyès Merabet, président du SNPSP
« Aujourd’hui, ils nous ont présenté la personnalité qui va négocier et dialoguer à leur place. Le Hirak doit agir et prendre l’initiative en présentant des noms et une plateforme de revendications qui soit l’émanation de l’unanimité et de la priorité», a écrit hier Lyès Merabet sur sa page Facebook.

Le MSP aux abonnés absents
Les membres du Bureau national du Mouvement de la société pour la paix (MSP) et les députés de son groupe parlementaire, contactés hier par le Courrier d’Algérie, ont tous été aux abonnés absents. Signe que la formation politique, dirigée par Abderrezak Makri, préfère encore tergiverser pour y voir clair dans la nouvelle carte politique qui se dessine après les élections du 12 décembre. Autrement le «wait and see».
Propos recueillis par Hamid Mecheri