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Procès des 20 porteurs de l’emblème amazigh : Le tribunal de Sidi M’hamed rendra son verdict demain

Le verdict du procès des vingt détenus d’opinion, jugés le 18 novembre dernier, sera prononcé demain, par le tribunal de Sidi M’hamed.

Poursuivis pour «atteinte à l’unité nationale», pour avoir brandi l’emblème amazigh, le procureur de la République avait requis une peine de 2 ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA, à l’encontre des mis en cause, dont 11 placés en détention provisoire et 9 autres sous contrôle judiciaire. Le procès a été, rappelons-le, boycotté par les avocats de la défense, qui ont quitté la salle d’audience, après avoir chanté l’hymne national. Les robes noires ont eu recours au boycott, afin de dénoncer une «justice à deux vitesses» après que les tribunaux de Sidi M’hamed et de Bab El-Oued aient prononcé des verdicts différents à l’encontre de manifestants poursuivis pour les mêmes faits. «Le boycott est notre seule arme, en attendant qu’il y ait un signe que seule la loi sera appliquée » font remarquer les avocats.
Pour rappel, le 11 novembre dernier, s’est déroulé au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger, le procès de 42 détenus d’opinion, arrêtés pour avoir brandi l’emblème amazigh. Sur les 42 personnes, 21 ont été condamnées par le juge du tribunal à une peine d’un (1) an de prison dont six (6) mois ferme et six (6) mois avec sursis, assortie d’une amende de 30 000 DA. Le lendemain, soit le mardi 12 novembre, six (6) autres détenus accusés des mêmes chefs d’accusation, et jugés le mardi 22 octobre dernier, ont entendu le verdict : Ils ont été condamnés à six (6) mois de prison ferme, assortie d’une amende de 20 000 Da pour chacun d’entre-eux.
Mercredi 13 novembre, le juge du tribunal de Bab El-Oued, où ont comparu le mercredi 23 octobre, cinq (5) détenus pour port du drapeau amazigh, a prononcé la relaxe sans aucune charge. Reste à savoir, quel verdict sera prononcé demain par le tribunal de Sidi M’hamed, au moment où les avocats de la défense n’hésitent pas à appeler à leur libération ainsi que d’autres manifestants à travers les différentes juridictions du pays, notamment, à Mostaganem et Batna.
Lamia Boufassa