Lutte anti cancer

Indisponibilité des médicaments innovants pour les cancéreux : Approuvés en 2018, ils sont indisponibles dans les établissements hospitaliers

Les spécialistes de différents établissements hospitaliers nationaux ont mis l’accent, vendredi dernier à Alger, sur l’impératif d’inclure les médicaments innovants dans le traitement du cancer. Le président de la Société algérienne d’oncologie médicale, Professeur Kamel Bouzid, a déploré le fait que le malade « ne bénéficie toujours pas de traitement innovant pour le cancer, en dépit du fait que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière «ait enregistré et approuvé l’importation des médicaments en 2018» a-t-il tenu à rappeler. Selon lui, la Pharmacie centrale des hôpitaux, chargée de l’importation de ces médicaments innovants, se refugie, selon lui «derrière le prétexte que l’appel d’offre pour l’acquisition de ce traitement n’a pas de générique», qualifiant cette posture de «perte de temps» d’autant qu’il s’agit d’une maladie où le temps est un élément central, pour augmenter l’espérance de vie. Selon les informations relayées en milieu hospitalier, «les malades ne bénéficieront pas de ce traitement, pas avant 2021», soit pas avant au moins 2 ans, alertent les médecins, qui affirment que ces médicament innovants «ont déjà prouvé leur efficacité» dans le traitement du cancer, et que les patients  doivent attendre deux ans, pour se soigner. Le dr.Selma Hamdi (hématologue) à l’EHU de Sétif a souligné que les patients devraient bénéficier de ces médicaments dont l’efficacité est d’ores et déjà prouvée dans les autres pays, sans manquer d’exprimer sa satisfaction «de la prescription de l’immunothérapie aux malades». Celle-ci, poursuit-il, a contribué grandement «à l’amélioration du niveau de vie des patients», notamment, cite-t-il, «ceux atteints du cancer de la peau et des poumons» qui, au terme du traitement, ont «complètement guéri». Toutes les pharmacies d’hôpitaux attendent d’être approvisionnées en médicaments innovants, selon le chef d’unité de la pharmacie de l’EHU de Tizi Ouzou, Dr. Rachid Macha, qui souligne que «60% du budget des hôpitaux, sontconsacrés à l’achat des médicaments destinés au traitement du cancer». Il dira que les patients espèrent de voir ce traitement leur parvenir, et d’un autre côté la Pharmacie centrale des hôpitaux temporise à les importer, une situation que les médecins et les spécialistes ont déploré, vendredi dernier, et espèrent qu’il soit enfin mis fin à cette lenteur, car il y va de la vie des personnes malades.
Atif Younes