EN Algérie

On reprend presque les mêmes et on repart vers d’autres conquêtes : L’étape zambienne en guise de prélude au changement dans la continuité ?

Une sortie officielle et la Zambie en plat d’entrée. De résistance. La première d’une longue série où il faudra se montrer, à nouveau, surtout fort pour un groupe pour lequel les fronts (CAN 201et Mondial 2022) et donc les batailles, les défis, tout aussi difficiles, ne manquent pas. Rebonjour l’Afrique et ses spécificités. Pas évident du tout quand on se présente dans la peau de l’équipe à battre. Voire à abattre. On se concentre et on oublie la Colombie et le détour inoubliable par Lille, théâtre d’un beau succès. «Sans plus», dirait un coach toujours aussi sûr de ses plans. Qui sait ce qu’il veut, où il veut aller et avec qui.

On ne touche à rien…
Maître Belmadi, qui vient de réunir ses troupes depuis lundi en prévision d’une nouvelle campagne continentale, qui se veut réussie sur la voie de la confirmation d’un statut de champion loin d’être usurpé, s’il se veut pragmatique et imperturbable dans ses choix, marque à nouveau son territoire et trace les grandes lignes d’une stratégie devant le mener, lui et son groupe (à peaufiner suggère-t-il et il faut donc se montrer patient et s’attendre à des «retouches» à doses homéopathiques), successivement au Cameroun 2021 où il s’agira de rester tout en haut de la hiérarchie, et Qatar 2022 pour un retour parmi l’élite mondiale faisant rêver leurs fans depuis le monumental raté de 2018. Droit au but, sans faux-fuyants, comme à son habitude (on l’aura encore vérifié, avec son franc-parler coutumier, lors de la conférence de presse de mardi où il ne se laissera pas embarquer, encore moins conter, en ne déviant pas de sa ligne directrice avec des réponses claires et sans ambages lorsqu’il lui a fallu, sans éluder l’essentiel, répondre à certaines questions), coach- Djamel, bien dans son rôle, a défendu ses choix non sans éclairer les lanternes de l’assistance sur bien des sujets. En tête, et c’est inévitable après la publication de toute la liste des «23» concernés par une échéance (elles ne vont pas manquer et s’enchaîner même à un rythme endiablé avec la proximité de rendez-vous importants sur les six prochains mois qu’il faudra négocier au mieux, les lectures imposées par l’arrivée de nouvelles têtes. En se donnant les moyens de sortir des nombreux pièges qui se dresseront sur la route des «Verts» mis dans l’obligation de ménager leur monture s’ils veulent à nouveau aller loin, tout en perpétuant la dynamique. Se mettre à l’abri des mauvaises surprises. Et il peut s’en produire. Auxquelles Belmadi dit se préparer en prenant les devants. Mais pas dans la précipitation. Pas en prônant le changement tous azimuts. «Changer pour le simple plaisir de changer» et faire table rase les acquis du Caire. Mettre une croix sur une consécration africaine qui fera date. Et la Zambie qui, dira-t-il (rappelle plutôt un douloureux souvenir encore frais dans les mémoires et difficile à oublier, pas encore totalement digéré par l’opinion) «n’est pas une équipe redoutable seulement sur le papier mais par rapport aux résultats de 2017 (…) nous sommes avertis car il s’agit d’un adversaire qui nous a fait mal en prenant les six points sur la route du Mondial 2018.» Il n’ira d’ailleurs pas par trente-six chemins pour dire qu’il ne faut se rater en aucun cas en «prenant les trois points ce soir à Blida.» Une victoire impérative et un record d’invincibilité à préserver. Un succès qui fera du bien et permettra de mieux travailler et appréhender sans soucis l’avenir à l’occasion d’une campagne qualificative qui ne «s’annonce pas de tout repos.» Mais sans plus, l’objectif (en plus de la qualification en CAN et de la priorité des priorités, à savoir un retour dans l’immédiat au Mondial par la porte du Qatar qu’il faudra savoir ouvrir, il y a certes ce record toujours en cours), demeure pour celui qui disait en 2014 que «l’E.N ce n’est que le début d’une belle histoire»(ndlr, bien écrite déjà avec le titre africain auquel personne ne s’attendait même parmi les plus optimistes), «la construction, sur la durée, d’une équipe aussi professionnelle que performante. Capable de répondre aux attentes grandissantes, le statut de N°1 continental désormais oblige, d’un public aux anges et ayant appris à aimer cette E.N renvoyant le miroir d’une Algérie qui gagne.

Construire sur la durée
«Changer» pourquoi ? D’un simple revers de la main ? Réponse claire, directe, d’un technicien rompu à la question et ne cessant d’asséner que l’«ambition est d’apporter de la fraîcheur et de la concurrence (deux maîtres-mots desquels il ne se départ plus) pour rendre plus forte la sélection nationale.» Tout est dit. Tout un programme. Ce soir (une étape parmi tant d’autres), il s’agira pour les «Combattants du désert», de faire honneur à leur rang en faisant d’une pierre «quatre» coups. Signer trois points qui compteront à l’heure des décomptes finaux, prendre une petite revanche (toute sportive selon Belmadi, et la précision, pour lui, est de taille), soigner le record de 16 sorties consécutives sans accroc majeur et, enfin, enchaîner quatre jours plus tard au détour d’un long voyage, avec le Botswana, le moral gonflé à bloc. Deux sorties d’importance qui, et au-delà de leur caractère tout aussi important (il s’agira pour M’Bolhi et consorts de se rapprocher le plus près possible du Cameroun en faisant le plein d’unités dès ce mois de novembre avant un mois de mars dédié aux «qualifs» du Mondial qatari), permettront au sélectionneur national, qui dit savoir ce qui l’attend lui et ses joueurs tout en les mettant en garde de vivre encore sur leur exploit égyptien, de peaufiner au mieux sa stratégie. Rester donc vigilant avec le souci clairement affiché, encore une fois lors de sa sortie médiatique avant-hier au CTN de Sidi-Moussa, de construire sur du solide. Construire une équipe sur la durée. Sans fausses-notes. Où, c’est important et ses capés le soulignent avec éclat, son empreinte apparaît. Omniprésente. En apportant les «retouches» idoines. Sans toucher à l’essentiel quand bien même on peut déceler (l’intéressé reste peu disert sur le sujet et, c’est de bonne guerre, garde pour lui ses plans futurs) une tendance au «rajeunissement» avec, à titre d’exemple, l’arrivée d’un joueur comme Adam Zorgane qui peut apporter du «sang neuf.» Annonce, peut-être, de nouveaux départs à la retraite à l’instar de Guedioura qui fêtait récemment son 34e anniversaire mais qui, instamment, est appelé à mettre sa longue expérience et son vécu au service du collectif. Peut encore rendre de précieux services dans l’entrejeu. Zorgane pour dire ce qu’il n’a pas voulu dire ou omis (on respecte bien évidemment) de dire? Au vu des nombreux chantiers restés encore ouverts, en défense notamment (les arrivées de Spano-Rahou et Helaimia dans ce secteur si sensible étant loin d’être fortuites), on peut dire que la tendance est à un «relookage» s’ouvrant doucement mais sûrement sur ce «rafraichissement» (rajeunissement ?) que beaucoup pensent désormais venu avec l’avancement dans l’âge de quelques cadres qui pourrait déstabiliser (on peut être sûrs que le staff a sa petite idée là-dessus et y pense sans trop se prendre la tête) un édifice (au potentiel énorme soit dit en passant) à conforter en prévision des futures batailles. Notamment le Mondial 2022.
Mais en s’assurant le meilleur parcours possible en CAN 2019, la mission restant, on peut le croire, est de garder un trophée bien mérité. Sur ce plan et bien d’autres, on peut lui faire, lui et ses tout frais champions, confiance. Un pas de plus sur la maturité. En commençant, on y revient fatalement, actualité brûlante oblige, par un joli succès à offrir aux supporters par une soirée blidéenne qui s’annonce hivernale au vu des températures affichées cette semaine. Juste pour demander aux joueurs de se montrer aussi généreux que ne l’est dame nature ces derniers jours.
Par Azouaou Aghilas