Charfi

MOHAMED CHARFI, PRÉSIDENT DE L’ANIE : «La présidentielle est celle du mouvement citoyen»

Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a estimé, hier, lors d’un entretien accordé à l’agence de presse russe, Sputnik, que le prochain scrutin présidentiel en Algérie est la résultante directe du mouvement populaire et citoyen en marche depuis le 22 février dernier. L’ancien ministre de la Justice sous le président déchu, Abdelaziz Bouteflika, a d’ailleurs qualifié la protesta d’un  «sursaut salvateur» née d’une frustration enfouie des années durant du peuple algérien. Pour M. Charfi, la présidentielle du 12 décembre est « la continuation de ce « sursaut salvateur », précisant que le peuple  » ne va pas voter pour un homme », mais pour l’Algérie. « Peu importe le Président qui viendra, on votera pour l’Algérie pour lui donner la clé de l’avenir », a ajouté la même source, assurant qu’un Président légitimement élu pourra  » rassembler de nouveau les forces qui ont constitué le Hirak pour en faire la force vivante qui construira l’Algérie nouvelle ».
Poursuivant sur sa lancée, M Charfi a souligné que la création de cette autorité pour superviser le scrutin, assurer sa crédibilité et transparence est une exigence même du mouvement populaire, alors que ce dernier n’a, en aucun cas, réclamé ni la tenue d’une élection, ni la création de cette autorité, mais a toujours exigé le départ de tout le système pour l’édification d’un État de droit et d’une nouvelle Algérie. Mais l’ancien ministre ne s’inscrit pas dans cette logique. Pour lui la mise en place de l’Autorité qu’il dirige est l’interprétation même des articles 7 et 8 de la Constitution qui,  à travers des Institutions et représentants élus, le peuple exerce pleinement sa souveraineté. Plus explicite, il (Charfi Ndlr) a jugé que contrairement a ce qui se fait ailleurs, où la Constitution « s’interprète institutionnellement », pour reprendre l’expression, en Algérie  c’est le mouvement de contestation qui « a imposé une interprétation populaire de la Constitution », et qui a donné, selon lui, naissance à l’ANIE.  Pour la neutralité de celle-ci, les garanties et les réelles prérogatives pour assurer la transparence de cette élection, l’ancien ministre avance son caractère indépendant sur le plan institutionnel marqué par son investiture par décret et non par nomination. Le deuxième point avancé par Charfi est  » les moyens mis à sa disposition pour l’accomplissement de sa mission, notamment financiers et logistiques, et la « mise en place des structures de l’Autorité indépendante au niveau local », constitue le troisième volet caractérisant son indépendance. Il faut rappeler, que M. Charfi a, dans une récente déclaration, affirmé que les pro-élection sont plus nombreux que ceux qui sont contre. Une déclaration vite déjugée par la forte mobilisation citoyenne, qui est passée du stade de protestations hebdomadaires à des actions quasi-quotidiennes à travers tout le territoire national.
Lui emboîtant le pas samedi, le chargé de communication de cette autorité, Ali Draâ a assuré que le taux de participation au vote de la communauté algérienne établie à l’étranger est « acceptable », alors que des informations rapportées par des médias faisaient état d’une faible participation lors des opérations de vote ouvertes samedi.
Brahim Oubellil