Opep

MALGRÉ LES PRESSIONS ET LES SOLLICITUDES DES OCCIDENTAUX : L’Opep+ ferme face à l’Occident

Alors que l’OPEP ne cesse de recevoir des appels directes et indirectes des États-Unis à davantage d’approvisionnement du marché mondial en pétrole, les membres de l’Opep viennent, encore une fois, réaffirmer leur attachement à l’approche portée dans l’Accord Opep+, visant une hausse graduelle et maîtrisée de niveau de production des pays membres de l’Opep +. Une approche adoptée, en réaction à la chute drastique des prix du baril noir, atteignant les 30 dollars, en 2016, son plus bas niveau, depuis 2003.

Décidant, la semaine passée, de respecter son accord de réduction de la production de pétrole et d’augmenter la production uniquement des 432 000 barils par jour (B/J) déjà prévus en juin, l’annonce des membres de l’OPEP + est intervenue alors que les pays membres de l’Union européenne maintenait sa décision d’embargo sur le pétrole russe, non sans conséquences gravissimes sur les ménages et l’activité économique et qu’aux États-Unis, les citoyens américains continuent de porter le poids des sanctions occidentales contre la Russie, en raison de la guerre en Ukraine, alors que les prix du gaz augmentent de manière suffocante, dans le pays de l’oncle Sam. Si les producteurs américains des raffineries de pétrole ont, il y a de cela quelques semaines, refusé de répondre favorablement à la demande du président américain d’augmenter leur production, ayant pour première conséquence le recours aux stocks américains, les médias américains avancent, depuis, que les opérations de maintenance, ne permettent pas une hausse de la production américaine. Le secrétaire général de l’OPEP, Mohammed Barkindo, avait averti, avril dernier, les ministres de l’UE que les sanctions actuelles et futures contre la Russie « pourraient provoquer l’un des pires chocs pétroliers de l’histoire », affirmant qu’il serait impossible de récupérer les volumes perdus dans un tel scénario. Il a souligné que l’embargo occidental sur le pétrole russe et autres restrictions contre des entreprises russe, entraineraient la sortie quotidienne du marché pétrolier mondial, de près de sept millions de barils du brut russe, sans manquer de préciser sur la volatilité actuelle du marché, que celle-ci « est causée par des problèmes non fondamentaux » échappant au contrôle de l’OPEP, invitant les occidentaux, notamment les membres de l’UE, « de préconiser une approche réaliste » de la transition énergétique. Jeudi dernier, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. a fait savoir que l’administration de Joe Biden est en train d’examiner un projet de loi, à présenter au Sénat américain, visant à préparer le terrain pour que Washington puissent « intenter » des poursuites contre l’Opep et donc Opep+, dont la Russie est un acteur pesant, une procédure qui risque, toutefois, de tarder à voir le jour, si ce n’est de ne pas voir le jour du tout.
La responsable américaine, sur cette question, a déclaré aux médias, jeudi dernier, lors d’un point de presse, que « je n’ai pas d’information officielle sur cette législation pour le moment, mais nous pensons que les implications potentielles et les conséquences imprévues de cette législation nécessitent une étude et des délibérations plus approfondies » dira-t-elle. L’UE a déclaré joindre les États-Unis et le Royaume-Uni dans leurs positions communes d’imposer un embargo sur les produits énergétiques russes.
Cependant, contrairement à Washington et Londres, l’Union européenne achète la majorité de ses approvisionnements énergétiques à la Russie, et les experts occidentaux, dont des européens, ne cessent d’avertir sur les conséquences de la rupture de l’approvisionnement du gaz et pétrole russes qu’ils qualifient de « désastreuses ».
Karima B.