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MALGRÉ LA RÉPRESSION À ALGER : Les étudiants ont marché pacifiquement pour la 13e fois

La mobilisation de la communauté estudiantine n’a pas failli à sa 13e marche pacifique de suite. Bien au contraire, elle se poursuit à travers le pays. Toutefois, cette manifestation pacifique a été réprimée par les forces de l’ordre, déployées massivement à travers notamment Alger.

Malgré étant violentés, les étudiants sont sortis en masse, hier, dans de nombreuses régions du pays, pour n’en citer qu’Alger, Oran, Constantine, Mostaganem, Béjaïa, Annaba, Batna, Tizi-Ouzou, Bouira, Sétif, Adrar, Tamanrasset etc. Une action de la communauté estudiantine pour réaffirmer une adhésion et un engagement en faveur de la cause populaire, celle de changer le système politique et l’édification d’un État de Droit. Et cette marche estudiantine a tenu toutes ses promesses, par la mobilisation et la manière pacifique, à travers les quatre coins du pays. À la capitale, elle a été hélas violemment réprimée par la les forces de l’ordre. Ces derniers, fortement déployés et visiblement instruites à l’occasion, ont tout prévu durant la matinée de ce mardi pour empêcher la manifestation de la jeunesse du savoir et de la connaissance.
Malgré la répression, les étudiants, venus par milliers, appuyés par leurs enseignants des différents établissements universitaires d’Alger et de ses environs, ont marqué le coup. Ainsi, bien que plusieurs accès et rues aient été fermés par la police, les étudiants ont pu marcher pacifiquement de la Fac Centrale, jusqu’au Palais du Gouvernement. En effet, alors qu’ils ont, durant leur deux précédentes marches ramadanesques démontré que ni le jeûne, ni la soif et ni le soleil ne sont des empêchement, pour leur 13ème rendez-vous de mobilisation,  durant ce mois sacré, les étudiantes et étudiants, présents en masse, hier, au cœur d’Alger, été confronter à surmonter une nouvelle épreuve:  les matraques des policiers qui n’ont pas hésité à charger les manifestants, les jets de bombe à gaz lacrymogène en plein figure, des bousculades, parfois violentes, chaque fois que les étudiants tentaient de franchir un cordon de police et encore une série d’arrestation musclée.
À chaque fois, en face du dispositif  sécuritaire, les étudiants, armés de courage en face des cordons sécuritaires, clamaient «la khawf la ro3b, echari3 milk echa3b» (vous ne nous faites pas peur, la rue appartient au peuple)», un slogan même qui se veut être une promesse pour prouver qu’ils iront jusqu’au bout de leur action pacifique, et tenir un sit-in devant le Palais du Gouvernement. En réponse à l’appel à la mobilisation lancé comme chaque mardi, sur l’espace Bleu Facebook, par les acteurs de la communauté estudiantine, dans lequel il était question de conquérir de nouveaux espaces et de passer vers de nouveaux itinéraires, pour marcher de la Fac Centrale jusqu’au Palais du Gouvernement.» Une décision précise semble-t-il, à raison que les deux espaces emblématiques du mouvement populaire pacifique ; la Place Maurice Audin et celle de la Grande-Poste, incontournables pour la communauté estudiantine, sont depuis quelques jours bloquées à l’accès des manifestants. Cette assertion se voit confortée d’ailleurs, par le slogan, «Leblad Bladna Wendirou Rayna» (C’est notre pays, et c’est à nous de décider)», scandé par les étudiants après que le cortège, composé de plusieurs milliers d’étudiants et enseignant, s’ébranle du côté de la Fac Centrale, en direction de la Grande-Poste, avec l’hymne national et les applaudissements. Les étudiants ont, tout au long de leur marche pacifique, réitéré « leurs refus et le refus populaire de l’élection présidentielle prévue pour le 4 juillet», et ont exigé « une courte période de transition, sans les figures du système politique en place.» Ils ont forcé plusieurs cordons policiers anti-émeutes, un vrai parcours de combattant pour arriver jusqu’à leur lieu de rassemblement choisi pour la journée de ce mardi, (lieu précité),   plusieurs cordon de policiers anti-émeutes, sous, notons-le, le soutien des familles Algéroises sorties sur les balcons, d’où fusaient les youyous des femmes, en guise de soutien à leur l’action pacifique. Devant le Palais du Gouvernement, les étudiants scandaient “Ou c’est vous ou c’est nous”, ainsi, que des slogans contre le régime et ses symboles, «dégage Bedoui, dégage Bensalah». Il y a lieu de noter que plusieurs malaises ont été enregistrés parmi les étudiants ainsi et une dizaine d’interpellations musclées ont été signalées. Après cette journée, et avec cette nouvelle démonstration de force de leur marche pacifique, les étudiants ont également démontré qu’ils sont effectivement le souffle et cœur battant des marches des vendredis.
Mohamed Amrouni