L’impact sur l’économie nationale à suivre de prés : Le pétrole à son plus bas niveau depuis mars

En attendant la réunion ministérielle de l’Opep, prévue pour la fin de ce mois de juin, à Vienne durant laquelle les pays membres devront examiner les mesures à prendre pour le second semestre de 2019, les prix du pétrole ont connu durant la fin de la semaine une dégringolade.

Ainsi, les prix ont atteint leur plus bas depuis plus de deux mois et demi, sur fonds de tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Mais les frictions politiques dans le golfe Persique, et le dernier coup d’éclat de Donald Trump à l’encontre du Mexique, ainsi que le ralentissement de l’économie chinoise, ont également participé à faire baisser le prix du baril. De ce fait, le Brent, référence pour le pétrole algérien, a dégringolé de 7,15% à 61,70 et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a baissé de 5,46%, à 53,50 dollars le baril. En rien qu’une semaine, la baisse du Brent atteint 10,92%. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a clôturé à 66,87 dollars à Londres, en baisse de 2,58 dollars par rapport à la clôture de mercredi. À New York, le baril de WTI pour la même échéance a abandonné 2,22 dollars à 56,59 dollars. Rappelons que les réserves commerciales américaines de brut ont en effet baissé de 300 000 barils, au moment où les analystes s’attendaient à ce que la production soit établie à 12,3 millions de barils par jour (mbj) en moyenne, égalant son plus haut historique après l’avoir déjà atteint fin avril, selon un rapport de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (AIE) jeudi. Ce n’est pas le seul facteur derrière cette dégringolade. En effet, les tensions entre l’Arabie saoudite, les États-Unis et d’autre part l’Iran sont montées d’un cran depuis un mois, Washington ayant mis fin aux exemptions d’embargo sur les exportations de pétrole iranien le 1er mai et procédé au déploiement d’un nouvel arsenal militaire dans la région. Il y a une quinzaine de jours, quatre navires, dont trois pétroliers, deux des Émirats et un norvégien, ont subi des sabotages dans le détroit d’Ormuz. Une attaque de drones, revendiquée par les Houthis yéménites, a également endommagé un oléoduc saoudien. Sur un autre plan, la question des tarifs douaniers entre les États- Unis et le Mexique a également impacté le prix. Le président américain, Donald Trump, avait annoncé qu’il appliquerait à partir du 10 juin des droits de douane de 5% sur tous les produits importés du Mexique alors que les deux pays étaient sur le point de finaliser le nouvel accord de libre-échange (USMCA). Ces taxes, progressivement relevées, resteraient en vigueur tant que les flux de migrants clandestins traversant le Mexique ne seraient pas stoppés, avait expliqué l’administration Trump. L’annonce pourrait affecter les échanges de brut entre les deux pays, notamment les raffineurs qui importent du pétrole mexicain, et s’ajoute aux inquiétudes sur la demande mondiale dans un contexte de tensions accrues entre Washington et Pékin. « Les raffineurs américains importent environ 680 000 barils de pétrole brut mexicain par jour. La taxe de 5% renchérit de deux millions de dollars le coût de leurs achats quotidiens », ont souligné les analystes. Les États-Unis exportent un million de barils par jour de pétrole brut et de carburants vers le Mexique, plus que vers tout autre pays, selon le département américain de l’Énergie. Les réductions de production de l’Opep et ses alliés adoptées depuis le début de l’année n’ont pas suffi à soutenir les prix du brut ces dernières semaines, qui restent sous pression dans un contexte international particulièrement tendu aux yeux des investisseurs. La question d’un prolongement de ces restrictions sera tranchée lors de la prochaine réunion de l’Opep, qui se tiendra fin juin ou au début du mois de juillet.
Lamia Boufassa