Siège du FFS

LES MEMBRES DU PRÉSIDIUM EN DÉSACCORD MANIFESTE : Le FFS risque une «implosion»

Le Front des forces socialistes est-il au bord de l’implosion ? L’accélération des évènements et l’enfoncement dans la crise interne suggèrent bien de le penser. Dernier épisode : la réunion d’un Conseil national extraordinaire « controversé », tenue vendredi dernier, prévue dans un premier temps au sein du siège national du parti avant qu’elle ne soit tenue dans le siège de la fédération d’Alger, à l’appel de deux membres de l’instance présidentielle ; Hayat Tayati et Sofiane Chouikh. À cette entrevue ont assisté également, Jugurtha Aït Ahmed, fils du défunt fondateur du parti, Hocine Aït Ahmed et aussi des députés et des militants exclus récemment des rangs du parti. Tenant une ligne frontale avec l’autre aile du FFS, représentée par les autres deux membres du Présidium du parti ; Ali Laskri et Mohand Amokrane Cherifi, les tenants de la rencontre de vendredi dernier, suspectés d’avoir des liens avec « le cabinet noir », ont proclamé une série de mesures, dont la suspension du nouveau premier secrétaire, Hakim Belahcel. Selon des connaisseurs de la plus vieille formation de l’opposition en Algérie, la crise au FFS a été aiguisée après que les parlementaires du parti ont refusé de renoncer à leur mandat parlementaire comme l’avait décidé l’Instance présidentielle, dans une action de solidarité avec la mobilisation citoyenne depuis le 22 février dernier.
Si aucun dérapage n’a été enregistré, contrairement au 8 mars dernier, la tension était, cependant, présente. Beaucoup étaient remontés contre ceux qui, à leurs yeux, veulent « saboter » le parti. Mais cette nouvelle séquence traduit, de nouveau, le malaise persistant au sein du plus vieux parti d’opposition. Et comme toujours, les accusations mutuelles se multiplient. Il y a, d’un côté, ceux qui accusent Ali Laskri de manipuler le règlement intérieur en sa faveur, en décidant unilatéralement, sur instigation de Mohand Amokrane Cherifi, du retrait des parlementaires des « instances illégitimes et impopulaires » du régime et, de l’autre, ceux qui voient, dans les agissements de ceux qui plaident pour la tenue d’un conseil national extraordinaire, la main du « cabinet noir » écarté lors du congrès extraordinaire d’avril 2018. Selon des militants du FFS, on reproche à Ali Laskri, au-delà des « violations » des statuts, selon eux, des manœuvres pour le contrôle de l’appareil, d’où « son forcing pour le retrait des parlementaires », misant sur la sympathie à engranger auprès des militants et, au-delà, auprès du peuple algérien. Dans un communiqué publié samedi dernier, le FFS a infirmé qu’ « aucun Conseil national extraordinaire statutaire et réglementaire ne s’est tenu les 22 et 23 mars 2019 à Alger », rappelant que « la seule session extraordinaire du Conseil national, convoqué légalement et officiellement, est celle arrêtée pour le samedi 13 avril 2019 prochain ». « Nous dénonçons la création d’autres pages et sites d’information portant le sigle du FFS afin de provoquer la confusion », a ajouté le communiqué, signé par le premier secrétaire du FFS, Hakim Belahcel, soulignant que « cet acte, que nous jugeons criminel et de mafieux, entrainera immanquablement ses auteurs devant les tribunaux ».
Il faut rappeler que cette crise au sein du FFS a eu comme conséquence l’éloignement et la marginalisation du FFS des débats et actions entreprises jusqu’à présent par les autres formations de l’opposition. Comme l’exprime si bien ses rares sorties médiatiques dans un paysage assez agité à cause de la mobilisation citoyenne. Les militants du FFS haussent les épaules, ne comprenant plus pourquoi ce retard de réaction de la part d’un parti qui était toujours à l’avant-garde.
Hamid Mecheri