IMPORTATION DE BLÉ

IMPORTATION DE BLÉ TENDRE RUSSE : L’Algérie reçoit un premier lot d’essai

Dans sa démarche de diversification de ses fournisseurs en blé, l’Algérie vient de recevoir le premier lot d’essai de 22 tonnes de blé russe. C’est ce qu’a fait savoir, jeudi dernier sur son site, la Direction de surveillance du ministère russe de l’Agriculture, Rosselkhoznadzor, qui souligne que le pays espère obtenir un assouplissement de la réglementation sur les grains punaisés des céréales.
Une fois arrivé, le blé russe sera soumis à un contrôle afin de vérifier s’il est conforme à la réglementation sur les grains punaisés des céréales (à hauteur de 0,1% maximum du total) en vigueur en Algérie. Dans ce sens, Rosselkhoznadzor indique qu’après ces examens, les autorités algériennes pourront considérer la question de l’assouplissement des exigences concernant le blé russe. Selon Rosselkhoznadzor, l’Algérie est extrêmement intéressée par l’importation de blé russe, soulignant que la France reste le seul acteur sur le marché algérien du blé depuis l’indépendance en 1962. La même source rappelle qu’en octobre dernier, une délégation algérienne était partie à Moscou pour examiner les possibilités d’importation du blé russe et pour obtenir des échantillons de ce produit afin de les soumettre à une analyse. Il convient de noter que depuis cinq ans, l’agriculture russe a vu une augmentation importante de son volume de production céréalière. En 2017, elle a récolté 135 millions de tonnes de céréales, battant ainsi le record de l’ex-URSS de 1978: 127,4 millions de tonnes. En 2018, la récolte de céréales a atteint 112,8 millions de tonnes, dont 72,07 millions de tonnes de blé. Selon le ministère russe de l’Agriculture, le pays a augmenté, début février, ses exportations de céréales de 3% par rapport au début de la saison. De 11%, les ventes de blé sont passées à 27,3%. Pour rappel, au cours des derniers mois, le débat s’est enflé après que l’Algérie a affirmé sa volonté de diversifier ses fournisseurs en blé. La Russie avait annoncé, à la presse en octobre dernier, qu’elle serait à la tête des futurs fournisseurs de l’Algérie. Autrement, la démarche de l’Algérie a pour objectif de sortir de sa dépendance vis-à-vis du fournisseur français. Des négociations avec les autorités russes ont été initiées par le ministère de l’Agriculture concernant l’importation de ce produit. Kamel Fernah, directeur central au sein du ministère de l’Agriculture, avait confirmé l’existence de négociations avec la Russie concernant l’importation de blé tendre russe.
L’Algérie avait déjà sollicité l’Allemagne, la Pologne et le Canada pour sécuriser ses approvisionnements. Malgré ces tentatives de diversification, la France est restée, toutefois, le principal fournisseur de l’Algérie avec, au tableau, des importations estimées annuellement à près de 1 milliard de dollars, suivie du Canada (354,5 millions de dollars) et de l’Allemagne (24 millions de dollars), selon les statistiques du commerce extérieur pour l’exercice 2016. L’Algérie, dépendante des importations pour le blé tendre, importe annuellement l’équivalent de 7 millions de tonnes.
Ania Nait Chalal