NAHD-ASAM

Le rideau devrait tomber le 26 mai prochain sur le championnat de Ligue 1 : Haro sur la violence et les magouilleurs

Deux faits majeurs. Il y en aura d’autres. Peut-être plus graves encore. Match NAHD- AS Aïn-M’lila. Score nul (1-1) à l’arrivée et forts soupçons d’arrangement. Le coach husseindéen ne dit pas le contraire. Au contraire, il dit qu’«il se pourrait que…» Qui et comment ? Tout le monde aura compris. Une semaine auparavant, le MC Saida, qui lutte pour le maintien, s’en va tenir en échec le leader Magra de L2 sur son vieillot terrain. Réaction violente des fans locaux, de nombreux blessés parmi les visiteurs et des traumatismes certains. Des scènes d’une rare violence et des images qui en disent long sur les mentalités en cours. Magouilles, violences multiformes. Cela va de pair. Pendant ce temps, le «Hirak…»

Entre traquenards et argent sale
La fin de saison est là. Les verdicts aussi. Tout aussi surement que la violence et les rumeurs persistantes sur un système de combines bien organisé. Le décor est planté, les peurs vives et va pour de longues veillées d’armes que le football algérien, déjà au creux de la vague et donnant le mauvais exemple, aurait bien pu ne pas devoir à nouveau conjuguer à tous les tons. Rebonjour quoi? Des matches à couteaux tirés (c’est le terme qui sied le plus à des parties de pousse-ballon sentant la magouille à mille lieux à la ronde et se terminant en queue de poisson pour ne pas dire dans la pagaille, le sang) et des dégâts bien évidemment. Ils sont là. Omniprésents. à faire la pluie et le beau temps. La pluie, surtout, en assombrissant, chaque week-end (de préférence heurté et les exemples de débordements violents ne manquant pas à l’arrivée de chaque match à «enjeu») que Dieu fait, des décors hideux donnant à nos championnats des relents de batailles rangées, de guéguerres n’en finissant pas de ternir, toujours un peu plus, une image singulièrement écornée. à décider du sort de compétitions n’intéressant presque plus personne, mis à part peut-être ceux tirant les ficelles d’un étrange marché de dupes, mais toutefois juteux. Où il y a naturellement à boire et manger. Où tous les coups sont permis. Qui veut que tout le monde achète tout le monde, tout le monde tire sur tout le monde et agresse tout le monde. Un marché où tout le monde lave plus blanc que blanc. Montre patte blanche. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil également ? Il y a tout lieu de le croire. Surtout que les règles d’un jeu malsain sont désormais claires, ceux qui savent vendre et acheter, faire monter la pression et les enchères, user de la menace permanente et du muscle, demeurant les seuls vainqueurs. Ceux par qui les titres, les accessions et les relégations sont décidées à l’ombre de magouilles que pratiquement tout le monde dénonce non sans reconnaître que tout le monde en use. à ciel ouvert. Au su et au vu de tout ce beau monde dont le culot est poussé à l’extrême, sans risque d’en répondre devant les juridictions compétentes, sans crainte aucune de poursuites, en s’exprimant publiquement sur un sujet qui ne fâche malheureusement plus et n’émeut plus personne, les plateaux de TV, complaisants (entre le soin particulier mis à soigner son audimat et les desseins inavoués de leurs auteurs) s’ouvrant, à des heures de grande audience, à de drôles de personnages venus pour «soulager leur conscience» en reconnaissant leur participation active à un milieu mafieux coupable de dérives parfois, pour ne pas dire souvent, sanglantes. Toute honte bue. Sans crainte d’en payer les conséquences devant les tribunaux de la République.

«Happy» quoi ?
Dans notre football, au temps du «Hirak» populaire et son caractère pacifique (une leçon de civisme assénée chaque vendredi, un jour de prière que des saisons entières de championnats transformées en jeu de massacre et de combines que notre religion réprouve pourtant, par des millions de citoyens auxquels le monde entier tire chapeau bas), les temps (sales on le souligne), comme à l’arrivée de chaque fin d’exercice, sont aux faiseurs de miracles et aux rois des coulisses. Des champions de la triche et de la violence s’imposant en maîtres à l’heure des cérémonies de remise des prix et des sanctions. Rarement, sinon jamais frappés du sceau du respect des règlements. La loi, on ne connaît pas. Cette semaine, la Ligue de football professionnelle (LFP) de Medouar, qui annonçait pour sa part au passage et en «off» son intention de se retirer des affaires (une mission pas de tout repos) en remettant son mandat dès la fin de saison, fixait (si tout va bien, la programmation respectée ce qui n’a pas été souvent le cas encore une fois) la date du 26 mai prochain comme le «happy-end» (on voudrait bien le croire, «happy» en anglais voulant dire, si on ne se trompe pas, fin heureuse) d’une compétition marquée, comme tout le monde le craignait au coup d’envoi de septembre, par d’innombrables reports auxquels il faut ajouter- c’est la règle maintenant- nombre de rencontres conclues, quand elles sont allées à leur terme, sur des bilans macabres marqués par des actes de violence inouïs et des blessés rejoignant ainsi dans le livre de nos records, des dérives ayant la peau dure où apparaît en gros plan, comme pour narguer les amoureux du beau jeu, cette pratique nommée combine qui n’a cure des dénonciations, les mauvais génies d’un jeu à la source de bien de nos craintes, de drames mêmes, restant incontournables à la conclusion de parodies de football à oublier. La corruption (lire la combine, payée chèrement, avec l’argent du contribuable) et la violence, inévitable à ce stade (même si des actes graves se succèdent dès le début de saison entraînant avec eux leur lot de blessés et atteintes à l’ordre public et dégradations des biens) s’imposent en acteurs majeurs. Le 26 Mai. Une date à retenir ou à oublier, c’est selon. Le 26 du même mois, vingt jours se seront écoulés depuis l’arrivée du mois sacré du Ramadhan. Dans l’intervalle, quatre des cinq journées (sans compter la coupe d’Algérie) menant aux vacances. Jamais méritées pour des joueurs touchant le gros lot (des salaires à faire pâlir d’envie) et curieusement sans trop de mérites. Avares en spectacle et sans le niveau requis pour pouvoir emballer des matches frôlant en majorité le ridicule.

Cinq raisons de plus pour craindre le pire
Quatre sur cinq étapes (attention, dangers, au pluriel, garantis) à déconseiller au public car ouvertes (on parie) sur le pire, avec des joueurs qu’on imagine dès maintenant sur les nerfs, et difficilement contrôlables en raison (c’est de tradition chez nous, malheureusement, en nous offrant des scènes surréalistes) d’un jeûne mal assumé. Le 26 mai (en principe, car des surprises restent à prévoir) , on connaîtra les noms des heureux «lauréats» à tous les niveaux d’une «performance» dévoyée, ceux qui mettront le prix l’emporteront sans coup férir. Tout aussi sûrement que les malheureux recalés ou ceux qui auront échoué à cette fameuse bourse des valeurs à coups de dinars certes toujours en forte dépression mais faisant tourner les têtes, ne manqueront pas de crier au loup. L’Aïd et ses fêtes (on va bien sûr s’embrasser entre frères de religion en attendant la 1ère occasion pour se frotter comme il faut, comme on sait maintenant le faire à l’occasion d’un simple match) sont encore loin. Entre temps, c’est presque assommés, qu’on nous conviera à cette autre spéciale «fête» du football à l’algérienne où ce n’est pas toujours les meilleurs qui émergent du lot. Au stade du «20 aout» à Alger, le NAHD laissait dernièrement de précieux points sur la route du podium dans une partie morne à en mourir devant un client m’lili qui a su user d’arguments convaincants (les mordus du onze banlieusard de la capitale soupçonnent néanmoins, allez savoir pourquoi, leurs favoris d’avoir levé le pied, ce que Lacète, en entraîneur courageux confirme à demi-mots) pour s’assurer le point du nul mais alimente, bien malgré lui, la chronique de cette tare qu’est et reste la corruption dans notre football. Dans la très exigüe enceinte de la ville de Magra (par quel subterfuge –mystère et boule de gomme- la commission d’homologation dépêchée sur place par la Faf a réservé son quitus) un mélodrame a été offert une semaine auparavant au public présent (auquel beaucoup on participé en réservant un accueil sorti droit des films d’horreur à un invité Saïdi coupable d’avoir joué le jeu à fond en partageant les points de la parité) sous forme d’agressions physiques à vous couper l’envie, pour de bon, de mettre un pied dans nos si désuets et infréquentables stades transformés au fil des ans en véritables coupe-gorges.
La suite, on la connaît. De lourdes sanctions sur un air de victimisation pour Magra qui crie à la «hogra» et au coup monté. «Drebni webka sbek lelkadhi wech ka.» On connaît la chanson. Où il est question de tout se permettre. Le temps, vraiment, de se permettre d’appeler au boycott de toutes les compétitions. Il y va de la vie d’autrui, de la sécurité publique et de la probité d’une justice à revoir. Le foot, vitrine parmi les vitrines d’un système unanimement rejeté pourtant, est là pour en dire l’urgence. Absolue. Absolument. D’autres raisons pour craindre que le pire est toujours devant nous..?
Azouaou Aghilas