Le projet délocalisé vers Tafraoui à Oran : Le bout du tunnel pour l’usine Peugeot Algérie ?

Après l’avalanche des critiques suscitées par le choix de l’assiette foncière sur laquelle devait être construite l’usine de Peugeot Algérie, le ministère de l’Industrie et des Mines, aurait finalement décidé de délocaliser le projet vers la région de Tafraoui, dans la wilaya d’Oran. C’est ce qu’a rapporté, hier, le site d’information TSA.
Ainsi, le futur projet qui devait être érigé à El Hamoul dans la commune d’El Kerma au sud d’Oran a été délocalisé vers un nouveau terrain situé à une dizaine de kilomètres au sud de la localité d’El Hamoul. Selon les explications fournies par le site électronique, la nouvelle assiette foncière s’étale sur une superficie de 160 hectares a été acceptée par Peugeot-Citroën production Algérie.
Tandis que le lancement des travaux de réalisation devait avoir lieu au mois d’avril dernier, une polémique a pris naissance, au même moment et a fait, un effet de boule de neige. À l’origine, l’un des propriétaires de l’assiette foncière devant accueillir l’usine Peugeot, s’exprimant dans une vidéo sur le Net, a refusé de céder son terrain et a fait appel à la préservation des terres à vocation agricole. Convaincu d’être victime d’une injustice, l’agriculteur, avait lancé un appel pressant aux plus hautes autorités de l’État afin qu’elles interviennent pour lui rendre son dû. Son appel avait défrayé vite la toile et a poussé les hauts responsables à réagir. En effet, de nombreuses réactions ont suivi dont celle du Premier ministre Ahmed Ouyahia, avait précisé que « le terrain n’est pas agricole ». Le chef de l’exécutif avait, de même rassuré que « classification des terres se fait par une commission dirigée par le Premier ministre selon le critère de la productivité ». Pour sa part, le ministre de la Justice Tayeb Louh avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur le dossier, qualifiant de « crime grave » l’atteinte aux terres agricoles. C’est le cas notamment du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nourredine Bedoui qui avait instruit les walis de ne plus céder « des terres agricoles au profit des projets de construction des édifices publics».
De son côté, le directeur du groupe PSA pour la zone Afrique et Moyen-Orient, Jean-Christophe Quemard avait minimisé la polémique en précisant que « le terrain a été affecté de façon réglementaire ». Tout en indiquant que 18 autres agriculteurs avaient accepté les conditions d’indemnisation, le responsable avait accusé, sans citer, des parties qui seraient derrière le blocage du projet, et lesquelles «ont intérêt à ce que les choses ne se passent pas bien».
Pour rappel, le protocole d’accord portant réalisation de l’usine Peugeot-Citroën Production Algérie pour un investissement de 100 millions d’euros a été signé en novembre 2017 selon la règle 51/49%. La part revenant à l’Algérie est répartie entre le groupe de l’Entreprise nationale de production de machines industrielles de Constantine (20%), Condor (15,5%) et la société pharmaceutique Palpa Pro (15,5%).
Lamia Boufassa