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L’ALGÉRIE REJETTE  « TOUT CHANGEMENT ANTICONSTITUTIONNEL DE GOUVERNEMENT » : Le Mali plongé dans l’incertitude

En moins de 24 heures, le Mali bascule vers un vide politique et constitutionnel sur fond d’incertitudes, avec la démission forcée du désormais ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, son gouvernement et la dissolution du Parlement. Un énième coup de force de militaires qui rappelle un premier opéré en 2012. L’absence d’institutions a d’ailleurs laissé place à des interventions étrangères, pour ne citer que la France, à travers les opérations Serval et Épervier ou encore Barkhane. À présent, ce développement périlleux de la situation au Mali laisse le champ libre à d’autres ingérences aussi bien qu’aux groupes terroristes qui pullulent dans la bande frontalière de notre voisin du Sud.
En effet, le coup est parti ce jour de mardi 18 août, lorsque des militaires se sont mutinés dans le campement de Kadi, situé près de la capitale, Bamako. Les militaires mécontents ont tiré plusieurs coups de feu dans l’air, sans qu’il y ait des indices qui pourraient expliquer la raison.
Mais, la suite des incidents explique les dessous d’une manœuvre qui allait faire tomber IBK, son Premier ministre et plusieurs autres responsables du gouvernement malien, tous arrêtés par une garnison de soldats révoltés. Au soir de cette journée sombre, qui rappelle le premier coup de force mené en 2012 et à l’origine de la chute de Amadou Toumani Touré (ancien Président), le deuxième chef de l’État déchu apparait sur l’écran de la télévision publique ‘’ORTM’’, annonce sa démission, lui, son gouvernement, et prononce la dissolution du Parlement. Autrement qu’il laisse derrière lui un vide politique et constitutionnel- pour le moins périlleux à considérer ses conséquences dans un pays instable déjà sur le plan sécuritaire- désormais « comblé » par les militaires maliens. Le lendemain matin, les militaires « putschistes » annoncent la mise en place d’une instance de transition intitulée Comité national pour le salut du peuple, et à travers laquelle ils appellent à une « transition politique civile » menant à l’organisation d’élections. Autant dire, la situation n’augure rien de bon et pour le Mali et son peuple ainsi que pour la situation régionale en générale dont l’impact sur la sécurité aux niveaux des frontières Sud de l’Algérie risque de s’accentuer. Notre pays, qui a initié le dialogue politique inter-malien et ayant abouti à la signature des Accords d’Alger entre mai et juin 2015, continue à prôner la solution politique et pacifique malgré la mainmise militaire des puissances occidentales sur le sol malien.
Farid G.

L’Algérie ou l’appel à l’ordre constitutionnel
En réaction aux développements graves de la situation au Mali, l’Algérie a réitéré, hier, son « ferme rejet » de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement au Mali, affirmant que la doctrine de l’Union Africaine en matière de respect de l’ordre constitutionnel ne « peut faire l’objet d’aucune violation ».
« L’Algérie réitère son ferme rejet de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement, conformément aux instruments pertinents de l’Union Africaine, en particulier la Déclaration d’Alger de 1999 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007″, indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Et d’affirmer que  » la doctrine de l’Union Africaine en matière de respect de l’ordre constitutionnel ne peut faire l’objet d’aucune violation ».
L’Algérie qui dit suivre avec « une très grande préoccupation la situation prévalant au Mali, pays frère et voisin » appelle  » toutes les parties au respect de l’ordre constitutionnel et au retour à la raison pour une sortie de crise rapide ».
Elle rappelle, à cet égard, que « seules les urnes constituent la voie pour l’accession au pouvoir et à la légitimité ».
R. N.

Le Mali suspendu de l’UA
L’Union africaine (UA) a suspendu, hier, le Mali, après le changement anticonstitutionnel de gouvernement opéré mardi par les militaires, demandant la libération du président Ibrahim Boubacar Keita.
L’UA « suspend le Mali de l’Union africaine jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel et demande la libération du président Boubacar Keita, du Premier ministre et des autres responsables du gouvernement arrêtés par la force par l’armée », a indiqué le Conseil paix et sécurité de l’UA sur Twitter.
R. I./Agences