Ikhlidjen

Incendies 2021 : Ikhlidjen (Tizi Ouzou) tente encore de panser ses blessures

Un an après les incendies meurtriers du mois d’août 2021 ayant fait près d’une centaine de morts entre citoyens et militaires, les habitants du village Ikhlidjen, dans la commune de Larbaa N’Ath Irathen, au centre-est de Tizi-Ouzou, tentent encore de se remettre de leurs blessures indélébiles, tant physiques que psychologiques, a-t-on constaté mardi.

Les séquelles du déluge de feux qui s’est abattu sur cette région le 10 août et ayant ravagé 33 communes de la wilaya, sont toujours visibles au sein de ce village qui a perdu au moins 22 de ses enfants, dont 9 femmes, lors du sinistre. Que ce soit sur les corps des brûlés rescapés, dans les yeux des femmes en larmes, les regards craintifs et interrogatifs des enfants qui ont perdu un être cher, ou à travers le paysage environnant qui reprend doucement vie, tout rappelle l’ampleur du drame vécu par la population.
à l’occasion du premier anniversaire de ces incendies, et afin de rappeler la présence et la solidarité de l’Etat avec les victimes des incendies, le wali Djilali Doumi, accompagné des responsables locaux des trois corps de sécurité, d e membres de l’exécutif et d’élus, à leur tête le président de l’assemblée populaire de wilaya Mohamed Klaleche, s’est rendu à Ikhlidjen, le village le plus meurtri, pour rendre visite aux blessés.
La visite a débuté par un recueillement à la mémoire de 22 victimes des incendies du hameau d’Agoulmime, un des quatre hameaux d’Ikhlidjen, le village de Tizi Ouzou qui a déploré le plus grand nombre de victimes des incendies de l’été 2021. Quatre avaient succombé à leurs brûlures graves entre le 14 août et le 22 septembre 2021, selon le mémorial érigé au niveau du cimetière. Le wali a rendu visite ensuite aux familles des blessés dont trois viennent juste de rentrer en Algérie après des soins de près d’une année en Turquie, pays vers lequel les brûlés des incendies de l’été 2021 avaient été envoyés sur décision du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, pour y être soignés.
Il s’agit de Loumi Hakim (62 ans), Ighmouracene Maylis (5 ans) et sa sœur Aline (7 ans), brulées aux bras et aux jambes. La plus jeune n’a pu retenir ses larmes visiblement encore sous le choc, avant d’être rassurée par sa grand-mère. Le wali a aussi rendu visite à Ikhlef Mohand Oulhocine, (19 ans) qui est rentré de Turquie il y a deux jours, après avoir terminé ses soins. Gravement brûlé aux bras, au dos et aux oreilles, le jeune semble porter un lourd fardeau psychologique. « Vghigh Adhahlough » (je veux guérir), a-t-il déclaré à la délégation.
Dans une autre maison, Bensalem Abdellah, âgé de 15 ans, a perdu un an de sa scolarité, en raison de soins qu’il a dû suivre. « Un retard qui sera rattrapé », a assuré le wali qui s’est ensuite rendu chez Dahoune Aziz (36 ans), lui aussi gravement brûlé notamment au niveau d’une main qu’il ne peut désormais utiliser. Des cadeaux symboliques ont été remis aux blessés pour rappeler le soutien de l’Etat et sa disponibilité à les accompagner jusqu’à leur rétablissement total, selon les propos du wali.
Le même responsable a observé que « la blessure causée par les incendies chez toute la population est toujours vivante », et indiqué concernant les blessés lourds soignés en Algérie et pris en charge en Turquie, que « les soins se poursuivent ». « Il s’agit de cas assez lourds. Aujourd’hui ce qui a été traité, c’est les brûlures. La prise en charge en matière de rééducation des brûlés dont des membres, notamment les mains, ont été touchés, doit être soutenue afin qu’ils puissent reprendre une vie normale », a-t-il dit.