Les « six » et les 4 questions

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Tout ou presque, a été dit sur le déclenchement de la Guerre de libération nationale. Il ne reste, en apparence, que quelques « petits » détails qui sont en réalité stratégiquement très importants. Ce soir à minuit, nous célébrerons le 72ème anniversaire du début de la reconquête de notre patrie, l’Algérie. C’est en effet dans la nuit du 31 octobre au 1er Novembre 1954 que les premiers moudjahidine ont mené, simultanément et sur l’ensemble du territoire, des actions armées. À l’époque, François Mitterrand qui était ministre de l’Intérieur, venait de rentrer à Paris après une visite « d’inspection » en Algérie. Ni lui, ni personne ne pouvait se douter de quoi que ce soit. L’Algérie était colonisée depuis plus d’un siècle. Bien que les résistances algériennes n’avaient jamais cessé, toutes ont été réprimées sauvagement. Les dirigeants français étaient loin, très loin de penser au génie des concepteurs de ce soulèvement pas comme les autres. Il faut signaler que le 1er Novembre était l’aboutissement d’une minutieuse préparation. La première réunion dite des 22, tenue le 24 juin 1954 à El-Madania (ex-clos salembier) a décidé le passage à l’action armée. Elle a également procédé à la désignation des six membres chargés de préparer et diriger, collégialement (confirmée publiquement par la photo des six), la lutte armée. Bref, ce sont les six Chefs de la révolution qui ont décidé, lors de leur réunion du 23 octobre 1954 à Raïs Hamidou (ex : pointe pescade), de la date du 1er Novembre ainsi que du message destiné à la population algérienne et à l’opinion internationale. Il faut reconnaître que le défi était de taille. La portée nationale de la reconquête fut exprimée par les multiples et simultanés points d’action armée à travers le territoire national. En second lieu se posait la question de l’armement. Il fallait le prendre à l’ennemi en attendant de le compléter après le rayonnement de la révolution armée sur la scène internationale. En effet et dès le 18 avril 1955 une délégation du FLN conduite par Hocine Aït Ahmed a participé à la conférence, afro-asiatique, de Bandung en Indonésie. Ensuite, il leur fallait choisir une date du déclenchement. Ce fut le 1er Novembre. Pourquoi ? D’abord, en France c’est un jour férié. De plus, cette année-là c’était un lundi. Cela se traduisait par un week-end où le samedi on fait la fête sachant que la nuit de dimanche à lundi on pouvait se reposer et récupérer. C’est-à-dire, mettre de son côté une précieuse donnée du potentiel relâchement de la vigilance coloniale. Ce qui a merveilleusement bien fonctionné. Le quatrième point important était celui des effectifs à aligner face aux forces militaires françaises. Le chahid Larbi Ben M’Hidi l’a expliqué aux journalistes au lendemain de son arrestation : « mettez la révolution dans la rue et le peuple l’adoptera ! ». Ce qui fut le cas. Les moudjahidine de 1954 sont vite devenus une véritable Armée de libération nationale. De quoi être très fiers et éternellement reconnaissants à nos valeureux chouhada et moudjahidine !
Zouhir Mebarki