L’ascension fulgurante de la droite et de ses extrêmes un peu partout dans le monde ces dernières années, avec en filigrane une montée inquiétante du sentiment contre les étrangers qui se nourrit de l’idéologie suprémaciste, a fait craindre un basculement dangereux vers un monde plus injuste où le droit international n’aura plus droit de cité et où le fossé se creuse davantage entre les couches sociales et le monde des riches et des classes. Un peu partout en Europe, en Asie et en Amérique latine, la montée de l’extrême droite ravive le sentiment d’injustice à l’égard des plus faibles avec, au fond, le système du multilatéralisme qui prendrait un sacré coup. On l’a vu durant les récentes Assemblées générales des Nations unies. Autrement dit, comment le système onusien commence à perdre du terrain pour céder à des forces égoïstes et ultranationalistes qui agissent en brandissant la loi de la jungle. Sauf que depuis quelques mois, l’espoir du retour des forces de gauche et progressistes commence à faire parler à travers plusieurs pays, comme venait à le confirmer la réélection du président brésilien sortant, le très à gauche et très populaire Lula da Silva. Il a déjoué tous les pronostics. Après un premier tour serré, Lula a remporté le second tour avec près de 51,8 % des voix contre son rival de l’extrême droite, Jair Bolsonaro, qui n’est autre que le fils de l’ancien président qui purge une peine de 27 ans de prison. La victoire de Lula lui confère ainsi un quatrième mandat inédit à la tête du géant d’Amérique du Sud. Personne ou presque n’aura cru en sa victoire sachant la montée de l’extrême droite et des conservateurs, sous l’impulsion des États-Unis de Donald Trump, des pays latinos, notamment l’Argentine, le Salvador, le Chili, la Colombie, le Pérou. En Europe aussi, notamment en Espagne, en Italie, et en France (lors des dernières législatives), ou encore en Allemagne et en Belgique, l’ascension du sentiment raciste dans les milieux politiques a, semble-t-il, encouragé la lutte des classes sociales avec, comme exemple édifiant, les manifestations populaires en France qui portent l’empreinte de la gauche. Pour l’Espagne, l’espoir d’une percée de la gauche menée par Pedro Sanchez lors des prochaines législatives reste intact. C’est à fortiori que la poussée des manifestations continue pour toucher quasiment toute l’Europe. Aux dernières nouvelles, en Serbie, la victoire historique du mouvement étudiant et de la société civile, mettant ainsi fin au régime à droite d’Aleksandar Vučić, nourrit l’espoir du retour de la gauche.
Farid Guellil






