LE MINISTÈRE MALIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DEPUIS MOSCOU :  « Alger et Bamako ont décidé de dépasser la période d’incompréhension »

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Dans une interview exclusive à RT en français, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a affirmé qu’Alger et Bamako ont décidé de dépasser la période d’incompréhension et d’ouvrir une nouvelle page dans leurs relations bilatérales qui s’inscrivent dans le cadre de la coopération, le respect de la souveraineté, la non- ingérence et la sécurité régionale.
Il faut souligner que cette sortie de Abdoulaye Diop, en marge du Sommet Russie – Afrique, qui s’est tenu à Moscou, et auquel le Mali et l’Algérie ont participé, est intervenue dans le contexte du déploiement militaire de l’ANP au Niger pour protéger les intérêts énergétiques communs aux deux pays. Elle traduit la volonté d’Alger et de Bamako de reprendre le dialogue et la consolidation des relations bilatérales et celles de l’Algérie avec les pays de l’AES (alliance des Etats du Sahel + Mali, Niger et Burkina Faso+), pour faire face aux défis auxquels sont confrontés les peuples de cette région du continent africain.
Le ministre malien Abdoulaye Diop a rappelé l’importance des relations fraternelles entre les peuples des deux pays affirmant : « je dois dire que l’Algérie et le Mali sont des pays voisins, unis par une géographie, mais aussi par l’histoire et beaucoup de facteurs ».  Les relations avec l’Algérie ont connu une période de tension après le retrait des nouvelles autorités de Bamako de l’accord de paix d’Alger qui avait mis fin à plusieurs épisodes de guerre fratricides dans le nord du Mali, et après l’affaire du drone malien abattu par l’armée algérienne alors qu’il avait franchi l’espace aérien algérien. Depuis, les relations se sont apaisées et Alger et Bamako conscientes des dangers que représentent les ingérences étrangères dans les affaires intérieures des peuples de la région, ont décidé de reprendre les relations par le retour des ambassadeurs des deux pays à leurs postes respectifs et de renouer le dialogue politique pour faire face aux manipulations des ennemis communs. Les tensions sécuritaires aux frontières, les alliances contre nature conclues entre un acteur de la région notoirement hostile, pour ne pas nommer le Makhzen, et des forces étrangères à la région (le clan libyen de Haftar, Israël et les Émirats), ont poussé les autorités des deux pays à conjuguer leurs efforts pour faire face à toutes les menaces.
Abdoulaye Diop a rappelé que, dès les premiers mois qui ont suivi l’accession à l’indépendance, la jeune République du Mali avait soutenu la lutte de libération de l’Algérie, et que la ville de Gao, au nord du Mali, avait abrité le quartier général du Front de libération nationale. Tout en reconnaissant l’existence de divergences récentes, le ministre a insisté sur la volonté des présidents malien et algérien, Assimi Goïta et Abdelmadjid Tebboune, de « tourner la page d’incompréhension et d’ouvrir un nouveau chapitre dans leurs rapports bilatéraux. La nouvelle étape, selon lui, est « fondée sur le respect de la souveraineté de nos pays, sur le respect mutuel que nous devons en tant que pays, en tant que nation, sur aussi la non-ingérence dans les affaires intérieures de l’autre pays », a-t-il souligné.
Diop a estimé que les deux pays partagent aussi la détermination d’œuvrer ensemble « pour la paix, la stabilité et la sécurité de notre région pour pouvoir contrer toutes les menaces, dont le terrorisme, qui s’oppose à cet espace-là ». Il s’est montré convaincu que les deux pays sont capables d’agir « main dans la main, dans la sincérité, dans le respect mutuel », afin de faire face aux différents défis et de permettre au peuple malien et au peuple algérien de « vivre dans un espace sécurisé, mais aussi dans un espace où la prospérité sera partagée entre tous les enfants de cet espace ». Il faut préciser dans ce contexte que l’Algérie, grâce à une diplomatie éclairée a su déjouer le piège de l’isolement dans lequel voulaient l’enfermer ses ennemis et les parties hostiles, en créant des clivages avec ses voisins, les pays de la région du Sahel. Aujourd’hui ses relations avec le Mali ont repris de plus belle, la coopération, notamment sécuritaire avec le Niger a connu un nouvel élan avec l’envoi d’une escadrille de chasseurs bombardiers pour faire échouer la tentative de coup d’état dans ce pays et par l’envoi d’un contingent de l’ANP pour épauler l’armée nigérienne dans sa lutte contre le terrorisme islamiste alimenté par des parties étrangères. Les relations avec le Burkina Faso connaissent la même dynamique de relance, note-t-on.
Slimane B.