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Il espère encore que des « instances de transition crédibles » lui permettront de prendre un pouvoir que les urnes et la démocratie lui refusent : Le rêve éveillé du RCD

Ce parti, que le temps n’a pas bonifié, mais plutôt aigri, a définitivement désespéré de prendre un jour le pouvoir démocratiquement par la voie des urnes. Alors, accroché au « hirak », ce qu’il en reste du moins, à l’image d’une quelconque épave flottant au milieu de nulle part, il persiste à prendre ses rêves fous pour de la réalité.

Pour preuve, le dernier communiqué de l’instance dirigeante du parti de Mohcine Bellabas en est la parfaite illustration. Entièrement détaché de la réalité, carrément surréaliste, le document en question ne craint pas de couvrir de ridicule son auteur en osant y évoquer une « instance de transition ». Oser s’exprimer de la sorte, alors que l’Algérie a élu à sa tête un président depuis le mois de décembre passé, revient carrément à adopter ce comportement puéril de nos quartiers d’enfance : si je ne joue pas, je gâche la partie ». Au reste, le RCD n’en est pas à un essai (raté) près. Son ancien président, qui vit désormais en France, qui avait indiqué un jour s’être trompé de société, et qui était allé jusqu’à déployer un drapeau noir (de pirates ?) au-dessus du siège de son parti, avait déjà tenté de récupérer à son compte les fameux « printemps arabes ». Ses pathétiques « marches du samedi » auxquelles personne ne participait – même pas lui à la fin- ont montré à quel point l’absence d’un véritable ancrage au sein de la société peut pousser certains à rechercher un pouvoir que vous refuse inexorablement la voie normale et démocratique des urnes. voilà pourquoi le RCD s’éloigne diablement du bon sens et perd toute retenue et dignité, en parlant d’instances de transition, alors que la voie constitutionnelle n’a jamais été quittée, et que le pays a librement et démocratiquement élu son président. Si un quelconque doute devait persister concernant les délires de ce parti qui évolue hors du temps et de l’espace, il suffit juste de rajouter ici qu’il interpelle aussi « l’état-major de l’armée accusé d’avoir partie liée avec les actuelles joutes politiques. Une pareille sortie médiatique, qui montre à quel point ce parti a fini par s’aigrir au fil du temps, dessert grandement le débat et l’action politique en Algérie. Le RCD, sous la direction d’un homme moins sectaire et moins intolérant que Sadi était surtout attendu sur le débat relatif à la prochaine révision constitutionnelle. L’Algérie a surtout besoin d’avancer, d’aller de l’avant, au lieu de faire du sur-place ou même de se tourner vers le passé. Ce parti vient donc de rater une nouvelle occasion de se taire…
Mohamed Abdoun