Accueil ACTUALITÉ GHAZA : 106 dépouilles exhumées des décombres et enterrées

GHAZA : 106 dépouilles exhumées des décombres et enterrées

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Dans un contexte marqué par les réactions internationales à l’annonce de l’entité sioniste concernant de nouvelles mesures dans le cadre de sa guerre génocidaire contre le peuple palestinien, les habitants de Ghaza continuent de faire face aux conséquences dévastatrices de plusieurs années de bombardements et de destructions.
La ville de Ghaza a été le théâtre, dimanche matin, d’une scène particulièrement poignante. Les Palestiniens y ont accompagné vers leur dernière demeure les dépouilles de 106 martyrs, dont plusieurs avaient été retrouvées sous les décombres de maisons et de bâtiments détruits durant l’agression sioniste contre la bande de Ghaza. Dans le quartier d’Al-Zaytoun, au sud-est de la ville de Ghaza, des familles se sont rassemblées pour rendre un dernier hommage aux victimes. Parmi les cercueils figuraient les dépouilles et les restes de membres des familles Malaka, Rahim, Salmi et Al-Balaawi, récupérés après de longues opérations de recherche menées dans des zones lourdement dévastées. Selon les données locales, environ 70 des martyrs inhumés étaient des enfants, illustrant une nouvelle fois l’ampleur du bilan humain laissé par la guerre dans l’enclave palestinienne.

Ensevelies pendant des années
L’extraction des corps s’est révélée particulièrement difficile. De nombreuses victimes étaient restées ensevelies sous plusieurs couches de gravats depuis la destruction de leurs habitations. L’accès aux zones sinistrées, conjugué au manque d’engins lourds et de moyens techniques, avait empêché les équipes de secours de procéder à leur récupération au moment des bombardements. Au fil du temps, les ruines de nombreuses habitations se sont ainsi transformées en véritables tombes à ciel ouvert, attendant l’arrivée des équipes de la Défense civile. La cérémonie de dimanche intervient alors que les opérations de recherche et d’exhumation se poursuivent dans plusieurs secteurs de la bande de Ghaza. La Défense civile de Ghaza a annoncé samedi le lancement d’une vaste opération visant à récupérer les dépouilles encore ensevelies sous les bâtiments détruits. Les équipes ont notamment entamé leurs opérations au niveau de la « tour des ingénieurs » dans le camp de Nuseirat, ciblée le 2 novembre 2023. Selon le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, cet immeuble de six étages abritait plus de 350 personnes. Les équipes avaient déjà récupéré environ 150 corps lors d’une précédente opération et travaillent désormais à l’extraction de plus de 150 autres dépouilles encore prisonnières des décombres.

Plus de 8 000 corps toujours sous les décombres
Le cas de cet immeuble est loin d’être isolé. La Défense civile estime que plus de 8.000 corps se trouvent encore sous les ruines de bâtiments détruits à travers la bande de Ghaza. Les équipes de secours restent toutefois confrontées à un manque criant d’équipements et d’engins lourds, alors que l’ampleur des destructions complique considérablement les opérations d’extraction. Ainsi, la fin des bombardements ou l’arrêt des combats ne signifie pas nécessairement la fin du calvaire pour les familles. Pour des milliers d’entre elles, la guerre se poursuit sous une autre forme : celle de l’attente d’un corps, d’une dépouille ou du moindre indice permettant de retrouver un proche porté disparu.

Le bilan continue de s’alourdir
Selon les dernières données communiquées par les autorités sanitaires palestiniennes, le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza depuis le 7 octobre 2023 s’élève désormais à 73.651 martyrs et 174.592 blessés. Les hôpitaux de l’enclave ont accueilli au cours des dernières 24 heures 17 blessés, tandis que les opérations d’exhumation continuent de faire apparaître de nouvelles victimes. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le nombre de martyrs arrivés dans les établissements hospitaliers s’élève à 1.344, pour 4.481 blessés, tandis que 826 dépouilles ont été récupérées sous les décombres. Les autorités sanitaires palestiniennes soulignent toutefois que plusieurs victimes demeurent toujours sous les ruines ou dans les rues, les équipes médicales et de la Défense civile étant dans l’incapacité d’accéder à certaines zones pour les secourir ou récupérer les corps.

Un deuil longtemps différé
Pour les familles ayant enfin pu inhumer leurs proches, les funérailles de dimanche ne constituent pas seulement l’ultime étape du deuil. Elles représentent aussi la récupération tardive d’un droit dont elles avaient été privées pendant des mois, voire des années : connaître le sort de leurs proches et disposer d’une tombe où elles puissent se recueillir. Au cours des derniers mois, plusieurs cérémonies collectives ont été organisées à Ghaza après la récupération de dépouilles restées ensevelies pendant de longues périodes. En août dernier, les Palestiniens avaient notamment accompagné les restes de 112 martyrs des familles Al-Hassayneh et Abou Charia, après des opérations de recherche et d’extraction ayant duré 136 heures. Ces scènes de funérailles collectives témoignent ainsi non seulement de l’ampleur des pertes humaines, mais aussi d’une tragédie moins visible : celle de milliers de familles qui attendent encore de pouvoir enterrer leurs morts et de milliers de dépouilles toujours prisonnières des tonnes de gravats. À Ghaza, les martyrs continuent de revenir des décombres, un à un. Pendant ce temps, d’autres familles poursuivent leur attente, espérant retrouver un jour leurs proches et transformer enfin une disparition prolongée en une tombe portant un nom.
M. Seghilani

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