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FUTUR PARLEMENT : Les grands défis du futur Parlement

La future Assemblée populaire nationale, qui verra le jour au lendemain, consacrera, sans nul doute, l’arrivée de nouvelles formations politiques. Les partis de l’ancienne alliance présidentielle, et les grosses cylindrées, FLN-RND, verront leur présence réduite à sa plus petite proportion. Elle verra également l’arrivée d’un fort contingent d’indépendants, ce qui ouvre la voie devant le jeu des alliances pour la constitution de groupes ou pour définir les contours d’une majorité parlementaire.
Mais ce qui retiendra l’attention sera la composition du futur Exécutif. Le Chef de l’État devra choisir, conformément à l’article 91 de la nouvelle Constitution, un Premier ministre après consultation de la majorité parlementaire. Il devra, également conformément à l’article 93, désigner les membres du Gouvernement qui seront forcément issus de cette majorité.
Des partis, comme Jil Jadid, Fadjr Djadid, ou encore une cohorte de formations politiques nées, comme ils se plaisaient à se définir,  des réformes engagées en 2011 par le président déchu Bouteflika, après les « émeutes de l’huile et du sucre», risquent de faire leur entrée dans la Chambre basse du parlement. Cela entrainera automatiquement l’éclipse des partis politiques qui avaient servi de socle aux politiques antisociales et antipopulaires qui avaient profité à une nomenklatura qui avait servi de cours et de soutien à l’ancien Président et son frère. Le mode de vote, adopté pour cette fois, ne leur permettra pas d’user des pratiques qui leur permettaient de faire passer des listes fourre-tout qui avaient valu, notamment à la précédente Assemblée, le vocable réducteur de « parlement des coiffeuses ».
Pour la nouvelle Assemblée, la gageure est grande. Elle doit non seulement tout faire pour rétablir la confiance entre le peuple et ses Institutions mais aussi pour réhabiliter la responsabilité de député élu du peuple pour le contrôle de l’action de l’exécutif et pour porter la voix des électeurs à un niveau central. Écorchée et malmenée, l’image du député se doit d’être réhabilitée et c’est de l’avis d’un grand nombre de citoyens, une mission essentielle de la future chambre basse du parlement.
Le prochain parlement n’aura pas la tâche facile, car son intronisation interviendra dans une conjoncture marquée par une crise économique exacerbée par la pandémie et ses conséquences. Il devra également savoir comment gérer le lourd legs de deux décennies de Bouteflikisme.
Les attentes du peuple sont grandes et les défis à relever sont aussi grands. Et pour garantir les conditions d’une action parlementaire au service du pays et surtout son devenir, les idéologies et les couleurs politiques doivent savoir s’effacer car, au-delà de l’intérêt partisan, c’est tout l’avenir du pays qui se retrouvera entre les mains des futurs députés.
Slimane B.