Ouyahia

ENTENDU PAR LE JUGE D’INSTRUCTION PRÈS LA COUR SUPRÊME : Ouyahia placé sous mandat de dépôt

Alors que leurs noms ont été  cités dans des affaires de corruption, notamment dans le cadre de l’enquête sur l’affaire «Ali Haddad», en compagnie de plusieurs ex-ministres et anciens walis, l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia et l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, ont été placés, hier, sous mandat de dépôt, sur ordre du juge d’instruction de la Cour suprême.

C’est ce qu’à affirmé la Télévision nationale qui ne donne aucun autre détail au sujet des faits qui sont reprochés à celui qui s’est toujours défini comme étant le «commis de l’État», et celui qui a dirigé le département des Travaux publics pendant près de deux ans.  Ahmed Ouyahia  a été écroué à la prison d’El-Harrach, a précisé la Télévision nationale, en fin de journée d’hier, sans préciser l’affaire pour laquelle il a été poursuivi.  Toutefois, selon l’Agence de presse nationale, Ouyahia est accusé dans le cadre d’affaires concernant «la dilapidation des deniers publics, d’abus de fonction et d’octroi d’indus privilèges.» L’ancien chef de l’exécutif, ayant conduit quatre fois le gouvernement, est arrivé en début d’après-midi dans le bâtiment de la Cour suprême, sis à El Biar.
Son audition, qui a duré plusieurs heures, a été suivie de près par l’opinion publique. Tous les regards étaient, ainsi, braqués sur le siège de la Cour, obligeant les forces de l’ordre à intensifier leur présence sur les lieux.  À noter que depuis le début du mouvement populaire pacifique, plusieurs hommes d’affaires sont incarcérés au niveau de cette prison dans le cadre d’enquêtes sur des affaires de corruption présumée.
C’est une première dans l’histoire de la justice algérienne qu’un Premier ministre fasse l’objet d’une incarcération provisoire pour des délits d’ordre économique.    Peu de temps après avoir annoncé la décision de placer l’ex-Premier ministre en détention provisoire, la télévision a confirmé que le même sort a été, réservé à l’ancien ministre des Travaux publics et des Transport, Abdelghani Zaâlane.  Celui-ci a été lui  aussi, transféré à la prison d’El Harrach.  Là encore, la télévision n’a pas dévoilé les faits retenus contre le ministre qui a dirigé ce département pendant près de deux ans (mai 2017_ mars 2019).  MM. Ouyahia et Zaâlane figurent sur la liste de 12 personnalités à être entendues sur des faits passibles de poursuites et de détention, liés à la “passation de marchés et de contrats en violation de la réglementation”, tel que précisé, dans un communiqué du procureur général près la Cour suprême, le 26 mai dernier.
L. Boufassa