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Jeux méditerranéens de Tarente 2026 : Le Sport algérien continue de manger de son pain noir

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Les témoignages qui remontent des rangs de la délégation algérienne engagée dans les Jeux méditerranéens, qui se poursuivent en Italie, ont de quoi interpeller. Derrière les résultats, les classements et les éventuelles médailles, certains athlètes révèlent une réalité beaucoup moins reluisante : des conditions de préparation loin des standards que devrait offrir le sport de haut niveau.

Les nageurs algériens, notamment, ont fait part aux envoyés spéciaux de difficultés importantes dans leur préparation. Certains expliquent n’avoir pratiquement rien reçu pour se préparer dans de bonnes conditions. Plus inquiétant encore, l’un d’eux affirme avoir été financé par ses propres parents durant deux saisons. Une situation difficilement acceptable lorsqu’il s’agit d’un athlète censé représenter son pays au plus haut niveau.

Cette révélation pose surtout une question de cohérence. Quelques jours avant la compétition, le Comité olympique algérien, par la voix de son président, Abderrahmane Hammad, avait pourtant assuré, lors d’une conférence de presse, que toutes les conditions nécessaires à la préparation des athlètes avaient été réunies. Si tel était réellement le cas, comment expliquer que certains sportifs aient dû compter sur leurs familles pour financer leur préparation ?

Le problème ne réside donc pas uniquement dans l’absence éventuelle de moyens. Il concerne également la gestion, le suivi et la transparence du système sportif. Car annoncer des objectifs ambitieux est une chose, créer les conditions permettant aux athlètes de les atteindre en est une autre.

Le ministère des Sports avait, de son côté, affiché des ambitions en matière de médailles. Mais peut-on raisonnablement exiger des podiums lorsque certains athlètes peinent à disposer du minimum nécessaire pour s’entraîner correctement ? La performance ne se décrète pas dans les bureaux. Elle se construit pendant des mois, voire des années, à travers un encadrement professionnel, des infrastructures adaptées, un suivi médical et une préparation financièrement sécurisée.

Il serait évidemment injuste de réduire les éventuels résultats de la délégation algérienne à ces témoignages. Les athlètes restent les premiers acteurs de leurs performances et méritent d’être soutenus, quel que soit leur résultat. Mais justement, leur demander de viser l’excellence impose aux institutions de leur offrir un environnement à la hauteur de leurs ambitions.

Soixante-quatre ans après l’indépendance, le constat est particulièrement amer. L’Algérie dispose d’un immense réservoir de talents, mais le talent ne suffit pas. Lorsqu’un sportif de haut niveau doit demander à ses parents de payer sa préparation, c’est tout le système qui devrait s’interroger.

Avant de parler de médailles, il faudrait peut-être commencer par parler de dignité, de responsabilité et de moyens. Car derrière chaque podium rêvé se trouve un athlète qui mérite d’avoir été préparé pour y arriver.

Hakim S.

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