Mouad Bouchareb

Élu par la majorité sans coup ferir, dans une séance à l’APN boudée par les députés de l’opposition : Mouad Bouchareb succède à Bouhadja

Un jeune politicien pour succéder à un ancien moudjahid à la tête de l’Assemblée populaire nationale (APN). Une première dans l’Histoire de l’Algérie indépendante. Pour le reste, c’est sans surprise. Mouad Bouchouareb a été élu, hier, par ses compères de la majorité parlementaire.

Mouad Bouchareb, 47 ans, député de Sétif, a été élu hier officiellement à la tête de l’Assemblée, lors d’une séance plénière qui l’a vu comme le seul candidat de la majorité présidentielle. La séance de vote a été boycottée par tous les députés du camp de l’opposition. Une élection qui intervient au lendemain du dégel levé sur l’APN, après un blocage qui aura duré trois semaines.
Ainsi, les députés des groupes majoritaires ont donné le quitus à Bouchareb après avoir voté le texte portant retrait de confiance à son prédécesseur, Saïd Bouhadja. Comme une lettre à la poste, dès l’annonce de l’ouverture des candidatures, le député FLN, Mohamed Djemaï, a pris la parole pour déclarer Mouad Bouchareb, également président du groupe parlementaire, candidat unique au perchoir et «remercier à l’avance les collègues des partis de l’allégeance d’avoir la bienveillance de soutenir et adouber» ce choix.
Les réponses n’ont pas tardé, puisque les groupes FLN, RND, TAJ, MPA et les Indépendants, ont annoncé à tour de rôle leur soutien à Bouchareb. Fin du suspense, la plénière n’a duré que deux petites heures. S’étant réjoui, l’heureux élu est venu prendre place sur le siège du président, occupé momentanément par Hadj El-Aïeb, qui a présidé cette plénière, étant le plus vieux député de l’Assemblée. Bouchareb viendra prononcer son premier discours. «La séance de vote s’est déroulée dans un climat fraternel, dans la transparence et selon les normes démocratiques, ce qui confirme la forte volonté des représentants du peuple pour faire face aux défis du présent et du futur qui attendent l’Assemblée», a-t-il dit.
«La conjoncture actuelle impose plus d’entre-aide et de coopération au sein de cette institution», a souhaité Bouchareb, soulignant que «le devoir de gratitude nous impose à tous de reconnaitre ce qu’a achevé le président de la République, en termes de réformes au Parlement». Vieux routier et connaisseur des arcanes de l’Assemblée (avec trois mandats), issu d’une famille révolutionnaire, et fidèle parmi les fidèles d’Ould Abbès – SG du FLN -, Bouchareb est élu par 320 voix contre seulement une seule abstention. Une partie des 323 députés appelés à se prononcer ont voté par voie de procurations.
Il s’agissait de trouver un successeur à Saïd Bouhadja, un cacique parmi les caciques du FLN, après le retrait de confiance formulé à ce dernier par les groupes de la majorité.
Toutefois, le désormais ex-président de l’APN campe toujours sur sa position initiale et refuse de démissionner. Avant d’élire le nouveau président, les députés de la majorité ont d’abord voté, majoritairement (317 voix), dans la matinée de cette journée, un texte de la Commission des affaires juridiques confirmant la « vacance du poste de président de l’APN », sous le motif : «le président de l’APN Saïd Bouhadja refuse de donner sa démission et d’écouter les députés qui l’ont élu le 23 mai 2017».
Hamid Mecheri