ali-benflis

DISCOURS DE GAÏD SALAH : La réaction des partis politiques

Des acteurs de l’opposition ont réagi hier, au discours du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, prononcé lors de sa visite à Ouargla, à la 4e Région militaire. Gaïd Salah a appelé à la tenue des présidentielles qui «évitera au pays de tomber dans le piège du vide» et à la mise en place d’une commission indépendante chargée d’organiser et de surveiller les élections. Voici quelques réactions de partis que nous avons contactés et d’autres qui ont réagi de leur propre gré.

Sofiane Djilali : «Un discours ambigu»
Sofiane Djilali, président de Jil Jadid, a qualifié le discours prononcé par Gaïd Salah, d’«ambigu». «Il n’a pas apporté beaucoup de choses et sans donner aussi beaucoup de détails», a-t-il estimé, ajoutant que Gaïd Salah a parlé de la commission d’organiser les élections, dans une période «la plus courte pour éviter de tomber dans le vide constitutionnel ». Et de préciser qu’«on peut comprendre deux choses, nous fait-il savoir, notamment que la date du 4 juillet pourra être maintenue comme elle peut être reportée. Gaïd Salah n’est pas très clair dans son discours», a conclu Sofiane Djilali.

L’activiste Samir Benlarbi : «Il nous informe au report des élections»
«L’appel du chef d’état-major à la mise en place une commission chargée d’organiser les élections est une revendication qui remonte à 2014 où l’opposition l’a réclamé, et dont la Constitution de 2016 l’a apporté. Mais cette dernière ( ndlr : Constitution) a mis en place une instance de surveillance qui ne répond pas à la volonté du peuple», nous a rappelé hier l’activiste Samir Benlarbi, en ajoutant que le président démissionnaire Bouteflika s’est engagé, dans sa feuille de route, de former une instance indépendante chargée d’organiser les élections. Pour lui «cette revendication doit être réalisée, car c’est le seul moyen qui nous permettra de retrouver la légitimité et la souveraineté populaire». Et à l’ex-membre du mouvement Barakat de s’interroger : «Sur quelle élection a parlé le chef d’état-major ? Avant de répondre : «Certes il ne s’agit pas des élections du 4 juillet prochain, parce que toutes les données indiquent l’impossibilité de les organiser, c’est pour cela qu’il n’a pas cité de date», indiquant que «Gaïd Salah nous informe qu’il n’y aura pas d’élections le 4 juillet et que celles-ci vont être reportées» en se demandant :« est ce qu’en reportant ces élections, Bensalah, le chef d’État par intérim, et Noureddine Bedoui, chef du gouvernement, déposeront-ils leurs démissions ?  Ou, poursuit-t-il, ça sera une occasion pour renouveler leurs mandats ?» La chose positive dans le discours, selon Benlarbi, «c’est l’appel à la création de la commission chargée d’organiser les élections», mais d’un autre côté, Gaïd «vient de décevoir le peuple, puisqu’il ne répond pas aux revendications populaires pour une transition», souligne-t-il.

Ali Benflis : «le chef d’état-major est dans la bonne voie»
Le chef d’état-major est dans « la bonne voie», estime Ali Benflis président du parti Talaïe El Houryet, en réagissant au discours de Gaïd Salah, « je pense que ne pas citer de date d’élections est un signe clair que cette dernière sera reportée » a-t-il indiqué en ajoutant que cette décision répond en faveur des attentes du peuple algérien, saluant dans le même contexte son appel à la création d’une commission pour organiser les élections «on ne peut pas aller vers des présidentielles sans cette commission» appelant à ouvrir un «dialogue et un débat entre la classe politique, la société civile et les représentants du mouvements sur les mécanismes qu’il faut prendre afin de créer cette instance», lance-t-il.

Abderrahmane Saïdi : «ça confirme le refus de l’ANP d’aller vers une transition»
Selon l’ancien président du Conseil consultatif et vice-président du MSP, Abderrahmane Saïdi, le discours de Gaïd Salah est «dans le cadre de la Constitution dans la forme, mais ce n’est pas la solution à la crise dans le fond». Le responsable du MSP estime aussi que «le mouvement populaire revendique autre chose». D’après Saïdi, le discours de Gaïd Salah confirme le refus de «l’Institution militaire d’aller vers une période de transition», en choisissant «d’organiser des présidentielles dans les plus brefs délais comme une sortie de crise». Pour l’Armée, explique notre interlocuteur, la transition n’est pas constitutionnelle puisque le mouvement et la classe politique ont de différents avis et ils n’arrivent pas à se mettre d’accord». Saïdi pense qu’organiser des élections, même s’ils seront pour le 4 juillet, puisqu’aucune date n’a été citée dans le discours, «ne donneront pas de la légitimité complète au Président qui viendra », car le peuple ne veut pas d’élections. Selon le cadre du MSP, «Gaïd essaie, par cette démarche, de fermer une porte contre l’inconnu », a-t-il indiqué.
Propos recueillis par Sarah Oubraham