LAMAMRA

CRISE POLITIQUE CHEZ NOTRE VOISIN : Lamamra en mission diplomatique en Tunisie

L’Algérie, qui a toujours été aux côtés de son voisin de l’Est, au plus fort même des crises que la Tunisie a eu à traverser, a dépêché le ministre des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, attendu, hier, à Tunis.

La Tunisie s’embourbe à nouveau dans la crise politique avec un chambardement sans précédent dans la hiérarchie du pouvoir. Vendredi soir, le président Kaïs Saïed a frappé d’une main de fer pour « sauver » son pays. « Selon la Constitution, j’ai pris des décisions que nécessite la situation afin de sauver la Tunisie, l’État et le peuple tunisien », déclare le locataire du palais de Carthage. Deux jours plus tard, le chef de l’État tunisien gèle les travaux du Parlement pour une durée d’un mois et limoge le chef du gouvernement Hichem Mechichi. Hier lundi, il a servi de nouveau en se séparant du ministre de la Défense, Ibrahim Bartagi et de la porte-parole du gouvernement, Hasna Ben Slimane, qui est également ministre de la Fonction publique et de la Justice.
Ainsi, selon la Radio FMI tunisienne, le chef de la diplomatie algérienne était attendu hier à Tunis. Selon la même source, Lamamra sera reçu par le président de la Tunisie Kaïs Saïed avec lequel il aura à aborder l’évolution de la situation politique tunisienne, depuis notamment les décisions cruciales, prises vendredi soir, au palais présidentiel de Carthage. Si cette mission diplomatique venait à se confirmer, la visite de Lamamra à Tunis intervient quelques instants seulement après un échange téléphonique soutenu entre le président algérien et son homologue tunisien. Hier, en effet, Kaïs Saeïd a joint par téléphone Abdelmadjid Tebboune. « Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a reçu, lundi, un communiqué de son frère Kaïs Saïed, président de la République tunisienne, au cours duquel ont été évoqués les développements de la situation en Tunisie. Les deux présidents ont abordé également les perspectives des relations algéro-tunisiennes et les voies et moyens de leur consolidation », lit-on dans un communiqué rendu public en ce sens par le palais d’El Mouradia. Auparavant, le chef de la diplomatie nationale s’est entretenu également à distance avec son homologue Othman Jerandi.
Ces entretiens effectués en haut lieu entre les autorités des deux voisins et frères, en pleine crise politique en Tunisie de surcroit, signent les liens de communion existants entres les deux pays. Le déplacement de Lamamra à Tunis se veut une mission diplomatique de paix à l’adresse des frères tunisiens qu’il faudrait encourager à aller vers le dialogue en vue d’une issue salutaire à la crise politique qui mine la Tunisie.
Ces changements opérés dans la hiérarchie du pouvoir tunisien, jamais vécus depuis l’élection Kaïs Saïed comme président de la République en octobre 2019, intervient sur fond d’un double facteur aggravant, notamment une situation épidémique critique aux retombées économiques délétères.
Depuis lors, les partisans du président tunisien sont sortis dans la rue comme pour crier à la victoire et soutenir la démarche du chef de l’Etat. En revanche, les adeptes du parti islamiste au gouvernement, Ennahda de Rached Ghannouchi notamment, qui est le président du Parlement (Assemblée des représentants du peuple), dénoncent « un coup d’Etat ».
Farid Guellil