Coronavirus

Coronavirus : Record hebdomadaire de contaminations dans le monde

Les décès diminuent au niveau mondial mais les contaminations hebdomadaires ont battu un nouveau record: la pandémie de Covid-19 ne faiblit pas, notamment en Europe où l’Angleterre doit confirmer mardi de nouvelles restrictions face à la menace d’une deuxième vague.

Près de deux millions de nouveaux cas de coronavirus (+6%) ont été enregistrés la semaine dernière, soit «le plus grand nombre de cas signalés en une seule semaine depuis le début de l’épidémie», tandis que le nombre de décès a baissé de 10% à 37.700, a annoncé mardi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À l’exception de l’Afrique, tous les continents ont signalé une augmentation des cas du 14 au 20 septembre. Sur cette période, l’Europe a connu la plus forte augmentation des décès (+27% en une semaine). Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé du continent, a relevé lundi le niveau d’alerte face à la reprise rapide de l’épidémie, qui pourrait faire plus de 200 morts par jour sans «changement de cap». Le Premier ministre britannique Boris Johnson doit annoncer mardi devant le Parlement de nouvelles restrictions: les pubs et restaurants, dans lesquels seul le service à table sera autorisé, fermeront dès 22H00 en Angleterre et le télétravail sera à nouveau encouragé. Ces mesures ne seront valables que pour l’Angleterre, mais selon Downing street, les Premiers ministres écossais, gallois et nord-irlandais ont convenu avec M. Johnson «d’adopter autant que possible une approche unifiée». Accusé d’avoir aggravé le bilan de la pandémie en tardant à décréter le confinement en mars, le chef du gouvernement conservateur avait averti la semaine dernière qu’il fallait «être dur maintenant» pour éviter un reconfinement total. En Espagne, déjà un des pays européens les plus durement frappés au printemps, de sévères restrictions sont entrées en vigueur lundi dans une partie de la région de Madrid, redevenue l’épicentre national de la pandémie. Le ministre de la Santé Salvador Illa a appelé mardi tous les Madrilènes à limiter leurs mouvements et contacts à «l’essentiel». Les plus de 850.000 personnes concernées (sur 6,6 millions d’habitants au total dans la région) ont interdiction de se rassembler à plus de six, en public ou en privé, et de quitter leur quartier, sauf pour aller travailler, étudier ou chez un médecin, répondre à une convocation légale ou s’occuper de personnes dépendantes.

USA: mille morts par jour
La pandémie a fait plus de 961.500 morts dans le monde depuis fin décembre, et plus de 31,1 millions de cas ont été comptabilisés, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi en milieu de journée. Le continent américain, représentant plus de 38% de tous les nouveaux cas signalés au cours de la semaine dernière d’après l’OMS, reste le plus touché, même si les décès y ont baissé de 22%. Les Etats-Unis restent le pays le plus endeuillé (199.815 décès mardi à 03H00 GMT). Viennent ensuite le Brésil (137.272 morts), l’Inde (87.882), le Mexique (73.493) et le Royaume-Uni (41.759). A bientôt six semaines de l’élection présidentielle américaine, les États-Unis enregistrent chaque jour presque un millier de décès ce qui, rapporté à la population, est le quadruple du taux de mortalité européen. Ce millier de morts quotidiens, où les personnes noires et hispaniques sont surreprésentées (plus de la moitié des morts de moins de 65 ans), est pour le candidat démocrate Joe Biden le symbole de l’incompétence du président républicain Donald Trump face à la plus grande épreuve de son mandat. Plus au nord, le Québec est dans la redoutée «deuxième vague», selon le directeur national de la santé publique. La province de plus de 8 millions d’habitants est la plus durement touchée du Canada et a enregistré 586 nouveaux cas en une journée, un chiffre sans précédent depuis fin mai. L’Argentine subit aussi les conséquences de la pandémie puisqu’elle a enregistré lundi un nouveau record quotidien de décès liés au Covid-19 avec 429 morts, ce qui porte à 13.482 le bilan total dans le pays, ont annoncé les autorités. Il s’agit du nombre de décès le plus élevé depuis que la pandémie a frappé le pays sud-américain, où des mesures de confinement sont en vigueur depuis le 20 mars, avec un assouplissement progressif en fonction des régions.

Plongeon boursier
Dans ce contexte incertain, les Bourses chinoises (Tokyo était fermée) ont creusé leurs pertes mardi: -0,98% à Hong Kong, -1,29% à Shanghai et -1,09% à Shenzen. La veille, elles avaient perdu respectivement 2,06%, 0,63% et 0,52%. Lundi avait été une journée encore plus sombre pour les Bourses européennes: -3,74% à Paris, -4,37% à Francfort et -3,38% à Londres. Elles remontaient doucement mardi à la mi-journée. «Les malheurs sanitaires ébranlent l’humeur ambiante», résume David Madden, analyste marchés pour CMC Markets UK. La pandémie a percuté jusqu’à l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’ouvre mardi sans aucun chef d’Etat ou de gouvernement présent à New York. Tous livrent leur discours par messages pré-enregistrés, diffusés sur le site de l’ONU pendant une semaine, avec le coronavirus et ses conséquences comme dénominateur commun. Quant au prix Nobel de la paix, qui sera attribué le 9 octobre, la cérémonie de remise se fera cette année sans banquet, devant une audience réduite et dans un bâtiment plus petit, a annoncé l’Institut Nobel. Qui envisage une cérémonie numérique si la situation sanitaire l’exige.