Apiculture

Boumerdès : L’avenir de l’apiculture est menacé face à une concurrence déloyale

Le président de la Coopérative agricole des services spécialisés en apiculture des Issers (Est de Boumerdès), Ali Djemaatene, a exprimé son appréhension à l’égard de l’impact de la concurrence déloyale sur l’avenir des apiculteurs de la wilaya, voire même de tout le pays.

«La profession est devenue l’otage de la concurrence déloyale, imposée par les produit d’importation, qui sont vendus à des prix bas (comparativement aux produits algériens). Un fait qui menace sérieusement son avenir même», a déploré M. Djemaatene, dans une déclaration à l’APS, en marge de la cérémonie d’ouverture de la 6eme édition du Salon national du miel et des produits de la ruche à Boumerdès. Le président de cette coopérative, considérée parmi les plus anciennes à l’échelle nationale, sa création remonte à 1969, a lancé un appel en vue d’une «intervention des autorités concernées pour organiser le marché et imposer le respect des normes de qualité, en accordant la priorité et des incitations aux produits locaux, comme il est de rigueur de par le monde, faute de quoi cette profession séc ulaire est menacée de disparition», a-t-il soutenu. «Nous n’avons pas peur de la concurrence du produit d’importation», a, encore, ajouté le responsable de cette coopérative, dont il en existe seulement quatre autres similaires à l’échelle nationale, «mais nous craignons la concurrence déloyale, car le prix du produit local est relativement élevé, eu égard aux frais induits par le respect des normes de qualité, qui ne sont nullement pris en compte dans le produit d’importation», a-t-il expliqué. M. Djemaatene a, également, fait part de plusieurs autres préoccupations exprimées par les apiculteurs de la wilaya, dont celles relatives aux impositions fiscales, qui selon lui, «ont poussé de nombreux apiculteurs à abandonner la profession, outre l’absence d’incitations fiscales au profit des apiculteurs». Il a, à ce titre, émis le souhait que les services des impôts «comprennent les spécificités de notre profession, dans l’imposition des taxes forfaitaires», citant notamment ceux qui pratiquent des petits métiers, tout en prenant en compte les périodes d’arrêt de travail en raison des intempéries ou autres problèmes exogènes. L’absence d’un cadre juridique pour l’organisation de la filière, est l’autre problème soulevé par M. Djemaàtne, outre le problème de la commercialisation, l’absence d’espaces pour la promotion des produits, le retard accusé dans la réception des crédits destinés à la production du miel et dérivé, ainsi que l’obligation faite aux apiculteurs de régler leurs factures dans une période inopportune, a-t-il déploré À cela s’ajoute, l’absence de statistiques et de données réelles sur la production de la filière, ainsi que l’usage anarchique des pesticides dans la lutte contre certaines maladies comme la cochenille qui s’attaque aux feuilles d’eucalyptus et la Varroa, en plus du problème d’absence de vétérinaires spécialisés, de laboratoires de contrôle et de la certification de la qualité du miel et des produits de la ruche. La Coopérative agricole des services spécialisés en apiculture des Issers détient un savoir-faire et une expérience de plus de 50 ans dans le domaine, dont la confection et la commercialisation des différents outils et équipements nécessaires à l’élevage et à la production apicoles, tout en assurant différents autres services, dont des sessions de formation à ses adhérents de l’intérieur et du dehors de la wilaya.