Tramway

AUCUNE RAME DE SETRAM N’A CIRCULÉ HIER : Où sont passé les tramways ?

Contrairement aux annonces de la reprise de service du tramway à partir du 14 juin (hier), aucune rame de la SETRAM Algérie n’a pu rouler, avons-nous constaté, hier à Alger. D’où la grande surprise et confusion chez beaucoup d’usagers de ce moyen de transport, d’autant plus qu’il est difficile de trouver un autre moyen de substitution. Les bus de transport public ETUSA, métro et train sont toujours à l’arrêt depuis près de trois mois à cause des mesures pour endiguer le coronavirus. À la station de Ruisseau, le trafic était, hier, à l’arrêt. Sur place, des techniciens s’affairent à des tâches de maintenance des infrastructures et d’essais techniques sur les différentes lignes du réseaux. Les usagers qui arrivent ont vite déchanté. « Aucun tramway n’a démarré depuis ce matin. Le trafic devrait reprendre demain, mais rien n’est officiel. Ça reste incertain », nous a indiqué un fonctionnaire de SETRAM Alger, rencontré à la station de Ruisseau. À la question de pourquoi ne pas informer correctement les clients et leur éviter ainsi de se déplacer en vain, il répond : « nous n’en savons rien. Nous sommes venus pour travailler ce matin. La direction ne nous a rien communiqué. Tout ce que je peux vous dire est de ne pas croire aux annonces. Le tramway reprendra uniquement quand vous le voyez en circulation ». La direction de SETRAM a indiqué la veille au soir qu’elle annoncera la date de reprise du tramway « en temps opportun ». « En attendant d’avoir les instructions définitives des autorités, nous continuerons les essais techniques pour assurer le retour du tramway dans les meilleures conditions de sécurité », lit-on dans un communiqué de SETRAM. Grande déception pour ceux qui avaient prévu d’embarquer dans le Tram dans son premier jour de redémarrage. Les témoignages des citoyens rencontrés sur place oscillent entre incompréhensions et colère contre les responsables de SETRAM. L’un d’eux, un quinquagénaire, assis sur un banc de la station du tramway, qui avait prévu de prendre le Tram pour se rendre à son travail dira : « j’ai rien compris ! que l’on m’explique ce qui se passe ! je suis arrivé très tôt ici mais aucun moyen de transport. J’ai appelé mon employeur et il m’a dit que les effectifs démobilisés ne concerne plus que les femmes enceintes et celles ayant des nourrissons. C’est-à-dire se débrouiller ou abandonner son emploi », regrette-t-il. Un autre citoyen, en colère, ajoute : « Nos responsables sont dépassés par les évènements. La confusion est à tous les niveaux. Quand on dit que la mesure de libérer 50 % des effectifs n’est plus applicable et l’obligation de retour au travail pour les fonctionnaires, il est clair que les moyens de transport devraient être disponibles. Or ce n’est pas le cas ». La crise du coronavirus a mis à l’arrêt tous les réseaux de tramways en Algérie, en plus du trafic ferroviaire, du métro d’Alger et du transport en commun. Depuis mi-mars, ces moyens très prisés de transport ont été stoppés à la suite à l’annonce des mesures de confinement au niveau national. Et leur reprise est prévue aujourd’hui progressivement, selon les dernières instructions prises par le président de la République. La non-reprise du service de ces moyens de transport aura des conséquences sur le retour à la normal de la vie professionnelle et quotidienne de beaucoup de citoyens et travailleurs. Si l’on ignore toujours l’ampleur du confinement sur l’activité du tramway, métro et ETUSA, la SNTF a subi des pertes de l’ordre d’un milliard DA jusqu’à fin avril dernier, soit 50 % de son chiffre d’affaires par rapport à la même période de l’année dernière, a déclaré à l’APS, son PDG, Yacine Bendjaballah.
Hamid Mecheri