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APRES LES DECLARATIONS DE TEBBOUNE : Quelle option pour les enseignants du primaire ?

En grève depuis le mois d’octobre 2019, les enseignants du cycle primaire iront-ils vers le gel de leur action de contestation après les récentes déclarations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune s’étant clairement exprimé, mercredi dernier, autour de cette question ? Pour l’instant en tout cas le mouvement de grève semble maintenu et devra être reconduit à partir de demain, alors que le MEN, persiste de son côté, dans son silence radio. L’engagement de Tebboune à prendre en charge les problèmes des enseignants suffira-t-il à dissuader ces derniers à renoncer à leur débrayage cyclique qui prend en otage des milliers d’élèves du primaire ? La question reste soulevée puisque depuis mercredi, les concernés ne se sont pas prononcé quant à la suite à donner à leur mouvement et si dans le cas où les choses restent telles quelles, une nouvelle série de grève de trois jours sera entamée demain lundi. L’ambigüité continue de régner d’autant plus que du côté du ministère de l’Éducation nationale, c’est le silence radio. En effet, Mohamed Ouadjaout, vers lequel les regards sont tournés depuis sa prise de fonction officielle à la tête du secteur, n’a toujours pas convié les grévistes à une rencontre de négociations, sachant que ces derniers ont déposé une demande d’audience la semaine dernière et qui est restée sans réponse. Chose qui risque d’aggraver la situation car la coordination des enseignants du primaire avait menacé d’aller carrément vers une grève ouverte, si les canaux de dialogue ne sont pas ouverts. À rappeler que le président Abdelmadjid Tebboune s’était en effet engagé à résoudre les problèmes sociaux des enseignant, soulignant cependant que ces derniers ne devaient pas utiliser les élèves comme moyen de pression car «les grèves répétées ne servent pas l’intérêt de l’élève». Il avait, en outre, indiqué qu’une révision de l’encadrement de l’enseignement, tous cycles confondus, s’impose, et ce à travers l’amélioration des programmes et de la situation financière des enseignants, en sus de la prise en charge des élèves des régions enclavées en terme de transport et de restauration. «De sanctions sévères seront prévues pour tout manquement dans ce sens », avait-il prévenu. Appelant à tirer profit des expériences des pays avancés, Tebboune pense que tous les Algériens revendiquent le changement radical du système éducatif, particulièrement du cycle primaire. Il a déclaré, à ce propos, qu’il s’opposait catégoriquement à l’implication de l’idéologie dans l’enseignement primaire. Toujours dans le même contexte, Tebboune avait estimé que les programmes scolaires doivent impérativement être allégés en veillant à l’apprentissage graduel et en laissant l’enfant vivre son enfance de manière naturelle et équilibrée. De même qu’il est impératif, pour lui, de traiter le problème de la surcharge du cartable à travers le recours aux moyens technologiques et la formation des enseignants en la matière.
Ania Nait Chalal