Tebboune-Le Driant

ALGÉRIE – FRANCE : Mettre en place un « partenariat extrême » 

La bonne tenue des relations algéro-françaises a été au centre de la courte, mais bien remplie, visite du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, à Alger. Après des entretiens avec son homologue Sabri Boukadoum et une réunion du comité mixte de coopération  algéro-français, le chef de la diplomatie française a  été longuement reçu par le président Tebboune  au siège de la présidence. Au sortir de cette audience, par le Chef de l’État, avec lequel il a évoqué les relations bilatérales entre l’Algérie et la France, le MAE français  a indiqué : « J’ai été reçu par le président Tebboune après plusieurs réunions tenues aujourd’hui avec mon ami Sabri Boukadoum sur tous les sujets de partenariats entre l’Algérie et la France ». « J’étais déjà venu ici le 21 janvier et j’ai senti le message du président Tebboune qui souhaitait que la relation entre l’Algérie et la France soit un partenariat extrême », a-t-il dit. « Nous avions, à ce moment-là, établi une forme de feuille de route, des rendez-vous, un itinéraire d’action, pour que ce partenariat extrême soit une réalité. Nous n’y sommes pas », a ajouté le MAE français, ajoutant : « Mais cette visite est une étape nouvelle entre nos deux pays ». « Nous avions eu aujourd’hui une réunion sur l’ensemble  des enjeux économiques. Ce partenariat économique que nous avions initié par le passé, mais qui retrouve de la vigueur, d’autant plus que le plan d’action, proposé par le président Tebboune, permette de nouvelles ouvertures et une relation beaucoup plus positive dans le domaine économique entre l’Algérie et la France qui se manifestera dans les semaines qui viennent », a précisé Le Drian. « Nous avons aussi évoqué l’ensemble des question de partenariat, que ce soit sur la question mémorielle ou le calendrier à venir. Puisque nous tiendrons, en début juillet, avec les deux premiers ministres, un Comité interministériel de haut niveau, qui est une structure qui ne s’est pas réunie depuis longtemps et qui permettra de faire le point sur l’ensemble de nos partenariats, que je viens d’évoquer, mais aussi les questions culturelle, universitaire, de formation, de jeunesse, qui sont centrales dans nos relations », a ajouté Le Drian. « J’ajoute que sur les questions internationales, en particulier sur deux grandes situations conflictuelles que nous connaissons, à la fois en Libye et au Sahel. Nos positions sont très proches. Nous avons pu le constater en janvier au sommet de Berlin (Allemagne) sur la Libye  puis au sommet de Pau (France), concernant le Sahel. Nous voulons continuer à agir ensemble dans la transparence et la confiance, mais aussi avec de la volonté le plus rapidement possible d’établir la paix dans ces deux régions qui nous sont proches à l’un et à l’autre », a conclu le MAE français. Et précisément sur ces deux grands sujets d’actualité internationale les regards sont tournés vers l’Onu et la nomination à titre intérimaire d’une diplomate américaine, Stéphanie Turco  ayant été en poste à Tripoli .Une nomination provisoire alors qu’il semblait qu’il ait y eu consensus pour nommer le très chevronné diplomate algérien Ramtane Lamamra en remplacement du libanais Ghassan Salame. Sur le dossier du Sahel où la France est directement impliquée, on s’interroge sur la désignation, par le département d’État américain, d’un émissaire, JP Pham,  connu pour être un lobbyiste acharné du Maroc aux États-Unis. On voit mal ce diplomate, membre du think tank Atlantic Council qui reçoit des financements de Rabat, contribuer à la « sécurité et à la stabilité » au Sahel alors que les États-Unis ont la ferme intention de retirer leurs troupes de cette région. Une nomination obtenue par la grâce du Lobby israélien que Rabat fait intervenir pour parasiter toutes actions diplomatiques  conséquentes au Sahel et faire oublier sa colonisation du Sahara occidental.
M. Bendib