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LE BRENT À 34 DOLLARS : Nouveau round de concertations de l’OPEP+ ce mercredi 

Les cours du pétrole ne grimpent pas vendredi sur fond de guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie et de pandémie de coronavirus. Face à cette situation, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés se dirigent vers de nouvelles concertations autour des mesures à prendre pour enrayer la chute des cours. Ainsi, une réunion du comité technique conjoint Opep-non Opep est attendue pour le 18 mars.

En effet, Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 34,99 dollars à Londres, en hausse de 5,33% par rapport à la clôture de jeudi. À New York, le baril américain de WTI pour avril gagnait 4,14%, à 33,12 dollars. Depuis le début de l’année, les deux contrats de référence ont perdu près de la moitié de leur valeur. Ils ont, notamment encaissé lundi, leur pire chute depuis la guerre du Golfe en 1991, avec un plongeon d’environ 25%. Les prix du pétrole souffrent aussi bien de la situation du côté de l’offre, avec plusieurs géants pétroliers comme l’Arabie saoudite et la Russie qui se sont lancés dans une guerre des prix, que du côté de la demande, touchée de plein fouet par la crise sanitaire. L’Opep et la Russie ne sont pas parvenus, vendredi dernier, à s’entendre pour amplifier leurs baisses de production afin d’enrayer la chute des cours du brut. De nouvelles concertations sont attendues pour trouver une solution à la chute drastique des cours du pétrole. La Russie, deuxième producteur mondial de pétrole et allié principal de l’Organisation, sera présente à cette réunion. « Le dialogue se poursuit avec l’Opep et nous allons envoyer un représentant à la réunion du Comité technique conjoint prévu le 18 mars », a déclaré mercredi le ministre russe, Alexandre Novak. Il a ajouté que la situation du marché pétrolier n’était pas stable à cause de la propagation du Coronavirus. Le ministre de l’Énergie russe a déclaré mardi ne pas « fermer la porte » à l’alliance Opep-Russie pour stabiliser le marché du pétrole, indiquant que le fait que l’accord de réduction de la production n’ait pas été prolongé au-delà du mois d’avril « ne signifie pas qu’à l’avenir nous ne pourrons plus coopérer entre pays Opep et non-Opep ». « Si nécessaire, nous avons divers outils, dont une réduction et une augmentation de la production, et de nouveaux accords peuvent être conclus. Nous avons prévu des réunions régulières en mai-juin afin d’évaluer la situation », a ajouté M. Novak. La Russie, qui n’est pas membre de l’Opep, s’est opposée vendredi à une nouvelle réduction de 1,5 million de barils par jour (bpj), les compagnies pétrolières russes s’opposant à des réductions par crainte de perdre des parts de marché et afin de concurrencer offensivement le pétrole de schiste américain. En réponse, l’Arabie saoudite (premier exportateur mondial de pétrole), s’est lancée dans une vaste braderie en effectuant la plus importante réduction de ses prix pétroliers en 20 ans. Le groupe pétrolier saoudien, Saudi Aramco, a annoncé mardi qu’il allait ouvrir ses robinets en avril à 12,3 millions bpj. M. Novak a, lui, assuré qu’ « à court terme, la Russie peut augmenter sa production de 200 à 300 000 bpj, avec un potentiel de 500 000 bpj dans un avenir proche ». L’Arabie saoudite prévoit d’augmenter sa production de pétrole brut au-dessus de 10 millions de barils par jour (b/j) en avril, après l’expiration de l’accord actuel de réduction de l’Opep et ses alliés fin mars, selon les agences de presse étrangères. Le géant pétrolier d’État Aramco augmentera sa production de pétrole brut après l’expiration de l’accord actuel de réduction de l’Opep+, ont indiqué des sources à l’agence britannique Reuters.
Les mêmes sources ont précisé que la production d’avril serait nettement supérieure à 10 millions de barils par jour, probablement plus près de 11 millions de barils par jour. L’Arabie saoudite a pompé 9,7 millions de b / j au cours des deux derniers mois.

Des conséquences sur les prévisions économiques et budgétaires
La baisse drastique des prix du pétrole ne sera pas sans répercussions négatives sur l’économie algérienne très dépendante de la manne pétrolière du fait que les ventes des hydrocarbures couvrent, à plus de 90%, les importations. Les recettes financières de l’État sont de l’ordre de 60 milliards de dollars, pour une période allant jusqu’à 2022. L’expert en questions énergétiques et ancien P-DG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, a déclaré récemment que « l’incidence et l’impact de la pandémie actuelle est un nouveau facteur qui va entraîner d’autres conséquences sur l’ensemble des prévisions économiques et budgétaires puisque notre propre Loi de finances 2020 a été établie sur la base d’un baril à 60 dollars. Une Loi de finances complémentaire est par conséquent inévitable avec un recours probablement plus intense aux réserves financières pour limiter les dégâts. Une baisse des importations y compris en matière de services, ainsi qu’une nouvelle grille de priorités en matière de projets d’investissement est plus que nécessaire. C’est plus que jamais le moment d’engager sérieusement et rapidement des réformes profondes à tous les niveaux ».
H. Hadjam