À L’AUNE DU RECUL DU RND ET LE RENOUVELLEMENT PROCHAIN DU TIERS PRÉSIDENTIEL : Bensalah gardera-t-il son fauteuil au Sénat ?

Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation (Sénat), à ce poste depuis 2002, cédera-t-il son fauteuil après 16 ans de règne, suite aux sénatoriales de décembre dernier et la désignation des nouveaux membres du tiers présidentiel prévue à partir de ce 9 janvier ? Le Front de libération nationale (FLN) a conforté sa position de parti majoritaire suite au renouvellement de la moitié du Sénat lors des dernières sénatoriales, avec 29 sièges (d’un total de 55 sièges). Une majorité absolue qui le place de loin à la tête de la première chambre du Parlement avant son allié et rival le RND, qui y a perdu 7 sièges, avec 11 (-1 siège, car celui de Tlemcen est invalidé par le Conseil constitutionnel) sièges (sur un score total de 21 sièges). Pour sa part, le secrétaire général du RND, le Premier ministre Ahmed Ouyahia, a indiqué, au lendemain de la publication des résultats préliminaires de ce scrutin, qu’il n’était pas satisfait des résultats de sa formation, mais les acceptait tout de même, adressant ses remerciements aux militants qui ont participé aux élections « en toute transparence et avec honneur ». La défaite du RND, le parti d’Abdelkader Bensalah, face au FLN, ne signifie certainement pas son départ. Dans les jours à venir, le président de la république, Abdelaziz Bouteflika, va désigner les autres sénateurs dans le cadre du tiers présidentiel. Le Conseil de la nation reposant sur un mode de désignation mixte (suffrage indirect et nomination présidentielle) et dispose d’un pouvoir de blocage absolu de la procédure législative. Le Conseil compte 144 membres : 96 élus au scrutin indirect et secret (2/3) et 48 désignés par le président de la République (1/3). Cependant, le FLN pourrait réclamer la tête du Sénat, lui revenant de droit comme un résultat de sa majorité absolue. Mais il faut toujours dire que le président de la République a toujours soutenu Bensalah, et que ce dernier ne rate pas une occasion pour encenser les réalisations du président Bouteflika. Lors des sénatoriales de 2015, le RND avait remporté haut la main ce scrutin en conquérant la moitié des sièges du Sénat (18 sénateurs). Faisant donc figure de grand favori, il était évident alors qu’Abdelkader Bensalah soit reconduit à son poste. La donne sera-t-elle changée cette fois-ci, en voyant la présidence du Sénat attribuée à une personnalité de FLN ? Il reste toujours difficile de prévoir, dès à présent. D’un autre côté, des sources ont souligné que le renouvellement des membres du tiers présidentiel au Conseil de la nation, qui interviendra  avec le vote d’un tiers élu, ne verra pas la reconduction d’anciens ministres dont le mandat est arrivé à terme. Selon des informations rapportées par plusieurs médias, le chef de l’État, à qui échoit cette prérogative, aurait à l’idée de rajeunir le tiers présidentiel en envoyant à la retraite les anciens membres de l’Exécutif, à l’exemple d’Aboubakr Benbouzid, ancien ministre de l’Éducation, lequel ne s’est jamais présenté au Conseil de la nation depuis sa nomination parmi le tiers présidentiel. Ould Abbès, El Hachemi Djiar, Salah Goudjil et plusieurs autres anciens ministres et dirigeants du pays seront pressentis de quitter le Conseil de la nation, affirment d’autres sources. Après ces désignations, les membres du Conseil de la nation auront à élire un nouveau président au sénat en remplacement de l’actuel président, Abdelkader Bensalah, issu du Rassemblement national démocratique (RND).
Hamid Mecheri