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Crise du multilatéralisme

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La 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies a ceci de remarquable qu’elle met sur le tapis – et en jeu – l’un des principes les plus importants auxquels cette même organisation doit son existence au lendemain d’une Seconde Guerre mondiale qui a laissé le monde sens dessus dessous. En effet, le multilatéralisme comme système privilégiant la coopération internationale, 80 ans après sa mise en place, n’a pas montré ses limites, bien au contraire. La preuve, l’ONU constitue toujours, même du point de vue de la forme, la tribune qui réunit chaque année la communauté internationale pour discuter des défis majeurs auxquels aucun pays ni ensemble de pays ne peuvent échapper. En revanche, le principe qui fait la raison d’être de l’ONU est mis à rude épreuve par les guerres prolongées, classiques, par procuration ou hybrides, et les conflits géopolitiques que les instigateurs derrière ont rendus sciemment inextricables. Le Conseil de sécurité, par exemple, a été maintes fois paralysé par le véto contre le génocide sioniste à Ghaza. Et lorsque l’organe central de l’ONU délibère et adopte une résolution, celui-ci n’exerce pas son pouvoir pour contraindre les assassins des enfants et des femmes palestiniens d’arrêter leurs crimes. Les bourreaux jouissent ainsi de l’impunité au point où même des États parties du Statut de Rome ne peuvent pas exécuter le mandat d’arrêt contre Netanyahu. Le maire de New York a eu, chez lui, l’audace de braver le Premier ministre israélien. Mais cela ne résout en rien la crise de légitimité qui frappe l’organisation onusienne. D’où les questions qui font débat dans les milieux politiques, médiatiques et même dans la rue où les peuples libres manifestent leur rejet des crimes de guerre en Palestine et partout où les forces impérialistes mettent les pieds. À quoi servent l’ONU et son Conseil de sécurité à partir du moment où ils ne peuvent pas faire appliquer les résolutions, le droit et la légalité internationaux ? Une telle question, comme d’autres qui mettent en cause la légitimité de l’instance onusienne, est monnaie courante. Le débat s’impose de facto. Ainsi, à l’occasion de l’assemblée de New York, nous avons assisté à une guerre de mots à distance mettant aux prises le S.G. de l’ONU, Antonio Guterres, et le président américain Donald Trump. Le premier, dont le mandat prend fin le 31 décembre 2026, a tiré la dernière cartouche histoire de sauver ce qui reste du multilatéralisme. Guterres a tout déballé sur l’entité sioniste et ses alliés auxquels il a fait porter le chapeau de la situation en Palestine, en Iran et dans tout le Moyen-Orient. Le second, fervent défenseur d’un unilatéralisme débridé qui souffle en même temps la guerre et la paix, y est allé à contre-courant. Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, Trump reste sourd aux appels de Guterres. On ne sait qui de ces « deux mondes » en conflit aura le dernier mot !  

Farid Guellil

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