Hier, les policiers, agents d’EDF et personnels de l’enseignement supérieur multiplient se sont mobilisés à Paris, par des marches et des rassemblements rejoints par d’autres, dont des soignants.
À l’appel notamment de la CGT, ces mouvements sectoriels dénoncent les salaires, les conditions de travail et le sous-financement de leurs secteurs, inaugurant une rentrée sociale agitée pour le gouvernement. Plusieurs professions convergent ce 15 septembre pour faire entendre leurs revendications face à un exécutif confronté à un contexte budgétaire tendu. Des rassemblements À Paris et en régions marquent le coup d’envoi d’une série de contestations aux enjeux bien précis. Des revendications sectorielles qui s’accumulent Les salariés d’EDF et des industries électriques et gazières sont en grève pour défendre le « tarif agent », un avantage historique qui leur permet de payer l’électricité et le gaz à un prix très réduit, soit environ 2 % du tarif public. Cet acquis, non revu depuis les années 1950-1960, est remis en cause par un rapport de la Cour des comptes pointant un coût de plus de 700 millions d’euros pour le groupe en 2024 et une perte d’au moins 230 millions pour les finances publiques. L’intersyndicale (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) le qualifie de « totem non négociable ». Sur X, des réactions soulignent la tension : certains usagers et politiques comme le candidat à la présidentielle David Lisnard dénoncent un « privilège » tandis que les agents y voient une compensation essentielle.
Appel à une grande mobilisation le 29 septembre prochain
Les policiers, à l’appel d’Alliance Police nationale, réclament une « revalorisation de l’indemnité de sujétion spéciale de police (ISSP) », inchangée depuis 2019, ont tenu un rassemblement, hier, sur les Champs-Élysées, après une rencontre jugée insuffisante avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le syndicat exige « entre 300 et 500 millions d’euros » supplémentaires et « des réponses concrètes sur les salaires et les conditions de travail ». À Paris, un autre cortège des policiers en colère s’est ébranlé de la Place de la République vers le siège de l’Assemblée nationale où des députés ont prévu de les rejoindre, dont celui du RN, Jérôme Buisson. Dans l’enseignement supérieur et la recherche, une manifestation s’est lancée, hier, de la place Jussieu un peu plus de midi, pour rejoindre le ministère et l’intersyndicale et la CGT dans le secteur de l’enseignement supérieur pointe le « sous-financement chronique », la dégradation des conditions d’études et de travail, et les mesures fragilisant l’accès aux études. Des appels similaires retentissent dans les universités de province et la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a salué, hier, « De nombreuses professions mobilisées aujourd’hui : énergie, enseignement supérieur, AFPA, santé, chimie… ». Des appels à l’amplification de la mobilisation générale, pour le 29 septembre courant. Ces mouvements, dans la pluspart rejoints par des soignants ou des militants écologistes, illustrent une pression croissante sur l’exécutif à l’approche des discussions budgétaires et les syndicats vont pouvoir jauger le niveau de la mobilisation dans un contexte général morose à quelques mois de l’élection présidentielle.
L’indice des prix à la consommation (IPC) en France a augmenté de 2,4 % en août sur un an, contre 2,1 % en juillet, selon les données publiées mardi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’accélération de l’inflation est principalement due à une hausse plus rapide des prix de l’énergie, selon l’Insee. Ces derniers ont bondi de 16,7 % en août par rapport à l’année précédente, contre 12,6 % en juillet. Les prix des produits alimentaires ont également progressé de 1,1 % sur un an, contre 1 % en juillet, tandis que les prix des services ont reculé de 1,9 %, contre 2,2 %.. Sur un mois, l’IPC a progressé de 0,7 % en août, après une hausse de 0,6 % en juillet. Cette croissance s’explique principalement par les hausses saisonnières des prix des produits manufacturés et par la poursuite de l’augmentation des prix de l’énergie et des produits alimentaires. Les prix des produits manufacturés ont augmenté de 1,6 % par rapport au mois précédent, après une baisse de 2 % en juillet. Les prix des vêtements et des chaussures ont bondi de 7,3 %, après avoir chuté de 9,8 % en juillet en raison des soldes d’été. Les prix de l’énergie ont progressé de 3,4 %, contre 2,3 % en juillet, tandis que les prix des produits alimentaires ont augmenté de 0,4 %, contre 0,1 % en juillet. L’inflation sous-jacente s’est établie à 1,1 % en glissement annuel en août, contre 1,3 % en juillet, selon l’Insee.
R. I.














































