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LE PLAIDOYER DU NOUVEAU PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE GENERALE DE L’ONU : «Chercher des compromis là où ils restent possibles»

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Le nouveau président de l’Assemblée générale des Nations unies, le bangladais Khalilur Rahman, a souligné que le multilatéralisme de l’ONU est « mis à l’épreuve comme jamais auparavant », plaidant pour la recherche de compromis « là où ils restent possibles ».
Mardi, peu après avoir prêté serment sur la Charte de l’ONU, le document fondateur de l’Organisation, ce diplomate bangladais de longue date, arrivé pour la première fois aux Nations unies comme délégué en 1985, a reconnu devant la presse que « le multilatéralisme de l’ONU dans son ensemble est mis à l’épreuve comme jamais auparavant ». Quarante ans après ses débuts à New York, « le monde a beaucoup changé », a-t-il observé. Le mot d’ordre de Khalilur Rahman, également ministre bangladais des Affaires étrangères, sera la recherche de terrains d’entente, sans prétendre que toutes les divisions pourront être surmontées. « Je ne suis pas naïf au point de penser que tout peut être résolu rapidement, à l’amiable « , a-t-il déclaré. Mais les désaccords persistants, a-t-il ajouté, ne doivent pas empêcher les Etats de rechercher des compromis là où ils restent possibles. M. Rahman entend aussi élargir le cercle. La Charte commence par « Nous, peuples des Nations unies », a-t-il rappelé, elle ne dit pas : « Nous, Etats des Nations unies ». Société civile, médias, entreprises, chercheurs et innovateurs restent, selon lui, trop souvent traités comme des acteurs extérieurs. « Déverrouiller l’ONU » sera donc l’un des objectifs de sa présidence. Pour Annalena Baerbock, qui cédait après un an la présidence de l’Assemblée à Khalilur Rahman, l’heure n’était pas au requiem. « Malgré ses insuffisances, pas un seul jour, pas un seul pays ne se porterait mieux sans l’ONU », a-t-elle lancé à cette occasion. « Rechercher le consensus doit toujours rester notre ambition », a-t-elle estimé, mais jamais « au détriment du progrès » ni des principes de l’ONU.
Malgré les fractures géopolitiques, elle relève que plusieurs textes ont été adoptés avec moins d’une poignée de voix contre, parfois une seule. Antonio Guterres a repris le même diagnostic à l’ouverture de la 81e session. Le Conseil de sécurité et l’architecture financière internationale « peinent à faire face aux défis du moment », tandis que le droit international et les droits humains sont « trop souvent bafoués en toute impunité ». A cela s’ajoutent un « risque d’escalade nucléaire », l’aggravation du « chaos climatique » et des financements humanitaires et de développement qui « se réduisent comme peau de chagrin ».
Pour le Secrétaire général, qui assistait pour la dernière fois à l’ouverture d’une session de l’Assemblée en sa qualité de chef de l’ONU, la réforme n’est donc plus un exercice de gestion. Le Pacte pour l’avenir et l’initiative de réforme dite ONU80 doivent, selon lui, permettre de restaurer la capacité d’action d’un système multilatéral dont la crédibilité s’érode à mesure que ses institutions échouent à répondre aux crises.
R. I.

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