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CONTRIBUTION/DEUXIÈME CONFÉRENCE POLITIQUE SUR LE NEXUS ENTRE LA PAIX, LA SÉCURITÉ ET LE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE : Les implications de la participation de la RASD

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La République sahraouie a participé aux délibérations de la deuxième Conférence politique visant à renforcer le nexus entre la paix, la sécurité et le développement sur le continent africain, qui s’est tenue à Mombasa, au Kenya, les 11 et 12 juillet, 2026.

Par Mohamed Limam Mohamed Ali Sidi Bachir (*)

La conférence, organisée par l’Union africaine en collaboration avec des partenaires internationaux et régionaux, a réuni des décideurs politiques, des institutions financières et des organisations de la société civile afin de renforcer la solidarité intercontinentale. Placée sur le thème :« De l’engagement à l’action : renforcer l’interrelation entre paix, sécurité et développement », cette édition de la conférence a mis l’accent sur la traduction des engagements antérieurs en politiques concrètes et applicables. Cette initiative vise à intégrer les trois piliers – paix, sécurité et développement – afin de remédier aux vulnérabilités régionales, de promouvoir la prospérité économique et de prévenir la récurrence et l’extension des conflits sur le continent. Le Maroc, puissance occupante d’une partie du territoire de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), a échoué dans sa tentative d’atteindre les principaux objectifs qu’il poursuivait à travers cet événement continental, à savoir : exclure la RASD de la participation à cette édition de l’importante Conférence africaine et, par conséquent, monopoliser les procédures de toute future édition de cette Conférence politique, ainsi que priver tout État membre de l’Union africaine (UA) de l’organisation de cet événement. L’intervention de la délégation sahraouie a contribué à dissiper les doutes des participants à l’événement, en soulignant l’impossibilité de séparer l’État sahraoui de l’Afrique ou de l’exclure du cadre institutionnel du continent. Suite à cela, l’Angola a fait part de sa pleine disposition à accueillir la troisième édition de la Conférence politique sur le renforcement du lien entre paix, sécurité et développement en Afrique, prévue en 2028.  Cette décision a été confirmée par S.E. M. Bankole Adeoye, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’Union africaine. Cette position constitue un précédent important en matière d’organisation tournant de la conférence entre les États membres de UA, contrairement aux objectifs du Maroc, puissance occupante.  La présence de la RASD au sein des différents organes de l’UA repose sur son statut de membre fondateur et à part entière de l’organisation continentale, et les tentatives marocaines pour l’entraver ne sauraient compromettre la qualité de sa participation au travail commun africain.

Antécédents
Première Conférence Politique de l’Union africaine sur la promotion du Nexus entre la Paix, la Sécurité et le Développement. Déclaration de Tanger. Le Maroc a présidé le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine (CPS de l’UA) en octobre 2022. La présidence est assurée à tour de rôle par les États membres du Conseil, et le Maroc a occupé ce poste pendant ce mois. La première Conférence politique de l’Union africaine (UA) sur la promotion du nexus entre la paix, la sécurité et le développement s’est tenue à Tanger, au Maroc, du 25 au 27 octobre 2022. À cette occasion, la Déclaration de Tanger a été adoptée. Cette déclaration établit une feuille de route globale pour s’attaquer aux causes structurelles des conflits et de l’instabilité en Afrique, en cherchant à articuler consolidation de la paix, développement économique et intégration régionale. La Déclaration de Tanger comprend plusieurs piliers et engagements clés, notamment : la promotion du « Triple Nexus » ; le financement innovant ; et l’autonomisation des populations vulnérables.

« Le soi-disant « Appel de Tanger », qui vise à exclure la République sahraouie de l’Union africaine. Un acte de désespoir »
 Un mois seulement après la clôture de la conférence inaugurale de l’Union africaine, qui s’est tenue à Tanger, au Maroc, en octobre 2022, la puissance occupante marocaine a publié l’« Appel de Tanger ». Cette déclaration, signée par d’anciens ministres et fonctionnaires africains qui ont succombé au chantage et à la corruption du Makhzen marocain, visait à exclure la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de notre organisation continentale, en violation des principes et préceptes de l’Acte constitutif de l’UA. Ce processus d’exclusion a abouti à la rédaction d’un « Livre blanc » servant de feuille de route. Par la suite, plusieurs réunions ont été organisées au Maroc afin d’assurer le suivi de ce projet, qui détaillait le processus d’exclusion de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), avec le ministère marocain des Affaires étrangères et visait à consolider ces tendances sur le continent. La preuve indéniable de cet échec réside dans la participation significative de la RASD à la deuxième Conférence politique visant à renforcer le Nexus entre la paix, la sécurité et développement sur le continent africain, et dans un processus naissant qui va de Mombasa, au Kenya, à Luanda, en Angola. Le Maroc manque d’une vocation panafricaine, sa voracité territoriale constitue une anomalie insoutenable au sein de l’Union africaine et un véritable handicap pour l’intégration continentale, et tout cela n’est pas une exagération.  L’affirmation ci-dessus est étayée par des preuves irréfutables que nous détaillerons ci-dessous. La nature expansionniste du Makhzen marocain et sa voracité territoriale : où commence le « Grand Maroc » et où finit-il ?  Pour expliquer ce qui précède avec une clarté absolue, il serait utile de remettre les choses dans leur contexte, et rien de mieux que de se référer à ce que les Constitutions du Maroc, depuis son indépendance en 1956, stipulent concernant ses frontières. 

« La Constitution marocaine, adoptée en 2011, à l’instar des précédentes, ne décrit pas précisément les frontières géographiques ni ne mentionne les noms des pays voisins. Elle emploie plutôt une formule abstraite, privilégiant la souveraineté et l’intégrité du territoire national »
En pratique, en ne définissant pas physiquement le début et la fin de ces « frontières authentiques», l’État marocain se réserve le droit d’interpréter sa souveraineté. Cette formulation a historiquement servi de fondement à la revendication d’un « Grand Maroc », inspirée des postulats sionistes du « Grand Israël ». Le Maroc a revendiqué, et continue de revendiquer, tout le territoire situé entre Tanger, au nord du pays, et le fleuve Sénégal, y compris Ceuta, Melilla et les îles adjacentes, les îles Canaries, toute la partie sud-ouest du territoire algérien (Béchar, Tindouf, etc.), la totalité de la Mauritanie et une partie du Mali.  « La paix n’est pas simplement l’absence de conflit, mais le fondement sur lequel se construisent le développement soutenable et une prospérité durable». Cette citation reflète succinctement la philosophie centrale de l’« Objectif de développement soutenable n° 16 » (ODS 16) des Nations Unies (Paix, justice et institutions solides), qui souligne que le développement ne peut prospérer sans une paix durable, faisant de cette dernière l’un de ses trois piliers principaux. La paix est l’une des valeurs fondamentales et universelles qui régissent la coexistence humaine. Pour avoir un sens, elle ne doit pas être comprise uniquement comme l’absence de guerres ou de conflits, mais plutôt comme un ensemble fondamentalement fondé sur le respect, la justice, l’égalité, la solidarité internationale et l’empathie. À l’heure actuelle, le Maroc n’est pas le paradigme du pacifisme, compte tenu d’une lettre de course pour contourner la légalité internationale, et serait donc le moins bien placé pour prêcher la paix entre les pays africains. Prêcher la paix implique de promouvoir le respect de la souveraineté, le dialogue, la justice sociale, la solidarité internationale, l’empathie et les solutions africaines aux problèmes africains ; or, comme on dit, l’incohérence est contagieuse, et la puissance occupante dans certaines parties de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) peut se proclamer sans vergogne garante de la paix. Les pays du Maghreb doivent comprendre que la paix durable au Sahara occidental n’est pas seulement une priorité régionale, ce qu’elle est, mais aussi une responsabilité continentale.
Assumer cette responsabilité exigera de corriger l’anomalie que représente l’adhésion du Maroc à l’Union africaine, qui contrevient à la Charte de cette dernière.  Au vu de ce qui précède, il convient de rappeler que l’Union africaine a progressé en matière de reconnaissance historique, en adoptant des résolutions qui qualifient le colonialisme et la traite négrière de crimes contre l’humanité et de génocide. La demande de réparations vise à régler cette dette historique en s’attaquant aux inégalités raciales et économiques qui persistent.

Campagnes de diffamation et diplomatie transactionnelle marocaines visant à délégitimer la juste cause du peuple sahraoui
 La narratif de l’occupant marocain utilisée pour diffamer le Front Polisario et la RASD se concentre sur la dé -légitimisation de leur lutte pour l’autodétermination et l’indépendance.  Cette stratégie de communication et diplomatique repose sur plusieurs piliers clés de désinformation : « liens avec le terrorisme et les puissances étrangères », « accusations de séparatisme », « le plan d’autonomie comme seule voie, remettant en question la représentativité du Front Polisario»… etc. Cela s’inscrit dans le cadre de la campagne menée par l’État occupant marocain en Europe et sous d’autres latitudes, utilisant la désinformation comme principal outil pour détourner l’attention des violations bien documentées perpétrées par les forces de sécurité marocaines contre la population sahraouie dans les territoires du Sahara occidental sous occupation illégale marocaine. Comprendre les intentions sournoises des architectes de cette diplomatie transactionnelle, célèbre pour ses interprétations sélectives des résolutions de l’ONU et pour ses succès très contestables — obtenus par le chantage et la corruption — ne demande pas beaucoup d’efforts.  La communauté internationale, appuyée par les résolutions de l’ONU et les arrêts de la Cour internationale de Justice, considère le Sahara occidental comme un territoire non autonome en attente de décolonisation. La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, dans son arrêt n° 028/2018, a souligné que l’occupation continue de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) par le Maroc est incompatible avec le droit à l’autodétermination du peuple de la RASD et constitue une violation flagrante de ce droit. Il est donc incorrect, tant sur le plan factuel que juridique, et politiquement immoral et inacceptable, que le Maroc et ses relais médiatiques qualifient le Front Polisario de «groupe terroriste armé », alors que les deux parties siègent à la table des négociations dans le cadre du Plan de règlement des Nations unies qu’elles ont toutes deux signé. En conclusion, malgré tous les efforts déployés par la puissance occupante pour acheter de l’influence et recourir à des écrivains mercenaires afin d’influencer les positions de certains gouvernements et personnalités influentes, par le biais de sa diplomatie transactionnelle et de ses soutiens, dans le but de délégitimer la lutte du peuple sahraoui pour exercer son droit légitime à l’autodéfense et à l’indépendance, des faits fondamentaux et indéniables demeurent : le statut juridique du Sahara occidental est celui d’un territoire non autonome, et son processus de décolonisation reste inachevé.
Le Maroc n’est rien de plus que la puissance occupante de certaines parties du territoire de la RASD, quels que soient ses efforts pour dissimuler cette réalité par la realpolitik. Enfin, la présence de la RASD dans les différents organes de l’Union africaine (UA) repose sur son statut de membre fondateur et à part entière de l’organisation continentale, et les tentatives marocaines pour l’entraver ne sauraient compromettre la qualité de sa participation au travail africain commun.
Ambassadeur de la RASD auprès de la République du Kenya

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