Accueil À LA UNE PRISONNIER POLITIQUE SAHRAOUI : Remuer ciel et terre pour sauver Naâma Asfari

PRISONNIER POLITIQUE SAHRAOUI : Remuer ciel et terre pour sauver Naâma Asfari

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La mobilisation internationale en faveur des prisonniers politiques sahraouis, et plus particulièrement de Naâma Asfari, s’est intensifiée ces derniers jours à travers une série d’initiatives parlementaires, juridiques et politiques appelant à une intervention urgente des instances internationales face à la dégradation de leur état de santé.
Le Conseil national sahraoui a annoncé le lancement d’une vaste campagne parlementaire internationale visant à protéger les prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim, notamment Naâma Asfari, qui poursuit une grève de la faim illimitée depuis plus de sept semaines. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la diplomatie parlementaire sahraouie afin de sensibiliser les parlements et les organisations internationales à la nécessité d’une intervention urgente pour garantir le respect des droits fondamentaux des détenus conformément au droit international. À cet effet, le Conseil national a adressé un appel aux parlements européens et africains, au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ainsi qu’au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme pour qu’ils interviennent afin de préserver la vie des prisonniers en grève de la faim. Il réclame également l’envoi de missions parlementaires et internationales dans les prisons marocaines afin d’évaluer les conditions de détention des prisonniers politiques sahraouis, tout en réitérant son appel à leur libération immédiate, en particulier celle des détenus du groupe Gdeim Izik.

Un mémorandum juridique adressé au CICR
Dans le même contexte, le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme au Sahara occidental (CODESA), en collaboration avec le Comité de protection des civils sahraouis, a transmis un mémorandum juridique urgent à la présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric Egger. Le document alerte sur l’état de santé jugé extrêmement critique de Naâma Asfari, âgé de 56 ans, détenu à la prison centrale de Kénitra, en grève de la faim depuis le 8 juin 2026. Selon les auteurs du mémorandum, cette situation impose une intervention immédiate au regard des obligations découlant du droit international humanitaire. Le mémorandum soutient que le Sahara occidental constitue un territoire sous occupation militaire au sens de la Quatrième Convention de Genève, considérant dès lors le Maroc comme puissance occupante et les prisonniers politiques sahraouis comme des personnes protégées par cette convention. Le CODESA affirme que Naâma Asfari est détenu depuis plus de quinze ans à la suite d’une condamnation reposant sur des aveux obtenus sous la torture, dénonçant de multiples violations du droit international, notamment l’interdiction de la torture, le droit à un procès équitable, le transfert forcé des détenus hors du territoire du Sahara occidental et les restrictions imposées aux visites familiales. Les organisations demandent au CICR de dépêcher sans délai une mission médicale et humanitaire à la prison de Kénitra, d’assurer l’accès de son épouse Claude Mangin aux visites, d’inspecter les établissements pénitentiaires où sont détenus les prisonniers politiques sahraouis et d’œuvrer à leur libération conformément aux recommandations du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.

Un appel du député français Jean-Paul Lecoq
En France, le député Jean-Paul Lecoq, élu de Seine-Maritime, a adressé une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu, à l’occasion de sa visite officielle au Maroc, l’invitant à intervenir auprès des autorités marocaines en faveur des prisonniers politiques sahraouis. Le parlementaire estime que cette visite constitue une occasion de réaffirmer l’attachement de la France aux droits humains, aux libertés fondamentales et au respect du droit international. Il évoque notamment la situation des détenus du groupe Gdeim Izik, rappelant que plusieurs instances internationales ont remis en cause l’équité de leurs procès et que plusieurs décisions du Comité des Nations unies contre la torture ont porté sur des allégations d’aveux obtenus sous la contrainte. Jean-Paul Lecoq attire particulièrement l’attention sur le cas de Naâma Asfari, vice-président du Comité sahraoui pour le respect des libertés et des droits de l’homme (CORELSO), qui poursuit une grève de la faim afin d’obtenir l’application de l’avis n°23/2023 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, lequel recommande la libération immédiate des détenus de Gdeim Izik, une enquête indépendante sur les allégations de torture, une amélioration des conditions de détention et leur rapprochement de leurs familles. Une lettre similaire a également été adressée au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Solidarité dans les camps de réfugiés sahraouis
Parallèlement, une tribune de solidarité s’est tenue dans la wilaya de Chahid El Hafed, en présence du Premier ministre sahraoui Bachraya Hamoudi Bayoun, du ministre des Territoires occupés et de la Communauté, Mohamed Mami Al-Tamek Ould Salek, ainsi que de plusieurs responsables gouvernementaux, parlementaires et représentants d’organisations de défense des droits humains. Les intervenants ont salué la grève de la faim menée par Naâma Asfari et ses codétenus, la présentant comme un acte de résistance pour la dignité et la liberté. Ils ont également rappelé son parcours carcéral depuis son arrestation à la suite des événements de Gdeim Izik en 2010 et appelé à renforcer la mobilisation internationale. Dans un communiqué intitulé « Cri de dignité et appel urgent pour sauver la vie du prisonnier Naâma Asfari », les organisateurs ont dénoncé les conditions de détention des prisonniers sahraouis et salué le soutien exprimé par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, notamment Front Line Defenders, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), ainsi que par plusieurs collectivités locales françaises et des parlementaires européens.

Nouvelles tensions à la prison de Kénitra
Enfin, les organisations sahraouies ont dénoncé des mesures disciplinaires prises à l’encontre de deux autres prisonniers politiques sahraouis, Hassan Daha et Ahmed Sbai, détenus à la prison centrale de Kénitra. Selon la Ligue de protection des prisonniers sahraouis, ces sanctions auraient été décidées après le refus des deux détenus de se soumettre à une fouille qualifiée d’humiliante lors de leur transfert pour passer des examens universitaires. Les familles des prisonniers appellent les Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations internationales de défense des droits humains à dépêcher des missions d’enquête dans les prisons marocaines et à œuvrer pour la libération immédiate et inconditionnelle de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis.
M. Seghilani

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