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Les loups dans la bergerie

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Il n’y a que les grands remèdes qui peuvent venir à bout des grands maux. L’affaire dite « des moutons importés pour l’Aïd-El-Adha 2026 » qui vient d’être révélée par le procureur général près la Cour d’Alger, Mohamed El-Kamel Ben Boudiaf, dépasse de loin les affaires de crimes économiques traitées jusque-là par la justice dans notre pays. Cette fois, au volet financier s’ajoute celui de la « sécurité sanitaire ». Le haut niveau de qualité des enquêteurs confirme la nature inédite et gravissime de cette affaire. Le double aspect qu’elle comporte prouve une association de malfaiteurs sans équivoque. Il y a d’un côté les cupides auxquels se sont joints les ennemis de notre pays. Les premiers attirés par l’enrichissement illicite et les seconds qui ont trouvé « une fenêtre » pour décimer notre cheptel et nous empoisonner. Avant de voir le premier volet, le second volet est de la même « famille » que le narcotrafic. En plus grave puisqu’il ne s’agit plus de rendre malade une frange de la population mais de l’ensemble des consommateurs que nous sommes. Vu le nombre de personnes incriminées et la panoplie des charges retenues contre elles, on devine que l’organisation a été orchestrée de manière méthodique. De la fraude dans la passation des marchés publics à la falsification des PV après l’ouverture des plis jusqu’au « tripatouillage » des boucles d’identification électroniques et la constitution d’une commission de vétérinaires non qualifiés. Admettez que la méthode dépasse celle de la mafia du temps de la prohibition. Dans cette affaire, la présomption d’innocence n’est qu’un artifice sans fondement face au nombre des services de sécurité ayant participé à l’enquête. Il y a une implication de dirigeants et cadres d’au moins trois entreprises, une publique et deux privées dont l’une est basée aux Émirats Arabes Unis. Il y a des informaticiens et un directeur général des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture. Au total, ils sont 41 personnes à avoir été déférée devant le procureur de la République. 13 ont été placées en détention préventive et les 28 autres mises sous contrôle judiciaire. Les charges retenues contre elles sont l’abus de fonction, le trafic d’influence, la dilapidation de deniers publics, la violation des dispositions législatives et réglementaires relatives à la conclusion de marchés publics et le blanchiment d’argent. Il n’est pas exclu que d’autres accusations puissent être ajoutées au cours de l’enquête. Mais déjà cette affaire s’avère tenir la palme de la criminalité financière en plus d’être hors normes avec son volet sanitaire. Fait encore plus aggravant devant le contexte de la lutte contre les délits financiers que mène l’Algérie depuis 2019 et qui, à l’évidence, n’a eu aucun effet dissuasif sur ces « loups dans la bergerie ». Alors se pose la question : comment éradiquer ce fléau ? Le défunt moudjahid Slimane Amirat a laissé pour la postérité un message réaliste. Paraphrasé cela donne ceci :« à choisir entre les droits de l’Homme ou l’Algérie, je choisis l’Algérie ! ».
Zouhir Mebarki

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