Le cap mis sur l’Afrique par l’économie algérienne se confirme chaque jour dans divers segments d’activité et plus particulièrement celui de l’énergie.
La plateforme spécialisée attaqa.net, basée à Washington, a développé une longue analyse qui montre comment l’Algérie étend sa présence sur le continent à travers des projets pétroliers, gaziers, électriques et d’infrastructures. Il ne s’agit pas seulement d’exportation de pétrole et de gaz, également de l’exportation d’expertises techniques, de services d’ingénierie et de projets d’interconnexion électrique. . Des experts, cités par le même site spécialisé, font constater que ce que cherche l’Algérie, au-delà de son rôle d’exportateur de pétrole et de gaz, c’est devenir une puissance énergétique régionale. Ils estiment que l’Algérie utilise ses ressources pour renforcer son influence et soutenir son économie à long terme. L’énergie devient ainsi pour l’Algérie un outil d’influence économique et géopolitique sur le continent. Dans ce but, des partenariats utiles sont tissés avec des pays arabes comme l’Égypte, qui est également, pays africain. Objectifs : renforcer l’intégration énergétique et étendre le commerce de l’énergie en Afrique et dans le bassin méditerranéen. La plateforme spécialisée dans l’énergie rappelle que nombre d’accords et de mémorandums d’entente algéro-égyptiens ont été signés incluant l’achat de pétrole brut et la mise en œuvre de projets conjoints dans les domaines de la production et de l’exploration. Cette démarche s’inscrit dans un contexte de transformations mondiales rapides sur les marchés de l’énergie et de la diminution progressive de la dépendance européenne aux combustibles fossiles. D’où la recherche de nouveaux marchés et des partenariats plus diversifiés en Afrique. Les experts expliquent que le continent africain est l’une des régions du monde ayant le plus grand besoin d’énergie et d’investissements connexes.
Le point de vue des experts
Les experts insistent sur la fonction prise par l’énergie comme arme de l’Algérie en Afrique, à travers le partage de son expertise et de ses capacités, en particulier dans le secteur de l’électricité. Les experts se fondent sur les informations faisant état depuis 2026, d’une série d’ententes et d’ accords de coopération avec l’Égypte mais aussi la Mauritanie, le Tchad, la Tunisie et le Mozambique. Ainsi, le professeur d’économie à l’Université de Sétif 1, le Dr. Hebbache Fares, confirme cette appréciation. Il note que les actions algériennes en Afrique ne sont plus une simple orientation économique limitée, mais font partie d’un repositionnement stratégique global visant à renforcer la présence algérienne sur le continent. Pour le Dr. Hebbache Fares, l’Algérie cherche aujourd’hui à exporter un « système énergétique intégré » comprenant l’électricité, les services d’ingénierie, les infrastructures et la formation technique, et pas seulement le pétrole et le gaz brut. Dans ses déclarations à la plateforme spécialisée dans l’énergie, il explique que, compte tenu du déficit important que connaissent de nombreux pays dans les domaines de l’électricité et des infrastructures énergétiques, le continent africain représente un marché prometteur pour l’Algérie. Sur la même plateforme spécialisée, la chercheuse en politiques environnementales, le Dr. Manel Sakhri, abonde dans le même sens. Elle estime que le cap mis sur l’Afrique traduit un changement dans la stratégie algérienne imposé par de nouvelles variables économiques et énergétiques, dont la principale est la diminution de la fiabilité du marché européen à long terme en raison de la transition vers les énergies renouvelables et l’hydrogène vert. En effet, il est urgent pour l’Algérie de sortir de la dépendance des marchés énergétiques européens qui peuvent devenir incertains pour des raisons diverses. Un des avantages de l’Algérie est rappelé par le Dr. Sakhri : un excédent relatif de production d’électricité. C’est un atout pour devenir un acteur régional dans les domaines de l’interconnexion électrique et de l’exportation de services énergétiques. D’après elle, l’Algérie utilise la « diplomatie énergétique » comme un outil de soft power pour renforcer sa présence économique et politique en Afrique. Elle a ajouté que l’Algérie mise sur l’expertise des sociétés Sonatrach et Sonelgaz pour étendre son influence économique et politique à travers des projets énergétiques et d’interconnexion électrique en Afrique. Dr Sakhri confirme l’opportunité offerte à l’Algérie, par la conjoncture, de renforcer sa présence économique par le biais de projets d’interconnexion électrique, d’exportation d’électricité et de services techniques. Autre avis d’expert à ce propos, celui de l’économiste Dr. Bouhous Bouchikhi qui évoque l’expansion des projets d’énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne, en rappelant que que l’Algérie vise à atteindre 22 gigawatts d’énergies renouvelables d’ici 2030, avec la mise en œuvre de grands projets de production d’électricité solaire et d’interconnexion électrique avec les pays d’Afrique du Nord et d’Europe. Le faible coût de l’électricité en Algérie lui confère un avantage concurrentiel important qui la qualifie pour exporter de l’électricité vers les marchés régionaux, estime le Dr.Bouhous. Idem pour le professeur d’économie à l’Université de Tébessa, le professeur Othmane Othmania qui fait remarquer que l’Algérie travaille sur deux axes parallèles : maintenir sa position sur le marché européen et renforcer sa présence en Afrique. Le directeur de l’unité de recherche sur l’énergie à l’Université de Djelfa, Ahmed Chaouki, explique lui aussi, dans sa déclaration à la plateforme spécialisée, dans l’énergie que le cap mis par l’Algérie sur l’Afrique représente une étape intelligente et nécessaire compte tenu du déclin de l’attractivité du marché européen du pétrole et du gaz à long terme, en raison des transformations liées aux énergies renouvelables et des pressions américaines sur l’Europe pour augmenter ses importations de gaz américain.
M. R.















































