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45E ÉDITION DE L’EUCOCO À LAS PALMAS : Mise à nu du système colonial marocain au Sahara occidental et de ses complices

La 45e édition de la Conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui (EUCOCO) a clôturé, hier, au Palais des congrès de Las Palmas, Grande Canarie, Espagne, ses travaux de deux jours, durant lesquels, les participants venus des différents horizons et des quatre coins du monde, ont réaffirmé leur soutien indéfectible au combat légitime du peuple sahraoui pour son indépendance. Aussi les présents n’ont pas manqué de dénoncer l’immobilisme du Conseil de sécurité à parachever le processus de la dernière question de décolonisation en Afrique, le Sahara occidental. Le coup d’envoi de cette 45e Conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui (EUCOCO) a été donné vendredi , au Palais des congrès de Las Palmas, en présence d’une forte délégation de parlementaires européens, latino-américains et africains, dont d’Algérie, aux côtés d’acteurs d’associations, d’ONG et de la société civile des différents continents en présence de juristes, d’avocats et de militants des droits de l’homme. Cette édition, qui a réuni des participants venus d’Europe, Afrique et Amérique, ont abordé, durant deux jours, les quatre grandes thématiques directement liées à la situation des territoires sahraouis sous occupation marocaine. Il s’agit de la question des droits de l’homme, du pillage par le système colonial marocain et ses soutiens des richesses naturelles du Sahara occidental, du black-out médiatique imposé par l’occupant marocain et ses alliés sur la situation au Sahara occidental et, enfin, les moyens à même de consolider l’État sahraoui. Aussi, les travaux et les interventions ont porté notamment sur les nouvelles donnes survenues sur la scène sahraouie, principalement la reprise du conflit armé entre le Front Polisario et le Maroc, depuis le 13 novembre 2020, suite à la violation par Rabat, des Accords de l’ONU de cessez-le-feu, et aussi les effets de la pandémie de la Covid-19 sur la situation générale dans les territoires occupés.
Lors de son intervention d’ouverture, le Premier ministre sahraoui, Bouchraya Hammoudi Bayoun, a assuré que les Sahraouis ne souhaitaient pas faire la guerre mais qu’ils ont été forcés de reprendre les armes après la violation, par le Maroc, du cessez-le-feu, en vigueur depuis 1991, suite à l’agression armée commise contre des manifestants Sahraouis dans la zone tampon El Guerguerat, le 13 novembre 2020. Il s’est également interrogé sur les raisons qui ont poussé la communauté internationale à passer sous silence les crimes commis par l’armée marocaine contre quinze civils algériens, mauritaniens, et sahraouis depuis la reprise du conflit armé. Il a signalé, par ailleurs, que le choix du lieu et de la date de la tenue de la 45e conférence de l’Eucoco n’étaient pas fortuits, le 10 décembre étant la Journée internationale des droits humains et les Canaries, la région européenne la plus proche du Sahara occidental. La 45e conférence de l’Eucoco a vu, aussi, la participation de l’ambassadeur d’Algérie en Espagne, Saïd Moussi qui a exprimé l’entière solidarité du peuple et du gouvernement algériens avec le peuple sahraoui dans sa lutte pour la liberté. Il a salué le peuple sahraoui pour sa résilience, son courage et ses valeurs. «Ces valeurs que certains pays mettent en avant et qu’ils considèrent, pourtant, comme bonnes pour eux mais pas pour les autres », a-t-il soutenu. Il a signalé que le peuple algérien comprenait parfaitement ce qu’était la colonisation et l’injustice pour les avoir vécues. «Nous comprenons l’injustice et nous ne l’acceptons pas », a-t-il martelé. « Nous avons été très patients par rapport à notre voisin marocain (et aujourd’hui) nous disons que la politique des mensonges doit cesser », a-t-il assuré en allusion à certaines allégations avancées par le Maroc à l’encontre de l’Algérie. Il a souligné, en outre, que les causes justes finissent toujours par triompher assurant que la cause sahraouie triomphera elle aussi. Tour à tour, le président de la Commission des affaires étrangères au Conseil de la nation, Mohamed Hani et le président de la Commission santé du Conseil de la nation, M. Hanifi ont exprimé leur soutien au peuple sahraoui et l’engagement sans faille de l’Algérie en faveur de son droit à l’autodétermination. En tout, une douzaine de parlementaires algériens participent à cette conférence de deux jours.
K. B./APS