
Forteresses médiévales au Sud-Liban, site archéologique en Crimée, lac Baïkal, parcs naturels au Soudan du Sud… Face à la multiplication des conflits et des menaces environnementales, plusieurs sites devraient rejoindre cette année la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco.
Réunis à Busan (Corée du Sud), les 196 Etats membres de l’organisation onusienne examineront à partir de lundi une trentaine de nouvelles candidatures souhaitant venir s’ajouter plus de 1.200 sites déjà inscrits à la célèbre liste du patrimoine mondial. Trois feront l’objet d’un classement en procédure d’urgence, à la fois sur la liste du patrimoine mondial et sur la liste du patrimoine en péril.
Deux sont situés au Moyen-Orient: le site archéologique de Sébastia dans le nord de la Cisjordanie occupée, et cinq châteaux du Mont Amel, dans le sud du Liban bombardé par l’entité sioniste.
Enfin, le Soudan du Sud intègrera pour la première fois le patrimoine mondial avec un site nécessitant une attention particulière tant en raison du conflit persistant entre forces gouvernementales et milices d’opposition que du réchauffement climatique.
Les savanes de Boma-Badingilo, zone de 37.500 km2 située entre le Nil Blanc et la frontière éthiopienne, abritent la plus grande migration terrestre de mammifères au monde, notamment d’antilopes.
« Se reconstruire »
« Nous n’avons peut-être pas les moyens d’envoyer des Casques bleus (…) mais nous pouvons faire passer un message au monde entier : ces sites sont importants, il faut tout faire pour empêcher leur destruction », explique à l’AFP le directeur Centre du patrimoine mondial de l’Unesco Lazare Eloundou Assomo.
« Le patrimoine permet aux communautés qui ont été traumatisées, victimes des conflits, de commencer à revenir, à se reconstruire », ajoute M. Assomo, insistant sur le fait que l’inscription sur la liste en péril n’est pas une sanction : il permet « de mobiliser des financements, des partenaires et l’attention » pour bénéficier d’une protection accrue.
Outre ces procédures d’urgence, d’autres sites devraient s’ajouter à la liste des biens en péril, comme Tyr, ancienne cité phénicienne du sud du Liban touchée ces derniers mois par des bombardements sionistes, ou la cité antique de Chersonèse Taurique et sa chôra, située en Crimée, territoire ukrainien annexé par la Russie depuis 2014. Cette dernière est affectée par des fouilles non autorisées, des constructions de grande ampleur et des déplacements d’artefacts.
Selon l’Unesco, le lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce liquide au monde, en Russie, pâtit lui de la pollution, de la pression touristique, d’un projet hydroélectrique en amont (Mongolie) ou encore de l’exploitation forestière à grande échelle. Après avoir à maintes reprises appelé Moscou à agir pour stopper « la dégradation écologique du lac (…) de toute urgence », l’Unesco juge les mesures prises insuffisantes. L’an dernier, l’organisation alertait déjà sur la multiplication des menaces climatiques avec près de trois-quarts des sites du patrimoine mondial « confrontés à des risques hydriques graves, pénuries d’eau ou inondations ». De même, sur la cinquantaine de biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril, la moitié l’était en raison des conséquences directes des conflits. Parmi les nouvelles candidatures au Patrimoine mondial, les plages du Débarquement allié du 6 juin 1944, dans le nord-ouest de la France, deux théâtres construits dans l’Amazonie brésilienne et le village tunisien de Sidi Bou Saïd devraient faire leur entrée dans la prestigieuse liste.














































