3 983 TENTATIVES D’ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE DÉJOUÉES EN 2018 : Bedoui ordonne un contrôle intensifié et rigoureux

Lors des travaux du Forum national et de sensibilisation sur le phénomène de l’émigration irrégulière, ouverts hier à Alger, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, a avancé des chiffres, pour le moins effarants, concernant le phénomène d’émigration irrégulière, à travers l’enregistrement de plusieurs vagues faisant montrer des embarcations de fortune remplies de jeunes en quête d’un avenir incertain et au péril de leurs vies.

«Les efforts fournis par les services de sécurité dans leur lutte contre les « harraga» ont permis d’ouvrir 200 affaires en justice et de présenter 344 personnes aux autorités judiciaires durant l’année 2018, dont 24 ont été condamnées à plusieurs années de prison ferme », a fait savoir le ministre pour illustrer toute l’étendue et la gravité du phénomène. En poursuivant ; « 3983 tentatives d’émigration irrégulière ont été déjouées en 2018, d’après le bilan annuel du MDN. »
Ces données, selon Bedoui, « reflètent l’ampleur du drame et sa dangérosité et poussent à répondre à de nombreux questionnements pour expliquer la situation et analyser les mécanismes et facteurs de progression de ce phénomène.» Toujours en langage des chiffres, le ministre a indiqué que : « 96 Algériens ont été portés disparus, à la suite de leur tentative d’émigration illégale et 119 corps de migrants illégaux ont été repêchés sur les côtes algériennes en 2018. »
Puisque ce phénomène a pris des proportions alarmantes au cours de ces dernières années, Bedoui a ordonné aux les services de sécurité «d’intensifier aux opérations de contrôle afin de déjouer toute tentative suspectée, la mise en place des commissions d’enquête pour le démantèlement des réseaux d’organisation des voyages clandestins, le lancement de plusieurs investigations pour la lutte contre ce fléau», suggère comme il ordonne le ministre de l’Intérieur.
Pour leur part, des experts n’ont pas cessé de signaler la gravité du drame et ses conséquences périlleuses parmi les jeunes algériens en particulier et dans la société en général. Lors de son passage au Forum du Courrier d’Algérie, dernièrement, l’expert de la migration, Mohamed Saïb Musette, a souligné que : « les besoins de contribution au développement du pays et le besoin d’organiser les choses dans le pays pour arriver à maintenir les jeunes sur place. » Il faut dire que ce dernier n’a pas hésité à signaler que l’évolution des régimes migratoires sera plus dramatique dans les années à venir. De son côté, le président de la Forem (Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche), Pr. Mustapha Khiati, a eu une vision particulière sur ce phénomène. Comme analyse mise en avant, sa lecture s’est basée sur les enfants en bas âge qui se trouvaient, eux aussi, embarqués aves proches et parents dans la traversée de la mort. Pour y remédier, il a plaidé «pour une amélioration du cadre législatif, afin de veiller sur la consolidation de l’intérêt suprême des enfants en proie à toutes les insécurités liées au phénomène de l’émigration irrégulière». Pour lui, l’ampleur alarmante prise par le phénomène de la «harga» doit amener les autorités à repenser la stratégie de lutte contre les actes de violence à l’égard des enfants, notamment par l’introduction de nouvelles lois.
Med. Wali